• France Ô tire sa révérence ce dimanche soir après vingt-deux ans d’existence.
  • La chaîne du service public disparaît au profit d’une meilleure visibilité sur les antennes du groupe, selon France Télévisions.
  • Un discours irrecevable de la part des téléspectateurs, qui font part à 20 Minutes de leur peine et leur inquiétude.

Dernier tour de piste pour France Ô. Contrairement à France 4, qui bénéficie d’un an de sursis, la chaîne consacrée à
la France d’Outre-mer n’est pas parvenue à assurer sa survie. Ce dimanche, le canal 19 de la TNT retrace ses vingt-deux ans d’antenne
dans une grande rétrospective, avant de laisser place à la mire. Pour pallier le manque de représentation des DROM sur le petit écran,
France Télévisions a signé un « pacte pour la visibilité des Outre-mer » afin d’apporter davantage de visibilité aux contenus ultramarins sur les autres antennes.

Julien, l’un de nos lecteurs, n’y croit pas. « Toutes les spécificités qui font l’Outre-Mer seront diluées sur France 2 et France 3 par des journalistes qui ne voient dans ces territoires que les volcans de La Réunion et les palmiers des Antilles », écrit-il, de peur que l’Histoire, la géopolitique et la culture de ces territoires soient négligées. D’autre part, le groupe public a lancé « Outre-mer La 1ère », un portail numérique qui vise à compenser en partie la fermeture de la chaîne. « La dilution dans d’autres chaînes ou dans le “portail numérique” correspondra à une info et une documentation homéopathiques », regrette Christian.

« Nous ne sommes pas représentés au sein de l’audiovisuel public »

Parmi nos lecteurs, beaucoup s’inquiètent du manque de visibilité des territoires ultramarins après la suppression de France Ô. « C’était une belle fenêtre ouverte sur ces territoires lointains pour nous aider à mieux vivre ensemble », commente Maryline, récemment devenue addict à la chaîne. Native de Guadeloupe, Christelle nous fait part de sa tristesse, elle pour qui France Ô était une façon de se reconnecter à son île. « Nous ne sommes pas représentés au sein de l’audiovisuel public, déplore-t-elle. Certains natifs de métropole ne savent même pas situer la Guadeloupe, la Martinique ou encore la Réunion sur une carte. » Jean-Claude, lui, ne décolère pas non plus : « Cette disparition montre l’irrespect envers les Ultramarins et leur faible considération au sein des médias français. »

« France Ô allait toujours dans une direction où les autres n’allaient pas, et ce n’était jamais une déception, selon Cyrielle. Je vais définitivement regretter France Ô, une bulle d’évasion et d’originalité dans un paysage médiatique si morne et conventionnel. » Créée en 1998 sous le nom de RFO Sat, la chaîne de télé prend son nom définitif en 2005. Cinq ans plus tard, elle devient la dix-neuvième chaîne de la TNT nationale. En 2018, le gouvernement annonce 190 millions d’euros d’économies pour l’audiovisuel public et la mise aux oubliettes de France Ô. « C’est dommage, c’est une chaîne qui œuvrait à l’ouverture d’esprit et l’acceptation de l’autre », glisse Lise.

Des programmes emblématiques

Au fil des années, France Ô a vu ses audiences éprouvées par le manque de clarté de sa ligne éditoriale. En 2019, la chaîne atteint une part d’audience de 0,3 %, faisant d’elle la moins suivie du PAF. Pourtant, les lecteurs de 20 Minutes se remémorent avec émotion les programmes qui ont fait sa renommée, à commencer par les reportages, comme Les Témoins d’Outre-Mer. « Les émissions sur la vieillesse en Martinique ou le concept de beauté chez les femmes de couleurs permettent de prendre du recul sur notre vision en métropole », commente Lise. Au-delà des émissions d’information, France Ô permettait aux téléspectateurs de se tenir au courant de l’actualité au-delà des océans grâce à ses journaux d’information, de « donner une vision de la vie quotidienne et nous permettre, si nous devions nous y rendre, d’être informés de l’actualité du jour », raconte Jean-Pierre.

La chaîne diffusait également « des séries policières originales », « des programmes culturellement enrichissants » et « des émissions dépaysantes ». Parmi elles, les internautes citent Passion Outre-Mer de Daniel Picouly, Ô rendez-vous, et l’émission de sports extrêmes Riding Zone.

La chaîne faisait également la part belle à la culture et notamment la musique, avec la retransmission de concerts d’artistes originaires des DROM. D’ailleurs, c’est sur un spectacle que la chaîne tirera sa révérence ce dimanche, avec la diffusion de l’édition 2019 de L’Outre-mer fait son Olympia. Des au revoir qui se feront donc sous les applaudissements.

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