Reconnu comme l’un des plus grands artistes contemporains français, Christian Boltanski est décédé ce mercredi 14 juillet, à l’âge de 76 ans. Celui qui était à la fois sculpteur, photographe et cinéaste aura marqué à jamais le grand public par ses installations mêlant à la fois angoisses, souvenirs et émotions.

“Un très grand artiste et un homme tellement attachant”, tels sont les mots de Pierre Lescure sur Twitter à l’annonce du décès de Christian Boltanski. Le président du Festival de Cannes, comme des millions d’autres Français férus d’art contemporain, n’a pu cacher son émotion en apprenant la disparition de l’un de ses plus grands représentants. Christian Boltanski s’est éteint ce mercredi 14 juillet à l’âge de 76 ans des suites d’un cancer, nous apprend FranceInfo. Photographe, sculpteur et cinéaste, il était connu pour ses installations composées de matériaux puisés dans son quotidien (photographies, cartons, objets trouvés, vêtements, etc.). L’artiste avait marqué le monde de l’art contemporain en 2010 lors de l’exposition Monumenta au Grand Palais avec sa spectaculaire installation Personnes, faite de 50 tonnes de vêtements.

Un autodidacte

Né en 1944, sous l’Occupation, alors que son père, un médecin juif, vivait caché sous le plancher de l’appartement familial, Christian Boltanski a débuté son œuvre dans les années 1960 en réalisant des peintures et des films inquiétants, avant de matérialiser son obsession pour la mémoire et la mort – à moins que ce ne soit pour l’oubli et la vie – dans des photographies, des objets et des installations, tour à tour monumentales ou dérisoires. Boltanski était un autodidacte. “J’ai quitté l’école vers 13 ans, je ne savais pas écrire. Un jour mon frère me voit dessiner et me dit : ‘C’est bien ce que tu fais’. C’est comme cela que tout a démarré”, expliquait-il il y a quelques années. “La beauté de la peinture par rapport aux mots c’est qu’il y a une ambiguïté très grande. On peint un chapeau mais ça peut être aussi un chameau. Chacun peut voir le tableau comme il veut le voir en fonction de son propre désir, son propre vécu. Les mots de la littérature sont parfois trop précis. La beauté de l’art est dans cette imprécision” : tels étaient ses mots pour expliquer son art. Avec la mort de Boltanski, c’est tout un pan de l’art contemporain qui est en deuil.

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