INTERVIEW EXCLUSIVE – Johan Ledoux, 44 ans, est l’un des acheteurs d’Affaire conclue, sur France 2. Il a accordé une interview à Femme Actuelle dans laquelle il revient sur son parcours, son métier de rockeur du groupe Blankass et sur sa passion pour la brocante. Le profil d’un acheteur atypique.

  • Sophie Davant
  • Julien Cohen

Johan Ledoux, 44 ans, est l’une des dernières recrues d’Affaire conclue sur France 2. Un visage qui ne vous est pas complètement inconnu puisqu’il fait partie du groupe de rock Blankass, qu’il a cofondé avec son frère Guillaume, dans les années 90. Il a confié à Femme Actuelle comment il s’est retrouvé dans une émission de ventes aux enchères et comment il gère cette double activité.

Femme Actuelle : Parmi les acheteurs d’Affaire conclue, vous étiez déjà célèbre avant d’intégrer l’émission. Comment passe-t-on d’une salle de concert à une salle des ventes ?
Johan Ledoux :
Ce n’est pas un passage radical à autre chose. Je suis toujours en activité avec mon groupe Blankass, malgré les conditions sanitaires actuelles. On avait une tournée qui devait démarrer le 14 mars, la semaine du confinement. Ça m’a laissé du temps pour pouvoir m’occuper et assouvir ma passion pour les antiquités que j’ai depuis tout jeune. C’était l’occasion de relier les deux univers, le monde de la télé et ma passion pour les antiquités.

D’où vous vient cette passion pour la brocante ?
J. L. :
J’ai 48 ans depuis le 29 octobre. Je suis un chineur compulsif depuis que j’ai 16/18 ans. J’ai toujours été chiner les week-ends sur les brocantes et les vide-greniers de ma région. J’ai compris, depuis peu de temps, d’où me vient cette passion pour les objets d’art et l’Histoire de l’Art. Mon père, qui m’a également appris à jouer de la guitare, était aussi un chineur. Je me souviens, quand on était jeune avec mon frère Guillaume, de l’avoir vu déballer des vieux meubles sur les brocantes. Passionné d’histoire et d’archéologie, il nous emmenait quand nous étions gamins sur des chantiers archéologiques, dans la région du Berry, d’où nous sommes originaires. J’en ai fait un vrai hobby.

Comment avez-vous été recruté dans l’émission Affaire conclue ?
J. L. :
Il m’arrive souvent d’aller à Drouot à Paris et d’y traîner une grosse partie de la journée. Il règne une ambiance très particulière et assez magique. J’y ai croisé un jour Harold Hessel qui est un des experts de l’émission avec qui j’ai sympathisé. C’est sur ses conseils que j’ai contacté Thomas Burnichon et Vincent Clément, qui sont les producteurs de l’émission.

Qu’est-ce qui les a poussés à vous intégrer dans le programme ?
J. L. :
Ils ont découvert que j’étais un chineur, collectionneur compulsif, en plus d’être un rockeur d’un groupe qu’ils connaissaient très bien d’ailleurs. Ils m’ont proposé d’intégrer l’équipe des acheteurs grâce à mon profil un peu atypique.

Vous connaissez donc bien l’émission avant d’y participer ?
J. L. :
Je la regarde souvent. Les expertises sont très complètes, on apprend des tas de choses sur les objets et leurs histoires. Et il y a un côté très convivial, très populaire, très familial où l’on va à la rencontre des gens. Il y a quelque chose de très humain là dedans.

Quels sont vos liens avec les différents acheteurs ?
J. L. :
J’ai une certaine complicité avec Julien Cohen. On a un peu le même humour. C’est important de rendre les transactions moins solennelles pour les vendeurs. On ne se connaissait pas, on s’est un peu trouvés. On est partis chiner ensemble un week-end sur une petite brocante à Sancerre. C’était très sympa.

“Entre acheteurs, on n’est pas tous copains”

Et par rapport aux autres acheteurs ?
J. L. :
Je m’entends bien aussi avec Diane Chatelet et Anne-Catherine Verwaerde. Elles sont toutes les deux des entrepreneuses très indépendantes et autonomes. Elles sont toujours très sympas et bienveillantes avec les gens. C’est quelque chose qu’on retrouve de manière générale chez les autres acheteurs. Il y a une bonne équipe, avec une ambiance assez bande de potes, même si on n’est pas tous copains entre nous.

Quelles sont vos relations avec Sophie Davant ?
J. L. :
Je l’ai rencontrée pour la première fois sur le plateau de l’émission quand je suis arrivé en février dernier. Nos relations sont très cordiales. Sophie Davant est une grande professionnelle de la télévision. On se voit surtout en début de journée, où tout le monde se croise et se dit bonjour autour d’un café, et au moment de la pause déjeuner.

Que faites-vous des objets que vous achetez au cours des émissions ?
J. L. :
La plupart du temps, ce sont des objets que je garde à la maison. Ma femme Emmanuelle commence à me demander si je vais me décider un jour à faire de la place ou à déstocker. C’est vraiment maladif chez moi d’apporter des objets à la maison, d’accrocher des tableaux sur les murs, de mettre une statue quelque part, des livres anciens, des dessins, des photos anciennes…

En donnez-vous parfois ?
J.L. :
Nous vivons dans une maison remplie d’objets, dans le Berry. Tout son contenu a été entièrement chiné. J’ai vraiment du mal à me séparer des objets que j’ai achetés, parce que, si je l’ai fait, c’est que j’ai eu un coup de cœur. Il m’est arrivé d’en offrir à des amis et à ma famille. J’ai revendu un tableau un jour car un ami avait vraiment flashé dessus. Je ne fais pas le métier d’antiquaire ou de brocanteur. Je suis plutôt un collectionneur.

