Figure du reggae, Frederick “Toots” Hibbert est crédité pour lui avoir donné son nom avec son premier hit Do The Reggay (1968). Ce vétéran jamaïcain, chanteur et fondateur du groupe Toots & The Maytals est mort vendredi soir à l’âge de 77 ans.  Dans un message posté sur les réseaux sociaux, ses proches ont indiqué qu’il était “mort paisiblement, entouré de sa famille, dans un hôpital de Kingston, en Jamaïque“.

Les causes de la mort n’ont pas été précisées mais la semaine passée, le chanteur avait été admis en soins intensifs à l’hôpital pour des problèmes respiratoires alors qu’il attendait des résultats d’un test au Covid-19.

It is with the heaviest of hearts to announce that Frederick Nathaniel “Toots” Hibbert passed away peacefully tonight, surrounded by his family at the University Hospital of the West Indies in Kingston, Jamaica… pic.twitter.com/zOb6yRpJ7n

Un soulman à l’énergie communicative

Né en Jamaïque en 1942 dans une famille d’adventistes du 7e jour, Frederick Hibbert avait grandi en chantant le gospel à l’église. A l’adolescence, au début des années 60, il avait monté à Kingston (Jamaïque) un trio vocal avec Ralphus “Raleigh” Gordon et Nathaniel “Jerry” Matthias, en fait la première mouture des Maytals. 

Emmené par la présence éclatante sur scène de ce soulman, le groupe avait grandi en popularité durant les années 60, avec le ska, un style précurseur du reggae que Toots avait contribué à baptiser et à faire connaître avec son hit international Do The Reggay paru en 1968.

Signé chez Island, repris par The Clash

Toots Hibbert a signé des hits majeurs comme 54-46 That’s My Number, inspiré par son emprisonnement pour possession de marijuana durant un an et demi au mitan des années 60, ou l’inusable Funky Kingston.

Après avoir signé un contrat chez Island Records en 1975, le label de Chris Blackwell, la musique de Toots & The Maytals se diffusa largement en Angleterre. C’est ainsi que les morceaux comme Pressure Drop et Monkey Man furent repris respectivement par The Clash et The Specials.

Leur notoriété gagna également les Etats-Unis dans le sillage de la sortie en 1972 du film policier jamaïcain The Harder They Come avec le chanteur Jimmy Cliff, car deux de leurs chansons figuraient dans la bande originale reggae.


Très ami avec Bob Marley, Toots Hibbert avait écrit Redemption Song que Bob Marley avait décidé de reprendre à sa façon en changeant les paroles sur un rythme similaire.

Toots Hibbert avait continué durant les décennies suivantes à occuper la scène, enregistrant des albums et menant des tournées avec et sans son groupe qui s’était séparé en 1981 avant de se reformer une dizaine d’années plus tard.

Toots venait de sortir un nouvel album

Après une dizaine d’années de silence discographique, et remis d’une blessure survenue en 2013 lorsqu’un spectateur lui avait lancé une bouteille en plein show, il venait de sortir fin août un nouvel album, Got To Be Though. Un disque produit par Zak Starkey (fils de Ringo Starr) sur lequel figurent Ringo Starr, Ziggy Marley, Sly Dunbar et Cyril Neville.

Je suis très fier de ce que j’ai fait et de l’amour que j’ai donné“, avait-il déclaré cet été au journal Rolling Stone (en anglais). “Mais cela devient de plus en plus difficile de donner aux gens l’amour dont ils ont besoin, et ils en ont besoin plus que jamais. Pas de temps à perdre“.

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