La communauté scientifique internationale s’intéresse aux effets de la chloroquine sur les patients atteints de Covid-19 et ce potentiel traitement fait débat. Le point sur ce que l’on sait aujourd’hui.

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Si une partie de la communauté scientifique met en avant les effets positifs de l’hydroxychloroquine sur la Covid-19, une autre dénonce les risques liés à ce traitement. De nombreuses études ont d’ailleurs été publiées sur le sujet, certaines pointant du doigt un risque de mortalité. Des publication décriées par le Pr Didier Raoult, directeur de l’IHU Méditerranée, premier à avoir proposé la chloroquine comme traitement de la Covid-19. Le 23 octobre dernier, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) avait rejeté la demande de l’IHU d’utiliser ce traitement de façon exceptionnelle sur les patients atteints de Covid-19. Nouveau rebondissement : le Pr Raoult a fait part de son intention de saisir la justice pour pouvoir utiliser l’hydroxychloroquine contre le coronavirus. Que sait-on exactement de ce médicament notamment utilisé dans le traitement du paludisme ? Et qu’en est-il vraiment de ses effets sur le Covid-19 ? On fait le point.

Sommaire :

-Chloroquine : qu’est-ce que le Plaquenil et dans quel cas est-il prescrit ?

-Hydroxychloroquine : une méta-analyse confirme son inefficacité sur la Covid-19

-Chloroquine : elle ne préviendrait pas les formes graves de Covid-19

-Chloroquine et Covid-19 : trois des auteurs de l’étude de The Lancet se rétractent

-Covid-19 : l’hydroxychloroquine ne serait pas efficace pour prévenir la maladie

-Chloroquine et Covid-19 : les autorités sanitaires rendent des avis défavorables

-Chloroquine : le décret autorisant la prescription à l’hôpital abrogé

-Chloroquine : comment se déroulent les essais cliniques ?

-Plaquenil et coronavirus : que disaient les premières études ?

-Quels seraient les effets de la chloroquine sur le Covid-19 ?

-Chloroquine et coronavirus : quelle posologie pendant les tests ?

-Efficacité de la chloroquine : les résultats des tests décriés

-Chloroquine et Covid-19 : qu’en pensent les autorités sanitaires ?

-Quid de l’utilisation de la chloroquine contre le coronavirus à l’étranger ?

-Chloroquine : vers une pénurie à cause du coronavirus ?

-Chloroquine : interagit-elle avec d’autres médicaments ?

-Chloroquine : quelles sont les contre-indications ?

-Quels sont les effets indésirables de la chloroquine ?

Chloroquine : qu’est-ce que le Plaquenil et dans quel cas est-il prescrit ?

La chloroquine et l’hydroxychloroquine, qui est un médicament analogue, sont déjà sur le marché, sous les noms commerciaux de Nivaquine et de Plaquenil. Ces traitements sont respectivement vendus 4,55 et 4,17 euros la boîte et une ordonnance est nécessaire pour se les procurer. Ces médicaments sont utilisés pour traiter le paludisme et certaines maladies auto-immunes, comme le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde.

Ils existent depuis des dizaines d’années (la Nivaquine a été commercialisée en France à la fin des années 1940) et on les connaît donc bien. Leur utilisation possible dans le cadre de l’épidémie actuelle de Covid-19 fait partie d’une stratégie dite “de repositionnement de molécule”, une expression employée pour désigner l’utilisation d’un médicament déjà existant pour une autre maladie.

Hydroxychloroquine : le Pr Raoult veut saisir la justice

Le 23 octobre dernier, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) avait rejeté la demande de l’IHU d’utiliser ce traitement de façon exceptionnelle sur les patients atteints de Covid-19. Dans une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube, le Pr Raoult a fait part de son intention de saisir la justice pour pouvoir utiliser l’hydroxychloroquine contre le coronavirus. “Je ferai en appel en conseil d’Etat et, d’autre part, j’ai décidé d’attaquer le directeur de l’ANSM car je considère qu’il joue un rôle qui est dangereux pour la santé des Français”, a-t-il affirmé.

Une méta-analyse confirme l’inefficacité de la chloroquine sur la Covid-19

Une méta-analyse publiée dans le Clinical Microbiology and Infection le 26 août s’est intéressée aux effets de l’hydroxychloroquine sur la Covid-19. Pour ce faire, les scientifiques ont recherché des études évaluant les effets de la chloroquine en association ou pas avec l’azithromycine. Les auteurs ont trouvé 29 articles qui répondaient à leurs critères. Au total, ces recherches rassemblaient 11.932 patients touchés par la Covid-19 et ayant reçu ce traitement.

