L’objectif de ce régime ? Modifier le métabolisme en misant sur un apport en matières grasses et une faible quantité de sucres. On fait le point avec le Dr Lecerf.

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C’est quoi le régime cétogène ?

Un régime alimentaire dans lequel les lipides (graisses) fournissent l’essentiel des calories (plus de 70 %), tandis que les glucides (sucres) sont présents en quantité quasi homéopathique (maximum 10 %). Lorsque l’organisme est ainsi privé de glucides, les graisses deviennent sa principale source d’énergie et une partie d’entre elles est transformée en corps cétoniques, d’où le terme “cétogène”. Les corps cétoniques servent de carburant au cerveau en remplacement du glucose (sucre). Ils ont aussi un effet protecteur des neurones, raison pour laquelle le régime cétogène a été mis au point à l’origine pour traiter des personnes souffrant d’épilepsie.

Les aliments à privilégier

On mise sur les plus riches en graisses ou en protéines.

  • Les viandes, y compris les plus grasses, les volailles avec leur peau, les charcuteries, les poissons, les œufs.
  • Les fromages affinés : camembert, munster, bleus, emmenthal affiné…
  • L’avocat, les olives, les fruits à coque (amandes, noisettes…), les graines oléagineuses (lin, courge…).
  • Le tofu et le tempeh.
  • Les corps gras, beurre, crème, huiles… en proportion généreuse

Les aliments à limiter

Il s’agit de ceux qui contiennent de petites proportions de glucides.

  • Les légumes : maximum 150 g (1 assiette moyenne) par repas.
  • Le citron, les fruits rouges, la papaye, la pastèque : maximum 50 g (à peine une demi-barquette de framboises) par jour. Les autres fruits à forte teneur en sucre sont aussi à éviter.
  • Le lait et les laitages nature : yaourts, laits fermentés, fromages frais, maximum 1 verre ou 1 pot par jour.
  • Le chocolat noir à plus de 85 % de cacao : maximum 20 g (2 grands carrés plats) par jour.

Les aliments à éviter

Ce sont les plus riches en glucides.

  • Les pains, biscottes et céréales de petit déjeuner.
  • Les féculents, pâtes, riz, pommes de terre, légumes secs…, et les quiches, pizzas…
  • Les plats cuisinés, soupes et sauces du commerce.
  • Les produits et boissons sucrés : miel, confiture, pâtisseries, sodas…

Le régime cétogène, c’est pour qui ?

Pour les personnes atteintes de troubles neurologiques. Le régime cétogène est indiqué dans le traitement de l’épilepsie. Il est prescrit, surtout en pédiatrie, à des patients chez lesquels les médicaments anti-épileptiques s’avèrent peu efficaces. Il est actuellement à l’étude pour la prévention ou le traitement d’autres affections neurologiques, notamment la maladie de Parkinson. Il a aussi été récemment testé chez des patients en surpoids ou diabétiques. Dès lors que l’apport énergétique est contrôlé, il fait maigrir, parfois mieux qu’un régime classique. Néanmoins, faute de recul, il n’est pour le moment pas indiqué pour ces pathologies.

En cas de surpoids, deux atouts majeurs

Les corps cétoniques coupent l’appétit : donc, même si d’ordinaire on a bon appétit, on tient facilement et on ne craque pas à cause de fringales.

Le taux d’insuline est réduit : la production de cette hormone dépend largement de la consommation de glucides (plus le taux sanguin de glucose augmente après un repas, plus elle est stimulée). Or, qui dit moins d’insuline dit moins de stockage des sucres tout comme des graisses et possibilité accrue pour l’organisme de puiser dans les réserves !

Le pour

Le principal écueil des régimes amaigrissants est d’entraîner une fonte musculaire en parallèle de celle de la masse grasse. Or, cette fonte musculaire a pour conséquence une diminution du besoin énergétique et explique largement l’effet «”yoyo” des régimes. A court terme, il semble que le régime cétogène épargne davantage les muscles. Mais, cet effet protecteur pourrait disparaître à plus long terme.

Le contre

Ce régime est difficile à suivre au long cours. Au début, il peut provoquer des hypoglycémies et de la fatigue. Il occasionne aussi des troubles digestifs dans la majorité des cas : nausées, en raison de sa richesse en lipides ; constipation compte tenu de son faible apport de fibres. Et puisqu’il exclut de nombreux aliments du quotidien, pain, pommes de terre et autres féculents, ou de fête, pâtisseries et douceurs, il compromet la convivialité.

Le régime cétogène est carencé. Sans féculents et pauvre en fruits et en légumes, il n’apporte que très peu de fibres. Or, outre leur intérêt pour réguler le transit intestinal, ces nutriments aident à réduire le taux sanguin de LDL-cholestérol (“mauvais cholestérol”), orientent favorablement la composition du microbiote intestinal et contribuent à la prévention du cancer colorectal.

On ne connaît pas son impact sur le système cardio-vasculaire. Il pourrait avoir un impact défavorable, puisqu’il n’apporte pas assez de nutriments protecteurs. Ses effets sur les facteurs de risque cardiovasculaire sont inconstants. Certains patients épileptiques doivent l’interrompre parce que leur taux de LDL-cholestérol augmente. A l’inverse, chez certains volontaires qui le testent dans des études, il induit une baisse du LDL et des triglycérides et une augmentation du HDL-cholestérol (“bon cholestérol”).

Notre expert

Le Dr Jean-Michel Lecerf, chef du service de Nutrition et Activité physique de l’Institut Pasteur de Lille, organise chaque année les Entretiens de nutrition. Au CHRU de Lille jusqu’en 2019, il prenait en charge des patients souffrant d’obésité, de diabète ou autres maladies métaboliques. Il a présidé le groupe d’experts réuni en 2010 par l’Anses pour rédiger un rapport sur les régimes amaigrissants. Ses derniers livres : Le surpoids, c’est dans la tête ou dans l’assiette ?, Ed. Quae (2019) et Nutrition des enfants : arrêtons de faire n’importe quoi !, Ed. Albin Michel (2019).

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