La fille de Daniel Balavoine publie Les Lions endormis, une bande dessinée inspirée de son propre combat contre son addiction à la cocaïne.

Joana Balavoine porte un nom qui parle à beaucoup, mais on ne la connaît pas. Elle prend aujourd’hui le risque de raconter, en livrant les détails les plus intimes, sa bataille contre la drogue. C’est en bande dessinée, dans Les Lions endormis, avec Sylvie Gaillard au scénario et Fanny Montgermont au dessin(1).

“Raconter le côté laid”

Le trait est doux, les couleurs pastel, mais l’histoire très dure : celle du cercle infernal de la dépendance à la cocaïne qu’a connue la jeune femme, aujourd’hui âgée de 35 ans. «Je me drogue (…). Mon corps est rempli de drogue», avoue la protagoniste. L’incapacité à vivre un quotidien structuré, les dégâts sur la santé et l’image de soi, les crises d’angoisse… Joana Balavoine, qui n’a pas connu son père, tué dans un accident d’hélicoptère cinq mois avant sa naissance, n’a rien voulu cacher. «On s’est dit que ce serait intéressant de raconter le côté laid de la drogue, en y mêlant une histoire sincère, mon intimité, dit la chanteuse à l’AFP. Comme j’ai eu la chance de m’en sortir, c’est devenu, je ne dirais pas une nécessité, mais un devoir, de témoigner. De donner d’un peu d’espoir.»

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Introspection

Le parcours de cette «fille de» n’est pas celui de tout le monde. L’argent venu de la vente des disques de son père, et les portes qui s’ouvrent grâce à son patronyme feront que les lecteurs ne s’y reconnaîtront pas forcément. Mais ils pourront apercevoir une part d’eux-mêmes dans la difficulté à trouver sa juste place, l’instabilité sentimentale et les bonnes et mauvaises surprises que l’on peut avoir avec ses proches. «Si, ne serait-ce que dans un détail, une personne peut se dire : moi je suis un peu comme ça… Peut-être que ça la tirera (hors de la drogue NDLR) (…) L’idée de cette BD et son message, c’est une invitation à se regarder soi-même. Et si on ne regarde pas dans le moindre détail, on n’est pas sûr de s’en sortir», estime Joana Balavoine.

L’introspection, pour elle, a signifié faire la paix avec l’absence d’un père pourtant omniprésent dans sa vie, tant les gens qu’elle rencontre parlent de lui. «On entend tellement de choses. J’ai fini par ne plus écouter.» Daniel Balavoine n’apparaît que de manière très fugace dans Les Lions endormis. Selon sa fille, «c’est très très particulier de se trouver, de pouvoir grandir, sans avoir sa présence. Et en même temps il est là, et en même temps il faut le partager avec tout le monde», explique la fille de l’interprète de Sauver l’amour. «À différentes périodes, j’ai écouté différentes chansons. Et je crois que ce qu’il y a de plus fort, ce qui me touche en permanence, c’est : Aimer est plus fort que d’être aimé. Aimer faire quelque chose, aimer quelqu’un, aimer son travail». Joana Balavoine travaille aujourd’hui à sa carrière de chanteuse, en duo avec une autre interprète, Seemone. «Libre», dit-elle, après des années d’enfermement dans la toxicomanie.

(1) Les Lions endormis, de Joana Balavoine, avec Sylvie Gaillard au scénario et Fanny Montgermont au dessin, Bamboo Editions, sorti le 1er septembre.

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