Résultat ? Chez les patients touchés par la Covid-19 et hospitalisés, l’utilisation de l’hydroxychloroquine était inférieur (-17%) à celui du groupe contrôle. Il était cependant 9% plus élevé dans les études randomisées. Dans les deux cas, ces résultats n’étaient pas statistiquement significatifs. Quid de l’association hydroxychloroquine et azithromycine ? Les auteurs ont constaté une augmentation de la mortalité de (+27%) par rapport au groupe contrôle. “Cette méta-analyse montre que l’hydroxychloroquine seule n’est pas efficace pour le traitement des patients atteint de Covid-19 et que l’association d’hydroxychloroquine et d’azithromycine augmente le risque de mortalité”, concluent les chercheurs.

Chloroquine : elle ne préviendrait pas les formes graves de Covid-19

Une étude dévoilée en juillet 2020 s’est penchée sur les potentiels effets préventifs de la chloroquine sur le Covid-19. Les chercheurs ont découvert que la prise régulière d’hydroxychloroquine, notamment en cas de maladie auto-immune, ne permettait pas de prévenir le Covid-19. Les patients traités au long cours avec ce médicament n’ont donc pas été moins touchés par des formes graves de la maladie que les autres.

Pour les besoins de ces recherches, menée par Epi-phare – qui réunit l’Agence du médicament (ANSM) et l’Assurance Maladie – les chercheurs ont suivi 55.000 patients ayant reçu au moins six délivrances remboursées d’antipaludéens de synthèse entre le 1er janvier 2019 et le 15 février 2020.

Les résultats de cette étude ne “suggèrent pas de rôle préventif de l’utilisation des antipaludéens de synthèse au long cours sur le risque de survenue d’une hospitalisation, d’une intubation ou d’un décès liés au Covid-19″, peut-on lire.

Si ces conclusions ne permettent pas de “conclure formellement à l’absence de bénéfice des antipaludéens de synthèse pour la prévention d’une forme sévère de Covid-19”, les auteurs de l’étude déconseillent l’utilisation de ces médicaments pour se protéger de la maladie.

Chloroquine et Covid-19 : trois des auteurs de l’étude de The Lancet se rétractent

Une étude publiée en mai 2020 dans la revue The Lancet s’est intéressée aux effets de l’hydroxychloroquine sur le Covid-19. Pour ce faire, les chercheurs ont suivi plus de 96.000 patients touchés par la maladie. Parmi eux, 15.000 volontaires ont été traités avec de l’hydroxychloroquine seule ou associée à l’azithromycine, comme le suggère le protocole du Professeur Raoult. Les résultats de ces patients ont ensuite été comparés à ceux de 80.000 patients n’ayant pas reçu le traitement.

“Nous n’avons observé aucun bénéfice de l’hydroxychloroquine seule ou en associatation avec l’azithromycine”, concluent les chercheurs. Les auteurs de l’étude ajoutent que ce traitement a même été associé à un risque accru d’arythmies ventriculaires et à un risque accru de décès. “Ces résultats suggèrent que ces schémas thérapeutiques ne devraient pas être utilisés en dehors des essais cliniques et qu’une confirmation urgente des essais cliniques randomisés est nécessaire”, écrivent-ils.

Des résultats qualités de “foireux” par le Professeur Didier Raoult, qui avait ensuite publié une nouvelle étude menée sur 3.737 patients traités avec l’association hydroxychloroquine-azithromycine dans son institut, l’IHU de Marseille. “Ni torsades de pointe, ni morts subites n’ont été à déplorer”, écrivait-il sur Twitter.

Nouveau rebondissement jeudi 4 juin : trois des quatre auteurs de l’étude deThe Lancet se sont rétractés jeudi. En cause ? Cette publication se basait sur des chiffres que la société américaine d’analyse de données de santé Surgisphere disait avoir collecté dans des hôpitaux du monde entier sur des dizaines de milliers de malades. Des données vraisemblablement incohérentes, qui mettent à mal les résultats de l’étude. Au regard de ces éléments “nous ne pouvons plus garantir la véracité du primaire source d’information. En raison de ce malheureux développement, les auteurs demandent que le document soit retiré”, peut-on lire dans un communiqué de The Lancet.

