Face à la hausse des contaminations, un confinement partiel est instauré à Nice et dans toutes les communes du littoral des Alpes-Maritimes pour les deux prochains week-ends. Cette mesure peut-elle être efficace pour limiter la propagation du Sars-CoV-2 ? On fait le point.

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La Covid-19 ne se propage pas de la même manière sur tous les territoires. Depuis le début du mois de février, le département des Alpes-Maritimes est fortement impacté par la circulation du virus. Selon l’Agence Régionale de Santé (ARS) de la région Provence-Alpes-Côtes d’Azur (PACA), le taux d’incidence est de 577 nouveaux cas pour 100.000 habitants dans ce département. Le 17 février, la métropole de Nice a comptabilisé 751 nouveaux cas pour 100.000 habitants alors que la moyenne nationale est estimée à 190 cas.

Lors de sa conférence de presse hebdomadaire le jeudi 18 février, Olivier Véran avait évoqué la “situation particulièrement inquiétante” du département des Alpes-Maritimes. À la demande du ministre de la Santé, la préfecture des Alpes-Maritimes avait organisé une réunion avec ses élus pour décider des nouvelles mesures sanitaires. Ce lundi 22 février, le préfet Bernard Gonzales a annoncé l’instauration d’un confinement partiel pendant les deux prochains week-ends. Cette nouvelle mesure concerne la ville de Nice et toutes les communes du littoral des Alpes-Maritimes de Menton à Théoule-sur-Mer.

Alpes-Maritimes : quelles sont les nouvelles mesures mises en place ?

Le confinement partiel débutera ce vendredi 26 février à 18 heures et il se terminera le lundi 1er mars à 6h. Les déplacements seront donc interdits pendant ces deux jours. Une attestation sera obligatoire pour faire ses courses et se rendre à des rendez-vous médicaux. Les balades d’une heure seront autorisées, mais elles seront limitées à un rayon de 5km autour du domicile.

Lors de sa conférence de presse, Bernard Gonzales a également indiqué que le port du masque est désormais obligatoire dans toutes les zones à forte fréquentation. Les commerces et les centres commerciaux de plus de 5.000 mètres carré devront également fermer leurs portes dès le mardi 23 février. Les pharmacies et les commerces alimentaires pourront rester ouverts et réaliser des livraisons à domicile ainsi que des click and collect.

Je me satisfais de l’annonce par le préfet – des Alpes-Maritimes- de ces nouvelles mesures notamment de confinement que j’avais réclamées et discutées avec Olivier Véran lors de notre entretien samedi en mairie. Tout doit être fait pour protéger les habitants de Nice et de notre département“, a déclaré Christian Estrosi, le maire républicain (LR) de Nice sur Twitter.

Ces nouvelles mesures ne font cependant pas l’unanimité auprès tous les élus locaux. Jean Leonetti, maire LR d’Antibes, a qualifié le confinement partiel d'”inutile sanitairement et pénalisant“. “Ce ne sont pas deux week-ends de confinement qui vont freiner la pandémie. C’est encore un choix intermédiaire qui va donner un résultat intermédiaire… La population en a marre du stop-and-go. Le prochain coup, c’est quoi ?”, a indiqué l’édile au Monde. Selon Jean Leonetti, un confinement strict accompagné d’une campagne massive de vaccination aurait été une bonne solution.

Confinements locaux : ces mesures ont-elles été adoptées à l’étranger ?

Un confinement local est une grande première pour la métropole. Avant l’annonce du confinement partiel dans les Alpes-Maritimes, seulement deux départements d’Outre-Mer avaient expérimenté cette mesure. Le 5 février dernier, Mayotte a instauré un confinement local pour une durée minimum de trois semaines afin de limiter la propagation des variants britannique et sud-africain.

Plusieurs pays ont déjà essayé la stratégie du confinement local. Début mars 2020, l’Italie avait mis sous cloche la Lombardie pour réduire les contaminations de coronavirus. Un confinement national a cependant été instauré quelques semaines plus tard. L’Allemagne, l’Espagne et le Royaume-Uni ont également expérimenté les confinements locaux, mais tous les gouvernements ont ensuite remis en place des confinements nationaux.

Dès le début de la crise sanitaire, la Nouvelle-Zélande a adopté la stratégie du “zéro Covid” en fermant les frontières, les écoles, les entreprises et les commerces non-essentiels. Le but de cette manœuvre ? Anticiper l’évolution de l’épidémie. Aucun nouveau cas de Covid-19 n’a été comptabilisé de mai à août 2020 dans le pays. Un nouveau foyer de contamination est cependant apparu à Auckland en août 2020. L’exécutif a donc reconfiné la ville pendant trois semaines jusqu’à début septembre.

En février 2021, trois nouveaux cas de Covid-19 ont de nouveau été recensés à Auckland. Les autorités néo-zélandaises ont donc placé la ville sous quarantaine. Trois jours plus tard, le confinement local a été levé, car les patients infectés ont été testés négatifs au virus. Pour l’heure, aucune nouvelle contamination n’a été enregistrée.

Un confinement local peut-il être plus efficace ?

Depuis le début de la crise sanitaire, les Alpes-Maritimes sont particulièrement touchés par le virus. L’avancement du couvre-feu à 18 heures avait été mis en place dès le 2 janvier dans ce département, soit quinze jours avant son instauration sur l’ensemble du territoire. Un confinement local sera-t-il donc plus efficace pour limiter les contaminations ?

D’après Michaël Rochoy, membre du collectif “Du côté de la science”, un confinement local peut être “justifié et pertinent”. “Ce type de confinement peut même être très local. Dans un département, voire dans un canton ou une commune. Ensuite, on peut se baser sur des tests salivaires à l’aveugle dans certains secteurs pour ajuster les mesures”, a-t-il précisé à nos confrères de 20 Minutes. Le spécialiste a cependant indiqué que cette solution serait moins efficace qu’un confinement généralisé.

Lors d’une interview accordée au Parisien, Mircea Sofonea, maître de conférences en épidémiologie à l’Université de Montpellier, a déclaré que l’efficacité d’un confinement local “serait comparable à nos confinements nationaux“. Pour Catherine Hill, épidémiologiste, ce type de mesure n’est efficace qu’à une seule condition : “On confine les endroits où il y a du virus, on teste tout le monde. On isole les gens contagieux et ensuite le virus ne circule plus“, a-t-elle expliqué à LCI.

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