Face à cette incapacité à mobiliser certaines parties du corps, voici la conduite à suivre au plus vite.

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Le scénario

Soudainement, l’un de vos proches ne peut plus bouger une partie de son visage et/ou un bras ou une jambe.

Les signaux d’alarme

  • Une déformation de la bouche.
  • Un engourdissement d’un côté du visage.
  • Une faiblesse d’un bras ou d’une jambe, une sensation de ne plus pouvoir la/le contrôler.
  • Une perte d’équilibre.
  • Une absence de réaction aux stimuli extérieurs (sons, lumière, etc.).
  • Un mal de tête violent et soudain.
  • Des troubles du langage ou de l’articulation, une difficulté à trouver ses mots.
  • Un obscurcissement, voire une perte de la vision ou de la moitié du champ visuel. Ou encore une vision double.

La bonne attitude

Face à un déficit neurologique brutal, il faut appeler immédiatement le 15, même si les symptômes ont disparu et ont été très brefs. En effet, il peut s’agir d’un AVC (obstruction d’une artère au niveau cervical ou cérébral) ou d’un AIT (baisse de la pression sanguine dans le cerveau ou la moelle épinière), deux situations d’urgence absolue.

En attendant les secours, il est nécessaire d’allonger la personne avec un oreiller sous la tête, en lui surélevant légèrement les jambes afin de faciliter la circulation sanguine, qui peut être précaire. Constituez également un dossier regroupant tous ses examens, bilans et ordonnances actualisées. Il est très important d’en avoir le détail, car certains médicaments, tels que les anticoagulants ou les antiagrégants plaquettaires, peuvent être incompatibles avec les soins que le patient recevra par la suite.

Le Samu plutôt que les urgences

Sauf si vous n’avez aucune autre possibilité, ne transportez pas vous-même la personne. D’une part, parce que certains gestes d’urgence seront déjà pratiqués dans le véhicule du SMUR ou des sapeurs-pompiers. De l’autre, parce que le fait d’avoir eu un interlocuteur Samu-Centre 15 permet de diriger le patient directement vers l’hôpital et l’unité les plus appropriés, de cerner le niveau de gravité de son état et de prévoir en amont la stratégie thérapeutique adéquate.

Si l’AVC est avéré, s’engage alors une course contre la montre. Plus la prise en charge est rapide, moins les séquelles seront prononcées, particulièrement parce que la thrombolyse intraveineuse – procédé qui consiste à injecter une substance apte à détruire le caillot qui bouche l’artère du cerveau – doit être administrée dans un laps de temps court après la survenue de l’incident. Et en cas d’AIT, le risque de récidive, qui se traduit par un AVC ou un infarctus, diminue de 80 % chez les patients traités dans les 24 heures.

Les erreurs à ne pas commettre

Se dire que “ça va passer” ou appeler son médecin traitant. On doit aussi absolument éviter de faire boire ou manger la personne, ou de lui administrer un médicament, même prescrit.

L’avis de l’expert

“Essayez de tenir un carnet de bord et notez bien l’heure du début des symptômes. C’est une information très importante pour les médecins car ils n’ont que quatre heures et demie pour effectuer une thrombolyse et six heures pour une thrombectomie, une technique qui consiste à enlever grâce à un cathéter le thrombus qui bouche l’artère par voie endovasculaire (dans le vaisseau sanguin). N’hésitez pas à faire parler la personne pour voir à quel point ses capacités sont altérées, prenez aussi sa tension et notez tout ce que vous observez.”

Merci au Dr Bruno Perrouty, neurologue à Carpentras.

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