Il est considéré comme un chef d’œuvre du cinéma français. La Reine Margot, adaptation du roman éponyme d’Alexandre Dumas (père) et réalisée par Patrice Chéreau sort en salles en 1994. 20 ans après sa sortie, ce film historique qui revient sur l’époque des guerres de religions en France au 16e siècle est toujours aussi culte. Il sera diffusé ce lundi 9 novembre sur France 5 à 20h50. 

L’action se déroule en 1572, le conflit entre les catholiques et les protestants fait rage depuis une vingtaine d’années. Catherine de Médicis (Vina Lirsi), qui souhaite apaiser les tensions, décide de marier sa fille une catholique Marguerite de Valois (Isabelle Adjani) appelée “la reine Margot” avec le protestant Henri de Navarre (Daniel Auteuil)  qui deviendra par la suite Henri IV. Le film suit leurs noces contrariées, qui n’aboutiront pas à la réconciliation entre les Français.

Durant leur union, le massacre de la Saint-Barthélemy éclate et met en danger les Protestants du pays. La reine de Navarre sauve alors Joseph Boniface de La Môle (Vincent Perez), un protestant, et tombe amoureuse de lui. Cette idylle va changer leurs destinées. 

La reine Margot, un refus silencieux mais marqué 

La scène débute sur un gros plan du visage de la reine Margot, elle est froide et impassible car elle ne veut pas se marier. Les traits figés, le teint pâle et les yeux baissés, elle reste stoïque. L’atmosphère est solennelle, avec les chœurs en fond sonore, presque mortuaires.

Les membres de la cour et de l’Eglise catholique entourent la mariée comme s’ils ne voulaient pas qu’elle s’échappe. L’archevêque demande à Henri de Navarre s’il souhaite épouser la jeune femme, il consent. Quand vient son tour, la reine Margot ouvre yeux enfin les yeux et se mure dans un silence qui en dit long. L’assemblée s’interroge, la reine Catherine de Médicis s’inquiète.

Après quelques secondes de silence, la tension est à son comble quand Charles IX (Jean-Hugues Anglade), son frère, se lève brusquement et baisse la tête de force en signe d’approbation. Margot ne réagit pas et l’évêque les déclare mari et femme. Les chœurs reprennent de plus belle.  

Un mariage politique et stratégique 

Le cortège nuptial commence, sous les regards ravis de la cour et de la mère de la mariée. Le roi et la reine de Navarre se parlent pour la première fois depuis la cérémonie. 

“Ne me détestez pas trop vite, ils me haïssent tous déjà, vos frères, et l’Eglise bien sûr, et votre mère ne m’aime pas beaucoup”, lâche Henri de Navarre. Margot qui garde la tête haute, au regard fixe réplique : “La vôtre ne m’aimait pas beaucoup”. En effet, Jeanne d’Albret, la mère du roi n’était pas enchantée par cette union. 

“La vôtre a tué la mienne” renchérit-il. Rivale politique de la reine de France, Jeanne d’Albret est décédée peu avant le mariage. 

“Rien ne le prouve”, répond-elle froidement, sachant pertinemment qu’elle n’est qu’un pion dans un mariage politique et stratégique. 

La reine Margot, une femme de convictions qui dispose de son corps 

“Vous faites semblant d’être forte, mais vous avez aussi peur que moi”, déclare le jeune marié, troublé. La reine Margot campe sur ses positions et lui demande : “de quoi aurais-je peur, tous ceux qui ici vous détestent m’aiment” revendique t-elle.  

“Alors pourquoi vous imposent-ils ce mariage ?” interroge Henri de Navarre. 

Marguerite de Valois se fend d’un dédaigneux “hum” à la mention du mot “mariage” et lui rappelle que c’est un mariage pour la paix. Nouvelle invective envers son époux, elle lui assure que : “personne ne m’oblige à coucher avec vous”. Les chants de la chorale s’intensifient, le son des orgues retentit. Les portes de l’église s’ouvrent.

Ne venez pas dans ma chambre ce soir 

La reine Margot, qui a conservé la même posture droite pendant toute la cérémonie se tourne vers Henri de Navarre et lui assène le coup de grâce avec un regard méprisant : “ne venez pas dans ma chambre ce soir.” Elle laisse le roi de Navarre, désarçonné.

Par cette phrase qui conclut la scène, Marguerite de Valois refuse catégoriquement son statut de femme-objet. Bien que mariée sous la contrainte et prête à se sacrifier pour son royaume, elle reste une femme libre, qui a encore le choix de disposer de son corps comme elle le souhaite. 

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