Covid-19 : l’hydroxychloroquine ne serait pas efficace pour prévenir la maladie

L’hydroxychloroquine, un moyen de prévention contre le Covid-19 ? C’est ce qu’affirmait Donald Trump. Une autre étude va pourtant à l’encontre de ces : prendre de l’hydroxychloroquine après avoir été exposé au coronavirus ne permet a priori pas de prévenir une infection.

Cet essai clinique a été mené aux Etats-Unis et au Canada sur 821 volontaires qui avaient été en contact avec des personnes positives au Covid-19 pendant plus de dix minutes et à une distance de deux mètres ou moins. Les participants ont reçu au hasard de l’hydroxychloroquine ou un placebo dans les jours suivant ce contact avec une personne infectée. Dans les deux semaines suivant cette exposition, ils se sont soumis à un test diagnostique du Covid-19.

Résultat : 49 des 414 patients (12 %) ayant reçu le traitement ont contracté la maladie, contre 58 des 407 volontaires (14 %) qui ont reçu le placebo. “Cet essai randomisé n’a pas démontré un bénéfice significatif de l’hydroxychloroquine comme traitement prophylactique après une exposition au Covid-19”, précisent les chercheurs.

Chloroquine et Covid-19 : les autorités sanitaires rendent des avis défavorables

L’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Haut conseil de la santé publique (HCSP) et l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) ont émis des avis défavorables quant à la prescription et à l’utilisation de ce traitement dans le cadre d’essais cliniques.

Lundi 25 mai, l’OMS a annoncé avoir suspendu, par mesure de précaution et de façon temporaire, les essais cliniques avec l’hydroxychloroquine qu’elle mène avec ses partenaires dans différents pays. De son côté, le HCSP a recommandé, mardi 26 mai, “de ne pas utiliser l’hydroxychloroquine (seule ou associée à un macrolide) dans le traitement du Covid-19”. L’ANSM a également annoncé la suspension de l’inclusion de nouveaux patients dans les 16 essais cliniques menés en France sur l’hydroxychloroquine, “dans l’attente d’une réévaluation globale du bénéfice/risque de cette molécule”.

L’Agence européenne des médicaments avait déjà alerté, le 23 avril dernier, sur les effets secondaires graves de la chloroquine. “La chloroquine et l’hydroxychloroquine sont connues pour causer potentiellement des problèmes de rythme cardiaque, et ceux-ci pourraient être exacerbés si le traitement est combiné avec d’autres médicaments, tels que l’antibiotique azithromycine, qui ont des effets similaires sur le cœur”, peut-on lire dans un communiqué.

Elle demandait donc professionnels de santé de surveiller étroitement les patients atteints de Covid-19 recevant ces traitement “et de prendre en compte les problèmes cardiaques préexistants qui peuvent rendre les patients plus sujets aux problèmes de rythme cardiaque”.

Chloroquine : le décret autorisant la prescription à l’hôpital abrogé

Le gouvernement avait autorisé la prescription de chloroquine à l’hôpital pour les patients atteints de formes graves de Covid-19, dans un décret publié le 26 mars au Journal Officiel. Ce décret a été abrogé mercredi 27 mai.

Chloroquine : comment se déroulent les essais cliniques ?

Depuis lundi 16 mars 2020, des traitements sont testés sur 3.200 patients atteints de Covid-19. Tous ont été recrutés sur la base du volontariat, et près de 800 d’entre eux sont des Français hospitalisés à Lyon, Paris, Lille, Strasbourg et Nantes. Plusieurs molécules seront testées dans le cadre de cet essai clinique de grande envergure baptisé Discovery, pour les besoins duquel les patients seront répartis de façon aléatoire en plusieurs groupes. Cinq modalités de traitements seront expérimentées :

  • soins standards (ventilation, oxygénation…)
  • soins standards + remdesivir, un médicament antiviral mis au point par le laboratoire Gilead pour lutter contre Ebola ;
  • soins standards + lopinavir, un inhibiteur de protéase utilisé comme antiviral pour le traitement de l’infection par le VIH + ritonavir, un antirétroviral également utilisé contre le VIH ;
  • soins standards + lopinavir + ritonavir + interféron beta, utilisé pour améliorer la réponse immunitaire ;
  • soins standards + hydroxychloroquine.

Les tout premiers résultats de cet essai clinique sont attendus sous deux semaines.

Plaquenil et coronavirus : que disaient les premières études ?

Avant l’étude publiée en mai 2020 dans la revue The Lancet au cours de laquelle les chercheurs n’ont observé “aucun bénéfice de l’hydroxychloroquine” chez les patients atteints de Covid-19, d’autres recherches avaient été réalisées sur ce traitement.

