Le bruit chez soi, on ne peut pas y échapper. Mais lorsque certains sons se transforment en agression, il faut agir. Toutes nos pistes.

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Le bruit menace la qualité de vie et la santé : troubles du sommeil, problèmes cardiovasculaires, stress, perte d’acuité auditive. Mais ce n’est pas une fatalité ! Les pros de l’isolation ont des solutions. Il faut d’abord identifier la source des nuisances : viennent-elles de l’extérieur ou de l’intérieur ? Par quelles parois se diffusentelles ? Repérez ensuite le type de bruits : s’agitil de sons aériens (voix, circulation routière, télévision…) qui se propagent dans l’air et font vibrer les parois ? Ou de bruits d’impacts : pas, chocs, ascenseur, robinetterie… ? Une fois ce petit diagnostic réalisé, place à l’action.

Quel vacarme, cette rue !

Voitures, trains, tondeuses ou intempéries : en ville ou à la campagne, les bruits de l’extérieur peuvent être assourdissants. Le point faible côté structure, ce sont les menuiseries. Testez leur étanchéité en mettant la main devant. Si l’air passe, sachez que le bruit se faufilera aussi. Appliquez alors entre le cadre ouvrant et le cadre dormant un mastic d’isolation (Rubson), plus efficace qu’un joint en mousse.

Je dois changer mes fenêtres ?

Oui, si votre budget le permet. Choisissez par exemple un verre de type 10-6-4 (vitre de 10 mm, lame d’air de 6 mm, vitre de 4 mm), plus efficace qu’un double vitrage basique. Pour une performance au top, optez pour un vitrage feuilleté acoustique (« Stadip Silence » de Saint-Gobain). Dans les combles, misez sur une fenêtre de toit à isolation renforcée, qui divise le bruit de la pluie par deux (« Tout Confort » de Velux).
A savoir :
le triple vitrage n’apporte aucune plus-value acoustique.

Je ne supporte plus mes voisins

Ils font un tel vacarme qu’on croirait vivre avec eux ! Pour absorber le brouhaha, il faut isoler les parois : le mur, si le bruit vient d’à côté ; le plafond, si ça vient du dessus. La meilleure solution est un doublage sur ossature (système « Optima » d’Isover, aussi chez Knauf et Rockwool) : on place un isolant en rouleau contre la paroi à insonoriser, qu’on camoufle par une contre-cloison vissée sur des profilés en acier. C’est plus efficace qu’un doublage collé car les deux parois (mur support et contre-cloison) sont désolidarisées : sans point de contact, le bruit est nettement affaibli. Au plafond, exigez des suspentes antivibratiles, de petits outils de fixation qui stoppent le trajet du son.

La télé du salon me dérange

Au sein du cocon familial aussi, les bruits peuvent être exaspérants. Pour vous protéger, doublez les parois (cloison ou plafond) de panneaux isolants vissés sur des profilés métalliques. Facile à mettre en œuvre, la solution « Placo Phonique Rénomince » de Placo ne mesure que 5 cm d’épaisseur, isolant et plaque de plâtre compris. Attention, également, aux portes intérieures qui, en permettant à l’air de passer, laissent s’échapper le bruit. Pour une meilleure isolation phonique, posez des joints en périphérie et une barre de seuil. Si cela ne suffit pas, investissez dans un bloc-porte acoustique (à partir de 190 € chez Lapeyre).

Mon salon résonne

Chaque parole échangée, chaque chaise déplacée ou assiette empilée produit un écho. On se croirait dans une cathédrale. En cause, une grande hauteur sous plafond, des parois lisses et parallèles (carrelage, béton ciré…) ou encore une décoration épurée. Comme une balle de ping-pong, le son rebondit du sol au plafond et entre les murs. Pour dévier sa trajectoire et absorber ses vibrations, ajoutez des meubles et misez sur des textiles épais : rideaux, tentures murales, tapis ou moquette. Si le problème persiste, installez un plafond tendu acoustique (Barrisol).

Ramdam au-dessus de ma tête

Va-et-vient de pas, chute d’objets, meubles traînés… L’agitation de l’étage résonne dans toute la maison ? Il est temps de changer de revêtement de sol. Ou, a minima, de poser des tapis partout. Si la moquette est la plus isolante, les dalles en PVC à envers textile sont également une bonne option. Sous les autres revêtements (parquet, stratifié, carrelage), ajoutez une sous-couche acoustique mince en mousse, en liège ou en caoutchouc.

