C’est l’une des histoires que la mode aime à raconter. Coco Rocha avait 15 ans lorsqu’elle a été repérée par un scout de talent lors d’une compétition de danse irlandaise. Elle qui jusqu’à présent menait une vie tranquille à Richmond dans l’état de Colombie-Britannique, une province canadienne, allait devenir un mannequin emblématique de sa génération.

Pourtant, le jeune mannequin n’est pas épargné par la violence qui se joue en coulisses des clichés tirés sur papier glacé. Et c’est ce qu’elle a tenu à rappeler dans un TikTok devenu viral ce week-end.

Coco rocha : “Il y a une déconnexion, ils traitent souvent les mannequins comme des objets et non des personnes”

Ce n’est désormais plus un secret de Polichinelle. La manière dont l’industrie de la mode traite ses mannequins est discuté plusieurs fois par an depuis de nombreuses années. Ce qui a véritablement changé, c’est la manière dont les réseaux sociaux permettent aux mannequins de s’exprimer et de captiver l’oreille attentive du public.

La cage dorée de la mode voit ses barreaux disparaître de plus en plus, démantelée de l’intérieur par une génération de mannequin qui a vu le meilleur côté de l’industrie comme son plus obscure. Parmi elle, Coco Rocha, légende du mannequinat des années 2000, ranké par models.com comme l’un des modèles les plus bankable et dans le Top 50 des plus en vues.

Ce dimanche 14 février, le top modèle s’est saisi de son compte TikTok pour revenir, en vidéo, sur les hauts et les bas de sa carrière. “Marcher lors de la Fashion Week de Paris à 16 ans, faire la cover de Vogue alors que je vais encore au lycée, gagner plus d’argent que n’importe qui dans ma famille, être le premier mannequin a embrasser les réseaux sociaux”, énumère Coco Rocha dans la liste de tous ses succès personnel.

Going through the highs & lows of #modeling is the reason I created #CocoRochaModelCamp for the next generation. #itseverythingyoueverwant #notalways

“S’entendre dire que les réseaux sociaux tueraient ma carrière, avoir mon manager me voler de l’argent pendant des années, être formée par l’un des plus grands pédophiles de la mode, le dire publiquement et me faire blacklister, voir mon corps critiqué par les designers les plus puissants de l’industrie, endommager mon corps pour essayer de les satisfaire”.

La vidéo a été vue 1,4 millions de fois sur la plateforme, partagée et commentée plus de 2 000 fois. Dans les commentaires, le mannequin de 32 ans n’hésite d’ailleurs pas à répondre aux commentaires dont nombreux s’étonnent que ce que Vogue avait nommé le “Coco Moment” en 2007, ne l’ai pas plus protégé des affres de l’industrie.

“Il y a une déconnexion, ils traitent souvent les mannequins comme des objets et non des personnes”, répond-elle une première fois ajoutant plus loin “Ça m’a rendue plus forte et donné envie de protéger la génération suivante. Être un mentor, une grande sœur, est l’une des choses dont je suis la plus fière”.

Protéger la nouvelle génération de mannequins

“Passer par les hauts et les bas du #mannequinat est la raison pour laquelle j’ai créé #CocoRochaModelCamp pour la prochaine génération. #itseverythingyoueverwant #notalways”, a écrit Rocha en légende. Car plus qu’un énième coup de gueule contre la mode, la vidéo de Coco Rocha parvient à montrer non seulement que même les mannequins les plus en vogue ne sont pas épargnée des mauvais traitements, mais aussi que par la bienveillance de mannequins plus expérimentés et alertes, les choses peuvent changer.

En 2010, Coco Rocha a fait partie des premiers mannequins à déclarer ouvertement refuser de travailler avec le photographe Terry Richardson. S’il était connu pour ses clichés jugés seulement “provocants” à l’époque, plusieurs mannequins avaient pourtant alerté à de nombreuses reprises des cas de harcèlement et d’agressions sexuelles. Il faudra attendra 2017 pour que CondéNast refuse de collaborer avec lui et un an de plus pour que la police ouvre une enquête, toujours en cours aujourd’hui.

Dans un e-mail à The Associated Press, elle se remémorait également un moment traumatisant pour sa carrière : “Je n’oublierai jamais le conseil que j’ai reçu des gens de l’industrie lorsqu’ils ont vu mon nouveau corps … On m’a dit: “Tu dois perdre plus de poids. Le look cette année c’est l’anorexie. On ne veut pas que tu deviennes anorexique mais c’est à ça que tu dois ressembler”.

Aujourd’hui, “le premier mannequin à s’être lancé sur les réseaux sociaux”collabore avec Model Alliance, l’organisation lancée par Sara Ziff qui vise à dénoncer les abus contre les mannequins afin de les protéger. “Tous ceux qui m’ont dit que je ruinais le fantasme du mannequinat en utilisant les réseaux sociaux les utilisent aujourd’hui et leur chien à un compte”, ironise Coco Rocha en commentaire de sa vidéo.

C’est pourtant grâce à son agilité sur les réseaux sociaux qu’elle reste aujourd’hui, par sa carrière autant que ses engagements, un mannequin incontournable de l’industrie.

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