Indochine, c’est 40 ans d’activité, avec des hits à 20 ans d’écart comme L’aventurier et J’ai demandé à la lune, en passant par des chansons-totems sur la tolérance et autre clip polémique.

“L’aventurier”, le tube

“Égaré dans la vallée infernale / Le héros s’appelle Bob Morane”. Lire ces mots suffit pour avoir le morceau en tête. L’aventurier est un tube instantané, morceau-titre du premier album (1982) d’Indochine. “Je me souviens encore quand Dominique (Nicolas, guitariste des débuts, parti dans les années 1990) a trouvé le début de la mélodie et moi la fin”, se rappelle pour l’AFP Nicola Sirkis, leader et seul rescapé de la formation d’origine. L’aventurier passe dans toutes les soirées, les bals, mais il y a d’autres titres aussi (rires). On est dans le patrimoine, même si j’ai toujours refusé les médailles (rires). Je ne m’imaginais pas ça en commençant, même si j’ai toujours cru que des chansons pouvaient être intemporelles. On a eu cette chance de faire des standards, on est bénis des dieux ou des diables.”

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“3e sexe”, la pansexualité

“Et j’aime cette fille aux cheveux longs / Et ce garçon qui pourrait dire non”. Quand 3e sexe, issu du 3e album (3, 1985), paraît, le terme pansexuel – attirance indifférente au genre – ne circule pas autant qu’aujourd’hui. Cet hymne à la tolérance sexuelle rencontre un succès immédiat. Et traverse le temps. On la retrouve sur la B.O. du film Les amours imaginaires de Xavier Dolan (2010). 3 regorge d’autres hits comme Canary Bay, Trois nuits par semaine ou encore Les yeux noirs.

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 “J’ai demandé à la lune”, la renaissance

Les années 1990 sont sombres. Le groupe est moins en vue et Stéphane Sirkis, jumeau de Nicola et guitariste du groupe, décède d’une hépatite à 39 ans. Mais Indochine renaît. L’album Paradize s’ouvre aux collaborations. Mickaël Furnon (Mickey 3D) écrit J’ai demandé à la lune, qui ramène la bande à Sirkis en haut des charts en 2002. “Olivier (Gérard, membre désormais essentiel d’Indochine sous le nom Oli de Sat) n’y croyait pas, à cette chanson, moi si, on a mis sept versions pour trouver la bonne”, se remémore Sirkis.

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 “College Boy”, clip polémique

Cette chanson de 2013 dénonce l’intolérance et, en filigrane, l’homophobie. La vidéo, signée Xavier Dolan, donne dans le gore : un jeune garçon martyrisé par ses camarades de classe est crucifié. Françoise Laborde, membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), dénonce alors sur Europe 1 une violence “insoutenable”, qui n’a pas sa “place en journée sur des chaînes de musique”. Xavier Dolan, pour protester contre cette censure, lui adresse une lettre, publiée par le Huffington Post. Il conclut ironiquement, la remerciant pour “l’exceptionnelle visibilité”. Sur Youtube, le clip cumule aujourd’hui plus de 7,5 millions de vues.

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 “Nos célébrations”, histoire d’une vie

Ce single sorti en juin brosse les 40 ans d’histoire du groupe. Tout est résumé entre longévité et doutes des débuts quand Sirkis chante “Je suis comme une histoire / Et qui n’en finira pas” ou “Je n’donnais pas cher de moi”. Le clip est un beau dessin animé, voyage dans le temps de l’élection de François Mitterrand au Covid-19. Le train qu’on y voit s’inspire du “Vancouver-Toronto”, selon Sirkis, et renvoie à une nouvelle, Le train, de son recueil Les mauvaises nouvelles (éditions JC Lattès, 1998).

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