Sorti en 2005 et réalisé par le britannique Neil Marshall, The Descent a marqué une génération de cinéphiles et est régulièrement salué par la critique comme un des meilleurs films d’horreur des années 2000. Quels sont les ingrédients de son succès ?

Sorti en 2005, The Descent a marqué durablement les amateurs de films d’horreur. Son réalisateur et scénariste britannique, Neil Marshall (Hellboy), qui signe alors son second long-métrage après Dog Soldiers, parvient à insuffler une atmosphère unique dans une grande économie de moyens, en bouleversant habilement les codes du genre grâce à un cadre jouant sur une peur universelle et des personnages loin des stéréotypes habituels du slasher. 

Un cadre inédit

Après une séquence d’introduction brutale et bouleversante qui donne le ton (et qui n’est pas sans rappeler la violence glaciale de celle de Midsommar d’Ari Aster sorti en 2019), le film plonge six amies dans une expédition spéléologique au coeur des Appalaches, une chaîne de montagnes à l’est de l’Amérique du Nord. Rapidement bloquées par un éboulement et alors qu’elles cherchent une issue dans le labyrinthe de galeries souterraines, les jeunes femmes vont alors faire la rencontre d’habitants des profondeurs peu accueillants… Le cadre de la grotte était idéal pour Neil Marshall : “Je pensais que c’était un environnement fantastique qui avait peu été traité dans les films d’horreur alors c’était parfait : les films d’horreur sont souvent tournés dans l’obscurité et on ne peut pas avoir plus noir que ça !” Présentant le film comme une sorte de Délivrance sous terre, le réalisateur joue sur des peurs universelles : l’obscurité et la claustrophobie. “Vers la fin du film, les filles commencent à utiliser des fusées mais au milieu du film, elles ont perdu leurs lampes torches, éteint leurs lumières… Ça devient donc assez noir et intense.” Un climat de tension maximale renforcée par les réactions très réalistes des personnages, désorientées et opressées, alors qu’on les observe peu à peu sombrer dans la terreur pure et se livrer à leurs plus bas instincts pour survivre face aux créatures des profondeurs.

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Un casting 100% féminin

The Descent dénote également par la singularité de son casting : six héroïnes, six femmes adultes et amies de longue date qui partent en expédition de spéléologie. Aucun visage masculin n’apparaît d’ailleurs à l’écran, à l’exception de la surprenante séquence finale. En 2005, année de sortie de La Colline a des yeux ou La Maison de cire, les slashers balisés ont encore l’apanage du film d’horreur, avec ses groupes de fêtards adolescents plus ou moins imprudents. Ici, on gagne en empathie envers ces six héroïnes modernes férues de sensations fortes. Très justes, les actrices Shauna Macdonald (The Cry), Myanna Buring (The Witcher), Alex Reid (Unorthodox) et Natalie Jackson Mendoza (dont la carrière s’est malheureusement cantonnée aux films de série B) apportent beaucoup de profondeur et de réalisme à leurs personnages, qui entretiennent des relations profondes et complexes.

L’horreur à l’état pur

Peu enclin à utiliser une surenchère d’effets spéciaux, Neil Marshall a fait appel à de véritables acteurs pour incarner les monstres de la grotte (dont certains membres du casting de Dog Soldiers comme Craig Conway.) “Beaucoup de films aujourd’hui utilisent les trucages numériques pour créer ce genre de créatures. Nous avons décidé d’opter pour le réel, tout ce que vous voyez à l’écran est du maquillage prosthétique et de l’interprétation.” Nécessitant près de 3h30 de maquillage, les prothèses des acteurs sont si saisissantes que les actrices, à qui le réalisateur avait dissimulé jusqu’au dernier moment l’apparence des monstres afin de ménager l’effet de surprise, se sont enfuies en hurlant lorsqu’elles ont découvert le résultat sur le plateau, après plusieurs semaines à jouer les aventurières badass dans les décors de la grotte. Un effet de réalisme qui sert la mécanique narrative du film, et renforce le sentiment d’horreur pure qui s’en dégage. Car le réalisateur britannique, à l’instar de réalisateurs talentueux comme Ari Aster, a compris avec The Descent que le terreau de l’horreur se logeait dans la souffrance psychologique : un deuil impossible (celui de l’héroine, Sarah), un choc traumatique, ou les agissements humains les plus sombres que sont la trahison, les mensonges et les non-dits…. jusqu’à la vengeance aveugle et bestiale.

Oubliez sa suite, sortie directement en DVD et totalement dispensable :The Descent est un pur concentré d’adrénaline qui vous hantera longtemps après son visionnage. Vous ne ferez plus jamais de spéléologie comme avant… 

The Descent est disponible sur la chaîne SHADOWS de Prime Video  : 

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