Après la publication d’une photo par le magazine féminin Trendi, la Première ministre finlandaise Sanna Marin a été accusée de “jouer les mannequins” en pleine crise du coronavirus. De nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer la misogynie de ces critiques, rapporte Le Monde mercredi 13 octobre 2020.

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La crise sanitaire n’a pas fait disparaître le sexisme et la misogynie. Le confinement instauré en France pour lutter contre la propagation de la Covid-19 a même fait exploser le nombre d’appels reçus par le service d’écoute des victimes de violences conjugales (le 3919). Selon deux études du CSA et de L’INA, la crise épidémique a également accentué la sous-représentation des femmes dans les médias, les journalistes de télévision et de radio privilégiant encore les hommes lorsqu’il s’agit de faire parler des experts. La France n’est pas le seul pays à être un mauvais élève à ce sujet. En Finlande, Sanna Marin, devenue à 34 ans la plus jeune première ministre du monde, a ainsi subi une vague de commentaire sexistes et misogynes à cause de sa tenue… le tout en pleine crise de la Covid-19. Vendredi 9 octobre 2020, une photo de la femme politique a été publiée sur le compte Instagram du magazine féminin Trendi. On y voit Sanna Marin poser dans le jardin de sa résidence, portant une veste de tailleur noire laissant apparaître son décolleté, paré d’un élégant collier.

Un mouvement lancé pour soutenir Sanna Marin

“Pas l’ombre d’un sein en vue”, rapporte Le Monde, qui relaie l’information, mardi 13 octobre. “Et pourtant, c’est bien cette image qui a suscité la polémique.” Et le quotidien d’expliquer : “Sous couvert de lui reprocher sa gestion du pays, ou même l’utilisation de ses fonctions pour faire de la publicité en faveur d’une marque, c’est ‘l’indécence’ de sa tenue qui est dénoncée. On l’accuse de ‘jouer les mannequins’, en pleine crise du Covid-19. Aucune mention de l’interview accordée au magazine, sorti en kiosques deux jours seulement après qu’elle a cédé symboliquement son poste, le 7 octobre, à une adolescente de 16 ans, dans le cadre d’une campagne pour les droits des filles.” Ironie de l’histoire, au cours de son entretien, Sanna Marin “regrette que les choix personnels d’une femme soient toujours sujets ‘à débat et analyse.’” Plus triste, encore : la femme politique y évoque également “l’obsession autour de l’apparence des femmes et explique qu’elle essaie d’en changer le moins souvent possible pour ne pas en faire un sujet de conversation.” Depuis la polémique, des centaines de Finlandaises, personnalités et anonymes, ont lancé le mouvement “ImwithSanna” (“Je suis avec Sanna”) pour soutenir la femme politique à renfort de photos et souvent, de blazers. La crise sanitaire ne serait-elle pas plus importante qu’un décolleté ?

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