Une étude chinoise menée dans plus de 10 hôpitaux et parue en mars 2020 dans la revue BioScience Trends a montré que “le phosphate de chloroquine était plus efficace que le traitement reçu par le groupe comparatif pour contenir l’évolution de la pneumonie, pour améliorer l’état des poumons, pour que le patient redevienne négatif au virus et pour raccourcir la durée de la maladie”. Le gouvernement chinois a donc inscrit la chloroquine dans son arsenal thérapeutique contre l’infection.

Une autre étude chinoise menée sur 62 patients touchés par le coronavirus et parue en avril 2020 sur le site de pré-publication scientifique medRxiv s’est également intéressée aux effets de l’hydroxychloroquine sur le Covid-19. Résultat ? Après cinq jours de traitement, l’état des patients sous hydroxychloroquine s’était davantage amélioré que celui des patients du groupe de contrôle. Les chercheurs ont ainsi une amélioration de la pneumonie chez 80,6 % des patients sous hydroxychloroquine, contre contre 54,8 % pour le groupe contrôle.

Quels seraient les effets de la chloroquine sur le Covid-19 ?

Prenant exemple sur l’étude chinoise parue dans la revue BioScience Trends, une équipe française en avait réalisé une autre sur 24 patients infectés et hospitalisés à l’Institut hospitalo-universitaire de Marseille (IHU).

Dans une vidéo datée du lundi 16 mars et destinée à un public médical, le Professeur Raoult indiquait qu’ “au bout de 6 jours, il y a 90 % qui sont porteurs du virus (parmi ceux qui n’ont pas reçu d’hydroxychloroquine, NDLR) et chez ceux qui ont reçu du Plaquenil, au bout de 6 jours, il n’y a plus que 25% qui sont porteurs”. Le Professeur Raoult ajoutait que “quand on a associé l’hydroxychloroquine avec l’azithromycine (un antibiotique destiné à protéger des complications bactériennes entre autres, NDLR), on a une diminution spectaculaire du nombre de positifs. Or, tous ceux qui meurent, meurent avec le virus, donc le fait de ne plus avoir le virus, ça change le pronostic”.

Chloroquine et coronavirus : quelle posologie pendant les tests ?

Le Professeur Raoult prescrit aux patients atteints de coronavirus qu’il prend en charge 600 mg d’hydroxychloroquine par jour, sous forme de comprimés administrés en trois prise, le tout pendant dix jours, ainsi que 250 mg d’azithromycine à raison de deux fois le premier jour, puis une fois par jour pendant cinq jours.

Efficacité de la chloroquine : les résultats des tests décriés

Ces études ont cependant été décriées par certains spécialistes, car jugées trop peu détaillées : dans l’étude chinoise, on ne sait pas quel était le traitement comparatif, il n’y a pas de groupe placebo dans l’étude française, laquelle a été menée sur seulement 24 patients (ce qui est très peu). “Jamais aucun pays au monde n’a accordé une autorisation de traitement sur la base d’une étude comme celle-ci”, a souligné le ministre de la Santé Olivier Véran.

Quid de l’utilisation de la chloroquine contre le coronavirus à l’étranger ?

Fin mars, Donald Trump avait vanté les mérites de la chloroquine, qu’il décrivait comme un “don du ciel”. “Nous allons pouvoir rendre ce médicament disponible quasiment immédiatement”, avait-il déclaré. Le président des Etats-Unis avait également affirmé que ce traitement avait été approuvé par la Food and Drug Administration (FDA), qui n’est autre que l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux. Pourtant, il n’en est rien. Pourtant, l’administration qui supervise la commercialisation des médicaments n’avait pas encore validé la chloroquine, mais simplement annoncé qu’“un essai clinique étendu” était prévu.

Chloroquine : vers une pénurie à cause du coronavirus ?

La chloroquine étant parfois présentée comme un “remède miracle”, elle est déjà victime de son succès : dans certaines pharmacie, il devient de plus en plus compliqué de s’en procurer. C’est ce que dénonçaient, en mars dernier, des personnes atteintes de lupus sous Plaquenil. 5 millions de personnes à travers le monde et près de 30.000 Français sont touchés par cette maladie chronique auto-immune, qui survient lorsque le système immunitaire s’attaque aux cellules de l’organisme et les détruit. Sanofi, qui produit le Plaquenil s’était néanmoins montré rassurant dans les colonnes du Parisien : “Il n’y a pas de rupture d’approvisionnement pour ce traitement. Des stocks sont fabriqués et ils vont arriver dans les jours qui viennent”.

