Combiner deux doses de vaccins différents pour faire face aux tensions en matière d’approvisionnement et pourquoi pas obtenir une meilleure réponse immunitaire. C’est l’idée de l’université d’Oxford, qui a annoncé le lancement d’une grande étude sur la question.

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En France, le manque de doses de vaccins contre la Covid-19 inquiète. A cause de retards d’approvisionnements, certains rendez-vous de vaccination ont même été repoussés. Pour remédier à cette tension et éviter une potentielle pénurie, des chercheurs britanniques ont peut-être trouvé la parade : combiner deux doses de vaccins différents. Jeudi 4 février, l’université d’Oxford (Royaume-Uni) a ainsi annoncé le lancement d’une étude pour déterminer si l’association de deux doses de vaccins différents pouvait être efficace pour protéger les patients de la Covid-19.

Vaccins contre la Covid-19 : différentes combinaisons testées dans une étude

Cette étude, qui est une première mondiale, fera appel à 820 volontaires de plus de 50 ans. Elle a pour objectif de vérifier l’efficacité de plusieurs combinaisons de vaccins, avec des doses injectées à des intervalles différents. Les chercheurs testeront par exemple l’effet d’une dose du vaccin Pfizer/BioNTech injectée 28 jours après l’injection d’une première dose du vaccin Oxford/AstraZeneca.

Ces recherches ont notamment pour objectif de pallier aux problèmes d’approvisionnement. Ces données pourraient ainsi “soutenir un programme de vaccination plus souple, si nécessaire”, explique le professeur Jonathan Van-Tam, qui participe aux recherches.

Mais ce n’est pas tout : les chercheurs espèrent également que ces combinaisons permettront de renforcer l’efficacité des vaccins. Il est “possible qu’en combinant des vaccins, la réponse immunitaire puisse être renforcée, donnant des niveaux d’anticorps encore plus élevés qui durent plus longtemps”, suggère le professeur Jonathan Van-Tam.

Combiner deux vaccins différents pour une meilleure réponse immunitaire ?

Pour rappel, l’efficacité du vaccin Pfizer est de 95% après deux doses, et celle du vaccin Oxford/AstraZeneca est de 60 à 70% après deux injections. Malgré un taux d’efficacité différent, tous deux protègeraient néanmoins des formes très graves de la Covid-19, selon les données des essais cliniques. Ils ont également un autre point commun : ils ciblent la protéine Spike du virus, qui constitue la porte d’entrée du Sars-CoV-2 dans l’organisme et qui lui permet de se fixer aux cellules.

Ces deux vaccins utilisent néanmoins des technologies différentes. Le vaccin AstraZeneca est “à vecteur viral”, ce qui signifie qu’il utilise un virus non pathogène pour déclencher une réponse immunitaire. Il s’agit là d’un adénovirus atténué du chimpanzé. Le vaccin Pfizer utilise quant à lui la technologie de l’ARN messager. Elle ne consiste pas à injecter un virus inactivé mais a pour objectif de faire produire par l’organisme les fragments d’agents infectieux qui déclenchent la réponse immunitaire.

“Si nous montrons que ces vaccins peuvent être utilisés de manière interchangeable dans le même calendrier, cela augmentera considérablement la flexibilité de la distribution des vaccins et pourrait fournir des indices sur la manière d’accroître l’étendue de la protection contre les nouvelles souches de virus”, conclut le professeur Matthew Snape, qui participe également à l’étude.

Ces recherches dureront 13 mois au total, mais les premiers résultats devraient être dévoilés dès cet été.

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