• Le Montpelliérain Julien Masdoua est l’un des comédiens d’« Un si grand soleil ».
  • Depuis près de vingt ans, il écume les planches, mais aussi les tournages de série : il a joué dans « Sous le soleil », « Tandem », « Cinq sœurs » ou « Candice Renoir ».
  • Julien Masdoua est engagé auprès de l’association Face à l’inceste, qui œuvre auprès des enfants victimes d’agressions sexuelles ou de viols.

Les accros au petit écran connaissent forcément Julien Masdoua. Ce comédien montpelliérain, qui n’a jamais cédé à la tentation de « monter à
Paris », fut de (presque) toutes les séries tournées dans le Sud de la France. En 2008, il était le commissaire Berthier, dans la série Cinq sœurs. En 2011, il a incarné Hocine, dans
Plus belle la vie, l’un des premiers rôles qui lui a valu d’être reconnu dans la rue. Puis ce sera Candice Renoir, Tandem, Caïn, Les innocents ou encore Pour Sarah.

Aujourd’hui, il est l’un des héros d’Un si grand soleil : il interprète Enric, l’un des salariés de l’entreprise de cosmétiques au cœur de l’intrigue. Julien Masdoua est l’une des trop rares comédiens du coin engagés pour des rôles récurrents sur le petit écran. Il y a 10 ou 20 ans, les comédiens de province devaient se contenter de petits rôles, voire de « silhouettes ». « Grâce à Demain nous appartient, et surtout Un si grand soleil, la considération par les productions des acteurs qui sont domiciliés dans le Sud a complètement changé, confie-t-il. Ça, c’est nouveau. Ce qui est train de se passer, avec la multiplication des tournages, les comédiens et les techniciens qui trouvent du boulot, ce sont des choses dont on rêvait il y a 10 ou 15 ans. Et pour lesquelles on s’est battu. »

« J’ai sauté dans ma voiture pour aller passer un casting de Sous le soleil ! »

Historien de formation, Julien Masdoua a lâché son destin d’enseignant, et a multiplié, pendant des années, à Montpellier, tout un tas d’expériences de comédie et de mise en scène. « Quand j’ai décidé de devenir comédien, j’ai tout attaqué la même semaine, se souvient Julien Masdoua. J’ai passé des auditions pour une pièce de théâtre, j’ai fait mon premier spectacle d’improvisation, j’ai donné ma première formation à des jeunes et… j’ai sauté dans ma voiture pour aller passer un casting pour la série Sous le soleil, à Saint-Tropez ! Je me suis dit qu’il aurait forcément une de ces choses-là qui allaient marcher… Et finalement, tout a marché, et je n’ai rien laissé tomber. »

A Montpellier, rares sont les amateurs de théâtre qui n’ont jamais vu Julien Masdoua sur scène. Depuis 20 ans, il écume les planches, et dirige une troupe, la Compagnie du Capitaine, particulièrement appréciée pour ses délirants spectacles d’improvisation. Aujourd’hui encore, quand il ne tourne pas, il joue au théâtre, et il forme les comédiens de demain. « Je n’ai pas laissé tomber, je continue ! », précise le Montpelliérain qui fut, aussi, l’un des coachs des comédiens de Demain nous appartient, à Sète.

« Peut-être que toute ma vie n’est qu’une revanche ! »

Cette boulimie artistique, elle est sans doute due à un acte manqué, qui l’a marqué lorsqu’il était enfant, en Tunisie, où son père travaillait. « J’ai fait une pièce de théâtre, et un producteur de cinéma m’a repéré, raconte-t-il. Il a contacté mes parents, il voulait que je sois le rôle principal d’un long-métrage. Un truc de fou ! Le projet était lancé. Mais, voilà qu’à un moment, le producteur me lance : “Bien évidemment, tu parles parfaitement l’arabe ?” Je ne parlais pas du tout arabe. Tout s’est écroulé. Peut-être que cette opportunité loupée m’a marquée ! Peut-être que toute ma vie n’est qu’une revanche ! »

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Julien Masdoua a une autre facette, qui lui tient à cœur : l’engagement. Le comédien lutte auprès de l’association Face à l’inceste,​ qui œuvre depuis vingt ans pour la protection des enfants contre l’inceste et la pédocriminalité. « Nous avons rencontré Julien pour la première fois lors d’un ciné-débat que nous organisions à Montpellier en 2019, explique Isabelle Aubry, la présidente de Face à l’inceste. Il accompagnait une victime d’inceste, présente dans le documentaire que nous projetions. »

C’est l’aberration de la loi en la matière qui a poussé le comédien à s’engager : un enfant qui porte plainte pour un viol ou une agression sexuelle de nature incestueuse doit prouver que l’acte n’était pas consenti. Une pétition a été lancée pour supprimer cette notion. « Que cette notion de consentement, pour un enfant, existe, est une aberration. Qu’une victime parle, qu’elle réussisse à mettre son agresseur au tribunal, et que ce dernier soit puni, tient quasiment du miracle en France », gronde Julien Masdoua. Selon une enquête Ipsos pour Face à l’inceste, dévoilée ce jeudi, 6,7 millions de Français auraient été victimes d’inceste, soit 10 % de la population, dont 78 % de femmes.

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