Le gouvernement a décidé d’instaurer un confinement national pour limiter la propagation de la Covid-19 en France. Le 19 mars, 16 départements ont été placés sous confinement partiel. Cette mesure a-t-elle déjà prouvé son efficacité sur ces territoires ?

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Depuis le samedi 3 avril, un confinement national a été mis en place sur l’ensemble du territoire français, et ce pour les quatre prochaines semaines. Le but de cette mesure ? Endiguer la propagation de l’épidémie de coronavirus et réduire la tension hospitalière. Pendant cette période, les établissements scolaires seront également fermés. La rentrée en physique aura lieu le 26 avril pour les écoles maternelles et primaires. Les collégiens et les lycéens pourront retourner physiquement dans leurs établissements scolaires le 3 mai prochain.

Invité sur France Inter le 1er avril, Olivier Véran avait indiqué que ces restrictions “permettront d’avoir un impact fort sur la dynamique épidémique”. D’après le ministre de la Santé, “sept à dix jours sont nécessaires pour en mesurer l’efficacité”. Le 19 mars dernier, des confinements locaux avaient été instaurés dans les 16 départements les plus touchés par l’épidémie. Ces mesures ont-elles été efficaces sur ces territoires ?

Une baisse des contaminations dans des départements placés sous confinement partiel

Depuis presque trois semaines, les huit départements de l’Île-de-France, les cinq départements des Hauts-de-France, l’Eure, la Seine-Maritime et les Alpes-Maritimes sont confinés. Avant l’instauration du de cette mesure, le taux d’incidence dans ces territoires dépassait les 600 nouveaux cas de coronavirus pour 100.000 habitants. Les contaminations ont-elles baissé depuis l’instauration de ce confinement ?

On peut regarder ce qui s’est passé avec les mesures renforcées qui ont été prises le 21 mars dans une partie de la France. À Paris, Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) ou dans le Val-de-Marne, on s’aperçoit qu’il y a bien eu une inflexion des courbes dans la semaine suivant le 21 mars, et même après quelques jours, on a même vu cette descente s’amorcer” avait expliqué sur France 3 Damien Mascret médecin et journaliste, le 1er avril dernier.

Avant l’annonce du confinement national, le taux d’incidence a continué de progresser dans les départements qui n’étaient pas soumis à des mesures de restriction. “On observe une évolution différenciée entre les départements qui sont concernés par un confinement depuis le début et les autres, ce qui laisse penser que ces premières mesures ont eu un impact“, avait souligné Pascal Crepey, enseignant-chercheur en épidémiologie et biostatistiques à l’École des hautes études en santé publique à Rennes au Parisien le 2 avril.

Les contaminations restent cependant importantes dans de nombreux départements. Selon le dernier bulletin épidémiologique de Santé Publique France publié le 1er avril, le taux d’incidence a dépassé le seuil des 250 nouvelles contaminations pour 100.000 habitants dans 62 départements. Ce taux a été particulièrement élevé en Île-de-France, notamment dans le Val d’Oise (822), la Seine-Saint-Denis (802), la Seine-et-Marne (730) et en Essonne (617).

Covid-19 : une forte tension hospitalière et une hausse des hospitalisations

Les confinements locaux ont eu un impact différent selon les territoires. Dans le Pas-de-Calais, le taux d’incidence a diminué de 11% depuis début avril. Il est désormais estimé à 494 pour 100.000 habitants selon la plateforme Covid Tracker. Dans le Nord, l’Aisne et la Somme, le taux d’incidence est également passé en dessous de la barre des 600 nouveaux cas pour 100.000 habitants.

La tension hospitalière reste cependant importante pour l’ensemble des territoires confinés depuis le 19 mars. Les admissions en réanimation sont toujours en hausse. En Seine-Saint-Denis, la tension hospitalière dépasse les 189%. Elle est également très élevée dans le Nord (156%), l’Aisne (162%), l’Oise (189%) ou encore à Paris (123%).

Pour l’heure, les autorités sanitaires n’ont pas encore évalué l’efficacité de ces mesures dans ces 16 départements. “Pour nous, il est aujourd’hui trop tôt pour apporter des éléments de réponse consolidés”, avait confié Santé Publique France à nos confrères du Parisien le 2 avril. Le prochain bilan épidémiologique de l’organisme dévoilera si ces restrictions ont permis de faire reculer ou non l’épidémie de Covid-19.

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