Liée au vieillissement, la protrusion discale est incontournable – elle n’entraîne toutefois pas toujours des symptômes. Explications.

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Qu’est-ce qu’une protrusion discale ?

Première chose à savoir : les vertèbres qui composent notre colonne vertébrale sont reliées entre elles par un trépied, qui est composé d’un disque intervertébral (à l’avant) et d’articulations (à l’arrière). Chaque disque intervertébral est lui-même composé de deux parties : un noyau gélatineux formé de cartilage qui est entouré par un anneau fibreux.

Problème : avec l’âge, les disques intervertébraux vieillissent et, en particulier, les noyaux se déshydratent progressivement – ils deviennent plus durs, moins élastiques… C’est la discopathie. Conséquence directe de cette rigidification : les anneaux fibreux qui entourent les noyaux sont ” poussés ” et ” écrasés “.

Protrusion discale : définition. On parle de protrusion discale lorsqu’il y a un bombement régulier de toute la surface du disque intervertébral.

Attention ! Ne pas confondre la protrusion discale avec la hernie discale : si la première peut évoluer vers la seconde, en cas de protrusion discale, le bombement du disque intervertébral est régulier ; en cas de hernie discale, il s’agit d’une protrusion plus focalisée puisque le noyau du disque se déplace.

Protrusion discale : les causes et les facteurs de risque

À savoir. La protrusion discale est malheureusement inévitable : c’est un phénomène naturel lié à l’âge. En moyenne, la protrusion discale survient vers 35-40 ans, avec le début du vieillissement des disques intervertébraux.

La protrusion discale survient toutefois plus précocement chez :

  • les personnes en situation de surpoids ou d’obésité : indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 25 ou à 30,
  • les personnes qui exercent un métier physique où il est nécessaire de porter des charges lourdes et/ou de se pencher souvent : déménageurs, artisans, plombiers…
  • les personnes qui exercent un métier très répétitif : travail à la chaîne, caissiers…
  • les personnes (très) sédentaires qui font peu d’activité physique au quotidien.

Et aussi. La protrusion discale concerne le plus souvent les vertèbres lombaires qui se trouvent en bas du dos ; plus rarement, les vertèbres cervicales (la nuque) sont atteintes. L’atteinte des vertèbres dorsales est, quant à elle, exceptionnelle.

Protrusion discale : quels sont les symptômes ?

À savoir. Dans la majorité des cas (80 %) la protrusion discale est asymptomatique : il n’y a pas de douleur et la protrusion discale est repérée de façon fortuite à l’occasion d’un examen d’imagerie médicale (IRM).

Lorsque la protrusion discale est symptomatique, on peut observer :

  • De la lombalgie, c’est-à-dire des douleurs lombaires (en bas du dos) lorsque l’atteinte concerne les vertèbres lombaires : ainsi, 50 % des cas de lombalgie résultent d’une protrusion discale,
  • De la cervicalgie, c’est-à-dire des douleurs cervicales (en haut du dos) lorsque l’atteinte concerne les vertèbres cervicales – c’est plus rare,
  • Exceptionnellement : des douleurs radiculaires, telles que des sciatiques ou des cruralgies (si ce sont les vertèbres lombaires qui sont en cause) ou des névralgies cervico-brachiales (si ce sont les vertèbres cervicales qui sont en cause).

Protrusion discale : le diagnostic et les traitements

Diagnostic. Le diagnostic de la protrusion discale est généralement posé à l’aide d’un examen IRM qui permet d’évaluer la teneur en eau du disque intervertébral atteint, son affaissement et son bombement, mais aussi de regarder s’il y a une atteinte nerveuse.

Traitements. En cas de douleurs et/ou lorsque la protrusion discale est symptomatique, les traitements suivants peuvent être mis en place :

  • Traitement conservateur : il repose sur la prescription de médicaments antalgiques (pour soulager la douleur) et anti-inflammatoires (pour calmer l’inflammation), mais aussi sur des séances de kinésithérapie pour rééduquer les muscles qui soutiennent la colonne vertébrale. Sans oublier les thérapies complémentaires : ostéopathie, acupuncture…
  • Traitement infiltratif : il consiste à injecter des substances anti-inflammatoires (cortisone) directement au niveau des vertèbres concernées pour soulager l’inflammation. En complément, la kinésithérapie reste indispensable.
  • Chirurgie : elle est réservée aux cas extrêmes, en particulier lorsque la protrusion discale est responsable de douleurs radiculaires. Mini-invasive, elle consiste à enlever la partie bombée du disque qui est en contact avec le(s) nerf(s) – on parle de discectomie.

Merci au Dr. Youssef Ali, neurochirurgien et spécialiste en chirurgie de la colonne vertébrale à l’Institut de Chirurgie osseuse et de Neurochirurgie Medipole-Montagard.

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