Ce grincement m’agace

Si le parquet craque, vissez les lames défectueuses aux solives, ces pièces de bois qui soutiennent le plancher (pour les repérer, toquez jusqu’à ce que ça sonne creux). Autre astuce, saupoudrer du talc entre les lattes. Le problème vient de l’escalier ? Reclouez les contremarches par en dessous, si c’est accessible ; sinon, clouez les marches par le dessus (tuto sur leroymerlin.fr, saisissez « Réparer un escalier qui grince » dans le moteur de recherche). Le grincement des volets roulants vous fait bondir ? Nettoyez les lames et lubrifiez les glissières. Si le bruit persiste, vérifiez que les lames s’enroulent correctement dans le coffre, et remplacez celles qui sont abîmées.

Ça glougloute fort !

Ecoulement, sifflement, claquement… En immeuble comme en maison individuelle, les bruits de canalisation sont fréquents. Avant de faire appel à un pro (plombier voire acousticien par l’intermédiaire du syndic), vérifiez le réglage des installations (débit d’air, pression d’eau), et assurez-vous que les réseaux sont correctement purgés. Les canalisations doi vent être fixées à des parois lourdes, car les cloisons légères transmettent les vibrations. Si besoin, équipez les tuyaux de colliers antivibratiles, garnis de mousse. Contre le « coup de bélier », ce choc bruyant que l’on entend à la fermeture d’un robinet, installez un antibélier à membrane, un petit accessoire métallique qui permettra de réduire la pression.

Ma VMC me fait craquer

Situées dans la cuisine et la salle de bains, les bouches d’extraction anciennes ont tendance à siffler. Placez un anneau en mousse dans le conduit, ou remplacez la bouche par un modèle silencieux. Si c’est le moteur qui est en cause, il faut le désolidariser des parois pour éviter la propagation des vibrations. Pour ce faire, suspendez-le à l’aide d’un élastique, ou placez-le sur des plots amortisseurs en caoutchouc.

Un plafond cocon

Parfaitement adapté à la charpente, le plafond tendu acoustique limite le volume sonore à l’intérieur de la pièce. Fabriquée sur mesure, souple et résistante, cette toile tendue en PVC s’installe en moins d’une journée.

Une chambre au calme

Les rideaux en velours épais captent les vibrations du son. Associés à d’autres textiles, ils empêchent les pièces de résonner. Les tapis à poils longs, mais aussi la moquette, absorbent les bruits de pas, et améliorent l’acoustique intérieure.

5 conseils de pro pour un bon diagnostic

  1. Identifier le chemin du bruit. Les ondes sonores circulent à travers les murs, cloisons, plafonds ou sol. Elles empruntent aussi des chemins indirects à travers les parois adjacentes, surtout si celles-ci sont légères : carreaux de plâtre, brique, mâchefer…
  2. Isoler les parois latérales. Pour plus d’efficacité, il faut assurer la continuité de l’isolation entre le mur et le plancher, et/ou entre le mur et le plafond.
  3. Choisir la bonne épaisseur. Oubliez les revêtements minces : pour absorber le bruit, il faut une certaine épaisseur. Pour un mur intérieur, un doublage sur ossature avec une laine de verre de 45 mm et une plaque de plâtre phonique. L’ensemble fait moins de 7 cm.
  4. Soigner la mise en œuvre. Le bruit est comme l’eau, il s’insinue par le moindre interstice. Le doublage doit donc être continu, sans passage d’air.
  5. Attention aux effets secondaires. Dans un logement mieux isolé (grâce notamment à un changement de fenêtres), vous risquez d’entendre davantage de bruits : voisins, équipements…

Merci à Thierry Surville, expert acoustique chez Isover

On fait le point

Grâce à un diagnostic. A faire sur isover.fr/services-aux-pros/diag-phonic-accueil. En prime, on écoute les gains acoustiques obtenus après la mise en place de solutions d’isolation.

Avec un expert. Prenez rendez-vous avec un acousticien au 01 47 64 64 64, au 07 52 49 05 68 ou par mail à [email protected] Ces entretiens par téléphone sont gratuits. Sur bruit.fr.

En consultant le guide de l’Ademe. Pour tout savoir sur les solutions techniques et les aides financières. A télécharger sur ademe.fr/isolerlogement- bruit.

L’échelle du bruit

  • 10 à 40 dB > Bruits légers : chuchotement, brise légère, appartement calme ou bibliothèque.
  • 40 à 60 dB > Bruits d’ambiance : conversations dans un bureau ou un restaurant calme.
  • 60 à 80 dB > Bruits fatigants : rue passante, conversation forte (pour s’entendre), lave-linge en mode essorage, aspirateur.
  • 80 à 100 dB > Bruits dangereux : cris, concert, passage d’un train, moto pétaradant.
  • Le saviez-vous ? En baissant le volume de seulement 3 décibels (dB), on divise le bruit par deux.

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