La chloroquine interagit-elle avec d’autres médicaments ?

Des interactions médicamenteuses existent avec les traitements utilisés chez les patients en réanimation, ce qui empêche de fait de l’utiliser dans les cas les plus graves (dans l’état actuel des connaissances). Parmi les médicaments avec lesquels la chloroquine interagit on retrouve :

  • les médicaments qui contiennent du citalopram et l’escitalopram, qui sont des antidépresseurs, mais aussi de la dompéridone, qui possède des propriétés antiémétiques ;
  • l’ampicilline, un antibiotique à spectre large dont les niveaux peuvent être réduits par la chloroquine ;
  • les antiacides, des substances qui limitent la production d’acide gastrique dans l’estomac et qui peuvent également diminuer l’absorption de la chloroquine ;
  • la cimétidine, un antihistaminique qui peut inhiber le métabolisme de la chloroquine ;
  • la cyclosporine, un agent immunosuppresseur dont la chloroquine peut accroître le taux ;
  • les hormones thyroïdiennes, qui entraînent un risque d’hypothyroïdie si elles sont associées à la chloroquine.

Chloroquine : quelles sont les contre-indications ?

Le Réseau français des centres régionaux de pharmacovigilance (RFCRPV) explique que “la chloroquine est contre-indiquée ou fortement déconseillée en cas de : diabète, d’épilepsie, de maladies cardiaques (insuffisance cardiaque, infarctus, arythmie, allongement congénital du QTc), de maladie de Parkinson, de porphyrie, de déficit en G6PD, de rétinopathie (ou autre maladie chronique de l’œil), de troubles de la kaliémie ou de la magnésémie.” De plus, elle “ne doit pas être utilisée pendant la grossesse (ni l’allaitement, NDLR) sans avis médical”. Mais ce n’est pas tout : le médicament ne doit pas non plus être utilisé dans les cas suivant :

  • allergie au blé autre que la maladie cœliaque, car le comprimé contient des traces d’amidon de blé ;
  • maladie de la rétine, sauf en cas de traitement d’urgence du paludisme ;
  • allaitement, car le médicament passe dans le lait maternel, il est déconseillé à titre préventif.

Quels sont les effets indésirables de la chloroquine ?

Si l’utilisation de la chloroquine a grande échelle contre le coronavirus est décriée par certains spécialistes, c’est notamment parce qu’elle présente un certain nombre d’effets secondaires, comme l’indique le RFCRPV : “la chloroquine présente des effets indésirables bien identifiés et s’avère hautement toxique en cas de surdosage (particulièrement chez les enfants). De plus, la dose toxique peut être atteinte rapidement”, indique le Réseau français des centres régionaux de pharmacovigilance (RFCRPV). Parmi les effets secondaires on retrouve :

  • des troubles digestifs avec nausées, vomissements et diarrhées ;
  • des éruptions cutanées et des prurits ;
  • des troubles cardiaques comme une cardiomyopathie, troubles de la conduction et du rythme cardiaque ;
  • des affections hématologiques comme une anémie hémolytique ;
  • des troubles psychiatriques comme des insomnies, une anxiété, une dépression, une confusion, ou encore des hallucinations ;
  • des céphalées, étourdissements, convulsions ;
  • des effets oculaires comme une vision floue. “D’exceptionnels cas de rétinopathies liées à l’accumulation de la molécule et pouvant conduire à des lésions irréversibles de la macula, ont été décrits chez des patients recevant un traitement au long cours. Des cas de maculopathie et dégénérescence maculaire pouvant être irréversibles ont été rapportées”, précise également le RFCRPV ;
  • des affections hépatobiliaires, comme une élévations des enzymes hépatiques ou des hépatites.

Chloroquine : des cas de toxicité cardiaque recensés

L’Agence régionale de santé (ARS) a signalé des cas de toxicité cardiaque sur des patients présentant des symptômes de Covid-19 et ayant pris du Plaquenil (hydroxychloroquine) en automédication. Certains de ces cas ont nécessité une hospitalisation en réanimation. “Face à ce constat, l’ARS Nouvelle-Aquitaine alerte sur les dangers de l’hydroxychloroquine qui ne doit en aucun cas être prise en automédication”, peut-on lire dans un communiqué.

Sources : l’AFP, le Quotidien du médecin, le Quotidien du Pharmacien, Vidal, le Réseau français des centres régionaux de pharmacovigilance.

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