L’autophobie désigne la peur irrationnelle de la solitude. On fait le point sur cette phobie et sur les différentes thérapies possibles.

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Qu’est-ce que l’autophobie ?

Petit point étymologie. Le mot ” autophobie ” dérive du grec ancien ” auto ” (qui signifie ” soi-même “) et ” phobos ” (qui signifie ” peur irrationnelle “) : l’autophobie désigne ainsi la peur irrationnelle d’être seul(e), une anxiété intense vis-à-vis de la solitude. Rien à voir, donc, avec l’amaxophobie (du grec ancien ” amaxa ” pour ” chariot “) qui désigne la peur de conduire !

L’autophobie est un motif de consultation assez rare : en près de 40 ans de pratique, je n’avais d’ailleurs jamais entendu ce mot ! ” souligne le Dr. Monique Rey, médecin psychiatre. ” On peut néanmoins être amené à travailler sur l’angoisse vis-à-vis de la solitude dans le cadre d’autres troubles et pathologies.

Le médecin psychiatre distingue deux causes pouvant être à l’origine d’une peur irrationnelle de la solitude :

  • Le trouble anxieux : la personne craint qu’il lui arrive ” quelque chose ” si elle est seule : cela concerne notamment les personnes qui font des attaques de panique, les émétophobes (qui craignent de vomir au point d’en mourir) ou encore les personnalités borderline qui, lorsqu’elles sont seules, peuvent éprouver un sentiment de vide très important – le risque d’auto-mutilation, de suicide… est alors élevé ” explique la spécialiste.
  • Le trouble de la personnalité : l’anxiété vis-à-vis de la solitude peut alors être perçue comme un problème existentiel : la personne ne supporte pas d’être seule parce qu’elle a la sensation d’avoir besoin d’être protégée, par exemple ” développe le Dr. Monique Rey.

Autophobie : comment se manifeste-t-elle ? Il existe bien sûr différents degrés dans l’autophobie. Confrontée à la solitude, la personne souffrant d’autophobie peut éprouver des émotions négatives (colère, tristesse, culpabilité…), développer des symptômes physiques (des troubles digestifs comme des nausées, de la constipation, de la diarrhée, des vomissements…, des palpitations cardiaques, des tremblements…) ou encore des symptômes dépressifs (perte de motivation, fatigue persistante, troubles du sommeil…). Elle pourra aussi éprouver une envie irrépressible d’aller rejoindre des gens pour fuir la solitude.

Autophobie : comment est-elle prise en charge ?

  • La thérapie cognitive et comportementale (TCC)

La thérapie cognitive et comportementale (TCC) est une thérapie brève qui vise à travailler sur deux éléments : le sens donné aux choses par le patient (c’est la partie cognitive) et son comportement face aux choses en question (c’est la partie comportementale).

Grâce à la thérapie cognitive et comportementale (TCC), on amène le patient à identifier les croyances qui sont à l’origine de sa phobie. Par exemple : ” je n’y arriverai pas seul(e) “, ” tout(e) seul(e), je ne vaux rien “, ” quand je suis seul(e) je n’existe pas “, ” quand je suis seul(e) je ne suis pas en sécurité “… ” explique le Dr. Monique Rey. L’objectif : savoir reconnaître ces ” pensées automatiques ” lorsqu’elles surviennent pour (à la longue) être en capacité de ne plus les écouter.

La démarche TCC commence par une phase d’auto-observation, que l’on appelle aussi ” analyse fonctionnelle “, développe le médecin psychiatre. Très concrètement, en cas d’anxiété intense, on demande au patient de décrire (par écrit) la situation, de noter les émotions qu’il ressent et d’identifier les pensées qu’il a (c’est-à-dire : ce qu’il se raconte sur la situation). Cet exercice permet de repérer les situations déclenchantes et de mettre des mots sur les pensées automatiques qui nourrissent la phobie ainsi que sur les émotions qu’elles génèrent.

À savoir. Face à une peur irrationnelle de la solitude, d’autres thérapies brèves peuvent également aider. C’est notamment le cas de l’hypnose (hypnose ericksonienne ou humaniste, entre autres) qui aide le patient autophobe à mieux vivre le fait d’être seul

Et aussi… La thérapie cognitive et comportementale (TCC) n’a pas pour objectif de remonter aux causes profondes de l’autophobie. Pour cela, il faut se tourner vers la psychanalyse qui pourra notamment explorer l’enfance du patient, ses relations avec ses parents, ses traumatismes infantiles…

Merci au Dr. Monique Rey, médecin psychiatre et spécialiste des TOC à la clinique Lyon Lumière (69).

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