L’un des gendarmes chargé de la protection des présidents de la République François Hollande et Emmanuel Macron lié au milieu du grand banditisme corse ? Ce sont les tonitruantes révélations d’une enquête de Mediapart, publiée ce jeudi 12 novembre.

Scandale à l’Elysée. Dans une longue enquête publiée ce jeudi 12 novembre, Mediapart révèle que l’un des gendarmes chargé de protéger les présidents de la République François Hollande puis Emmanuel Macron avait des liens avec le grand banditisme corse. De 2014 à 2019, le général de brigade Lionel Lavergne a dirigé le très secret Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), service assurant la protection des locataires de l’Elysée. Considéré comme “l’un des officiers les plus brillants de sa génération” selon nos confrères, propos rapportés par France 3 Régions, le militaire a d’ailleurs été décoré le 8 juillet 2019 par Emmanuel Macron.

Mais le passé trouble du gendarme refait aujourd’hui surface. Selon Mediapart, le nom de Lionel Lavergne, qui a également dirigé entre 2009 et 2012 le groupement de gendarmerie de la Haute-Corse, est apparu dans une enquête judiciaire sur la mafia insulaire en 2014. L’officier se serait vu lié à un homme suspecté d’être un tueur à gages du milieu. Ce qui ne l’a pas empêché par la suite de décrocher un poste à hautes responsabilités au palais présidentiel.

“Notre ami gendarme”

Tout commence en septembre 2014. Soupçonné de réaliser des assassinats sur commande pour les mafieux corses, le mystérieux Dominique Luciani est mis sous surveillance policière. Chacune de ses conversations téléphoniques est alors interceptée. Lors de l’un de ces coups de fil sur écoute, le quinquagénaire se réjouit auprès de l’un de ses proches en Corse lié au grand banditisme que leur “ami gendarme”, qu’il vient de quitter, “va avoir un super boulot, ça va être bon pour nous”. Après un autre appel, cet ami haut placé est identifié comme étant Lionel Lavergne. Or Dominique Luciani serait l’un des hommes de main du parrain Jean-Luc Germani. Ce petit monde se serait rencontré dans une loge maçonnique du Grand Orient de France.

Les liens entre Lionel Lavergne et le milieu du grand banditisme corse font à l’époque l’objet d’un signalement de la part de la BNLCOC, la Brigade Nationale de Lutte contre la Criminalité Corse. Mais aucune suite n’y est donnée. “Il était protégé” déclare l’un des enquêteurs à Mediapart. Interrogé par nos confrères sur cette affaire, l’intéressé a de son côté refusé de répondre aux questions. Quel est l’intérêt de publier cette histoire maintenant ?! Je ne m’exprimerai pas. J’ai un devoir de réserve” s’est exclamé celui qui a aussi été récemment impliqué dans l’affaire Benalla. Egalement contacté par Mediapart, François Hollande a lui assuré tout ignorer d’un possible lien entre le gendarme chargé de sa protection du temps de sa présidence et le grand banditisme corse.

Crédits photos : Cyril Moreau / Bestimage

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