La Dame de fer fut construite pour l’Exposition universelle de 1889 à Paris.

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Quelques chiffres ? 18.000 pièces métalliques, 7.300 tonnes de fer, 250 ouvriers, deux ans de travaux… A plus de 300 mètres de hauteur, la tour Eiffel règne sur Paris depuis cent trente-deux ans. Derrière la Dame de fer se cache avant tout un homme, Gustave Eiffel. Cet ingénieur et entrepreneur visionnaire a repoussé les limites de l’architecture par ses nombreuses prouesses technologiques. Retour sur le parcours d’un ambitieux génie du fer, pionnier de l’aérodynamique.

Bâtisseur d’avenir

Né à Dijon le 15 décembre 1832, Alexandre Gustave Bonickhausen dit Eiffel est un élève brillant. Il intègre l’Ecole centrale Paris et en ressort ingénieur chimiste en 1855, l’année de la première Exposition universelle tenue dans la capitale. Un présage ? Il choisit de se spécialiser dans la métallurgie et en découvre les applications à l’architecture. Son premier chantier l’emmène à Bordeaux où il dirige la construction de la passerelle ferroviaire Saint-Jean. Il y révèle ses dispositions de meneur d’hommes, sauvant même un ouvrier de la noyade ! Fort de ce succès, il s’installe à son compte en 1866. Le début d’une carrière spectaculaire.

Un rayonnement mondial

Reconnu comme entrepreneur spécialisé dans les charpentes métalliques, Eiffel est sollicité pour construire des ponts ferroviaires et routiers, mais aussi des usines, des gares et des grands magasins. Son talent d’ingénieur, ses concepts nouveaux (il abandonne la fonte pour le fer laminé en treillis) et ses opérations de communication lui permettent de dépasser ses concurrents. Et tout lui réussit : du viaduc de Garabit dans le Cantal (565 mètres de long et 122 de haut) au pont enjambant le fleuve Rouge à Hanoï (Vietnam) en passant par la gare de Budapest en Hongrie et le pont sur le Douro au Portugal, il conçoit plus de 120 ouvrages en vingt-cinq ans. Au sommet de sa gloire, il assemble dans ses ateliers à Levallois-Perret l’armature métallique de la statue de la Liberté, offerte aux Etats-Unis en 1886. Mais son plus grand projet reste à venir.

Le clou du spectacle

Pour l’exposition universelle de 1889, le gouvernement veut voir s’élever une tour de 300 mètres au-dessus de la Ville Lumière. Grâce au projet tour Gallia de ses ingénieurs Koechlin et Nouguier, Eiffel gagne le concours. Mais le sol du Champ-de-Mars est marécageux. Pour chasser l’eau de la Seine, on installe des caissons étanches dans lesquels est injecté de l’air comprimé. Le monde de la culture, lui, s’indigne de cette “odieuse colonne de tôle boulonnée”. Après deux ans, deux mois et cinq jours de travaux pharaoniques, l’édifice est achevé le 31 mars 1889. Le succès populaire vient clore la controverse. Eclaboussé par le scandale du canal de Panama, Eiffel se retire des affaires en 1892 pour se consacrer à ses recherches sur la radiotélégraphie, l’aérodynamique et la météorologie. Il dispose d’un instrument remarquable : sa propre tour, qui sert encore aujourd’hui d’émetteur radio et télé.

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Article paru dans le numéro Femme Actuelle Jeux Histoire n°19 mai-juin 2021

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