Avez-vous eu un coup de cœur pour un objet qui vous est passé sous le nez ?
J. L. :
Oui, plusieurs même. Par exemple, sur une des premières émissions, moi qui suis un passionné d’histoire médiévale, un vendeur est venu avec un heaume, une sorte de casque de chevalier, que Harold avait daté du 16e au 17e siècle. C’est une pièce qu’on rêve de trouver quand on aime l’archéologie. J’ai essayé jusqu’au bout de m’accrocher et de l’acheter mais Julien Cohen a dégainé une foudre d’enchères avec un pouvoir d’achat que je n’ai pas en tant qu’artiste musicien. J’ai dû m’incliner. C’était pourtant un vrai coup de cœur.

Comment faites-vous pour concilier votre double activité de membre d’un groupe de rock et d’acheteur à Affaire Conclue ?
J. L. :
Cette année, malheureusement, nous avons fait très peu de tournées. On avait sorti un nouvel album, en janvier, intitulé C’est quoi ton nom ? avec lequel on devait partir en tournée à partir du 14 mars. Tout a été annulé : 25 concerts, les festivals d’été… Ça a été une année sans au niveau des concerts, ce qui m’a permis de pouvoir assurer ma présence régulière sur l’émission.

“J’ai rencontré ma femme Emmanuelle grâce à la musique”

Que pense votre épouse de votre double activité ?
J. L. :
Ma femme Emmanuelle a une approche très naturelle et professionnelle de tout ça parce qu’elle est elle-même attachée de presse. Elle connaît bien ce genre d’activité et le milieu musical. On s’est rencontré grâce à nos métiers et à la musique. Aujourd’hui, elle est attachée de presse indépendante. Elle travaille pour notre groupe et aussi pour d’autres artistes et sociétés. Pour elle, pas de surprise, c’est son univers. On fait beaucoup de choses ensemble.

Avez-vous des enfants ?
J. L. :
Oui, deux grands garçons. Un de 24 ans et un autre qui va avoir 20 ans au mois de janvier prochain. Ils sont tous les deux dans le monde de la musique.

Travaillez-vous ensemble ou ont-ils leur propre univers ?
J. L. :
Victor, le plus jeune, a déjà travaillé avec moi sur une chanson pour Blankass. Il fait de la musique, de son côté, avec son acolyte Mathis. On leur a fait un petit studio dans la maison. Ils sont dans une forme d’activité musicale qu’on appelle topliner ou beatmaker dans la musique urbaine. Ils sont sans arrêt en train de chercher des mélodies, des rythmes et d’écrire des textes pour composer et enregistrer des chansons. On échange beaucoup d’idées sur la direction musicale. C’est très chouette de pouvoir partager ça avec ses enfants.

Et votre fils aîné ?
J. L. :
Lucas est directeur artistique d’un label spécialiste du digital qui s’appelle Believe, le gros label du digital en France. Il est chef de projet et directeur artistique, spécialiste de la musique urbaine.

Que pense votre frère Guillaume de votre participation à Affaire conclue ?
J. L. :
Ça le fait beaucoup rire ! Quand je lui ai dit qu’on me proposait d’intégrer l’équipe, il m’a encouragé à le faire, sans aucune hésitation. Pour lui, c’est très cohérent que je me retrouve dans Affaire conclue. C’est le lien entre ma profession et ma passion.

“Bono et The Edge de U2 nous ont proposé d’aller à Dublin pour enregistrer dans leur studio”

Quel souvenir gardez-vous d’avoir fait la première partie de U2, au Printemps de Bourges, en 1983, à seulement 11 ans, avec votre groupe Zéro de conduite ?
J. L. :
À l’époque, on ne les connaissait pas. Ce soir-là, on venait surtout pour rencontrer un groupe américain qu’on aimait beaucoup, The Gun club, avec qui on avait réussi à sympathiser. Il se trouve qu’ils faisaient la première partie de U2 ce soir-là, au Printemps de Bourges. Ils avaient menacé le festival de ne pas jouer si notre groupe Zéro de conduite ne passait pas avant eux. Pendant notre prestation, il y avait deux gars qui nous regardaient sur le côté de la scène. C’était Bono et The Edge de U2. Ils nous ont proposé d’aller à Dublin pour enregistrer dans leur studio. On a refusé. Ça fait partie d’un des regrets qu’on a eu avec mon frère : ne pas avoir noté le numéro de téléphone de Bono !

Auriez-vous pu participer à une émission culinaire, vous qui êtes amateur de cuisine et de pâtisseries ?
J. L. :
Avec mon frère, nous avons une passion pour la gastronomie depuis qu’on est tout jeune. Aujourd’hui, les programmes culinaires ont une forme de télé-réalité dans laquelle il y a un challenge très axé sur le temps. Il faut tout le temps être en train de courir, de suer, de se faire gronder par le chef… Je ne sais pas si cela me conviendrait.

Et si cela se passe dans le cadre d’une émission comme, par exemple, Le Meilleur pâtissier spécial célébrités ?
J. L. :
Peut-être, mais je ne pense pas être une célébrité assez reconnue pour participer à ça. En tout cas, j’aurais le plaisir de croiser notre copine Julia Vignali qui présente cette émission. C’est la femme de notre copain Kad Merad qu’on connaît depuis tant d’années avec qui on a fait plein de trucs. Ceci dit la cuisine, c’est plus l’idée de préparer de bons dîners pour la famille ou les copains. Je fais à manger midi et soir. C’est vraiment un truc que j’adore faire. Aussi, si un jour on me propose de participer à une émission de ce genre, je pourrais tenter le coup pour rigoler.

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