Pour rendre sa maison plus économe en énergie, il faut l’isoler. Le challenge : trouver un matériau efficace, écologique et pas trop cher.

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Isoler son logement permet de faire baisser la facture énergétique et de gagner en confort. On commence par la toiture, en soufflant dans les combles perdus un isolant en flocons (15 à 25€/m2). Dans les combles aménageables, on place un isolant en panneau ou en rouleau sous les rampants (35 à 75€/m2). Pour calfeutrer les murs, deux solutions : l’isolation par l’intérieur (60 à 80€/m2) ou par l’extérieur (150 à 200€/m2).

La laine minérale, sur la bonne voie

Les fabricants de laine minérale ont des efforts pour diminuer leur impact environnemental : moins d’eau consommée, usines implantées en France, filières de recyclage… Pour leur laine de verre, produite avec du sable et du verre recyclé, les marques Isover et Knauf Insulation utilisent un liant d’origine végétale à base de sucre, huile et amidon. La laine de roche, elle, est composée de matières minérales (basalte, dolomite…). Ces isolants sont étiquetés A+ – ils émettent très peu de substances toxiques dans nos maisons – et sont donc sans danger.

A savoir. Leur fabrication reste hautement énergivore (le verre et la roche sont fondus à 1500°C) et polluante (rejets dans l’atmosphère et dans l’eau).

La deuxième vie du papier journal

Recyclés, triés puis broyés en France, nos vieux journaux se transforment en un isolant performant, la ouate de cellulose. À peine plus chère que la laine de verre, elle se distingue par sa bonne capacité de déphasage thermique. En clair, elle garde la maison plus fraîche l’été. Les flocons servent à isoler les combles perdus ; ils peuvent aussi être projetés sur les murs, mélangés avec un peu d’eau.

A savoir. Pour résister au feu, aux moisissures et aux rongeurs, la ouate de cellulose contient 15% de sel de bore, un additif toxique s’il est inhalé ou ingéré en grande quantité. Ce qui, heureusement, n’est pas le cas quand on isole !

Nos jeans se recyclent

La laine de coton est fabriquée à partir de tissus neufs non utilisés par l’industrie textile. Elle est aussi issue du recyclage des vêtements collectés dans les conteneurs du Relais, non réutilisables en l’état (isolant “Métisse”). D’un prix abordable, elle est principalement composée de jeans lessivés puis effilochés, d’où sa couleur bleu marine. Fabriquée en France, elle n’émet aucun COV. Ses atouts ? D’excellentes performances acoustiques et thermiques ainsi qu’une bonne capacité à absorber l’humidité ambiante.

A savoir. La laine de coton n’est pas 100% biosourcée. Pour fabriquer panneaux et rouleaux, il faut un liant polyester (15% du produit fini). Et la laine subit des traitements chimiques pour résister au feu, aux parasites et aux moisissures.

Le bois superstar

Issue de forêts locales gérées durablement, la fibre de bois se présente en flocons ou en panneaux plus ou moins souples. Respirante, elle régule l’humidité de l’air ambiant.

A savoir. Le procédé de défibrage des copeaux de bois est gourmand en électricité. Et la conception des panneaux nécessite des liants et des adjuvants chimiques, même si certains fabricants utilisent des substituts naturels comme l’amidon de maïs.

De l’air, de l’air !

Isolant synthétique issu de la pétrochimie, le polystyrène expansé n’a a priori pas grand-chose d’écolo. Pourtant, il est plébiscité pour son prix attractif et ses bonnes performances, notamment en isolation par l’extérieur. Et à y regarder de plus près, il n’est pas si terrible que ça : composé à 98% d’air, il n’a besoin que de vapeur d’eau pour sa fabrication. Et il est recyclable.

Et les matériaux alternatifs ?

Laine de chanvre ou de mouton, panneaux de paille compressée, liège expansé… Ces isolants séduisent les adeptes de l’éco-rénovation, malgré leurs prix deux à quatre fois plus élevés que celui de la laine de verre. Vérifiez leur composition, certains ne sont pas 100% naturels (ajout de polyester, d’insecticide, etc.). Choisissez de préférence un isolant certifié par un organisme indépendant comme l’Acermi (acermi.com) et justifiant d’un avis technique (liste sur evaluation.cstb.fr).

Déperdition énergétique : les chiffres

30% des déperditions se font par le toit. L’isolation des combles est donc une priorité.
25% des fuites passent par les murs.
20% des pertes énergétiques sont causées par la cheminée (foyer ouvert) et par le système de ventilation.
Les fenêtres et la porte d’entrée sont la source de 15% des fuites.
Le plancher représente 7% des déperditions.

Des aides pour financer les travaux

Les travaux d’isolation sont éligibles à des aides financières cumulables. Les conditions ? L’isolant mis en œuvre doit avoir des performances minimales, et il faut recourir à un artisan labellisé RGE (reconnu garant de l’environnement). Plus d’infos sur Faire.gouv.fr

MaPrimeRénov’

Versée par l’Etat à la fin des travaux, cette prime va de 15€/m2 à 100€/m2 selon la nature des travaux et les ressources du foyer. Jusqu’alors destinée aux ménages modestes, elle sera accessible à tous dès 2021. Demande en ligne sur maprimerenov.gouv.fr

Les Primes énergie

Aussi appelées Certificats d’économie d’énergie (CEE), elles sont versées par les distributeurs d’énergie comme EDF ou Total sans condition de revenus. Attention, il faut faire la demande avant d’engager les travaux (sur primesenergie.fr ou autre).

La TVA réduite

La TVA passe à 5,5% (au lieu de 10%) quand il s’agit de travaux d’amélioration énergétique.

L’Éco-Prêt à Taux Zéro

Ce crédit bancaire est accordé aux propriétaires pour des travaux d’économie d’énergie dans leur résidence principale.

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