Alternative aux protections hygiéniques jetables, la culotte menstruelle s’impose peu à peu sur le marché français. Ce sous-vêtement conçu pour absorber le flux de nos règles a tout pour plaire. Ecolo, pratique, confortable et économique, la culotte périodique révolutionne nos menstrues. Prêtes à l’adopter ?
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12 fois par an. 3 500 jours dans une vie. Les règles font partie intégrante du quotidien des femmes. Mieux vaut donc bien les accepter et les vivre. Depuis le scandale lié à la composition opaque des tampons et au risque de choc toxique, les femmes sont de plus en plus nombreuses à se tourner vers des protections périodiques naturelles et saines. Sans compter la levée progressive du tabou des règles qui favorise le marché des protections alternatives. Après la cup, les serviettes en tissu lavables ou encore le flux instinctif, la culotte menstruelle semble être la dernière innovation à adopter.
Dans la lignée de la marque Thinx, pionnière en la matière depuis 2014, de nouvelles marques françaises se lancent sur le créneau.
La culotte menstruelle, c’est quoi au juste ?
La culotte menstruelle est une alternative aux protections périodiques classiques (tampons, serviettes), beaucoup plus saine et écologique. L’engouement pour ces sous-vêtements pas si nouveaux (on les dit empruntés à nos arrières grands-mères) ne cesse de grandir depuis quelques années.
Banale en apparence, cette culotte permet d’absorber le flux de nos règles, sans risque de fuite ni d’odeurs désagréables. Avec elle, plus besoin de changer de protection toutes les 2 heures puisqu’elle promet jusqu’à 12 heures de sérénité. Selon le modèle, on profite d’une capacité d’absorption équivalente à celle d’un à quatre tampons. Car cerise sur le gâteau, il est également possible de la choisir selon l’abondance de ses flux avec deux options proposées : flux “léger à moyen” ou “abondant”.
Le secret ? Des matériaux absorbants et imperméables superposés et cousus dans le fond de la culotte, qui permettent de recueillir le sang menstruel, ni vu ni connu.
Une publication partagée par Moodz (@moodz_underwear) le 6 Déc. 2019 à 8 :44 PST
Pour des menstruations écolos
Face à l’urgence écologique qui secoue l’industrie de la mode, entrepreneurs comme consommatrices tentent de changer sensiblement la donne. Au cours de sa vie, une femme jette en moyenne entre 11 000 et 15 000 protections hygiéniques. 1 tampon met 500 ans à se décomposer. Aujourd’hui, les femmes ont pris conscience de la toxicité des protections traditionnelles tant pour leur santé que pour l’environnement et la “culotte de règles” se révèle une alternative idéale pour celles qui souhaitent se tourner vers une routine de règles plus saine et plus écologique.
Réutilisable et lavable, elle permettrait de diviser ses déchets par 4. Un argument zéro déchet important, rapporté aux 45 milliards de tampons et serviettes jetés chaque année, composés à 90% de plastique et non recyclables.
Quelle marque de culotte périodique choisir ?
Fondé en 2011 par Miki Agrawal, le label américain Thinx a une longueur d’avance sur le sujet. Avec une image inclusive et un large choix de culottes (string, slip, boxer, culotte de sport…), la marque cartonne de l’autre côté de l’Atlantique mais aussi en France, où elle vient d’installer son corner aux Galeries Lafayette des Champs-Elysées.
En France, c’est la marque Fempo qui a démocratisé la culotte menstruelle. Elle propose 3 modèles différents 100% coton : la hipster, la culotte et la power ++ (pour les flux abondants), allant de la taille 34 à 48 (29,99€). Depuis, de nombreuses marques françaises spécialisées dans les culottes de règles ont vu le jour : Réjeanne, Moodz, Smoon ou encore Blooming.
Fortes de leur succès, ces jeunes marques débarquent en supermarchés et dans les grandes enseignes de lingerie. C’est notamment le cas de Réjeanne, l’entreprise de culottes menstruelles 100% made in France, qui signe une collaboration avec Darjeeling. A partir de mi-novembre, les jolies culottes de règles seront disponibles dans trois modèles différents (de 39 à 59€) en boutiques.
Réconcilier les femmes avec leurs règles
De la culotte classique au shorty, en passant par la culotte taille haute, la dentelle et le plumetis, les modèles proposés allient confort et esthétisme. On est bien loin du cliché de la “couche”.
“L’idée nous est venue après l’accouchement d’Alexandra. Nous n’étions déjà pas satisfaites des protections existantes et l’on s’est dit qu’il devait être possible de créer quelque chose de plus confortable, plus doux et plus joli que le fameux « slip filet »” racontent Alexandra et Wye, les fondatrices de Réjeanne.
Si de nombreux comptes Instagram, podcasts et documentaires aident à décomplexer les règles, le combat pour la fin du tabou autour des menstruations est loin d’être gagné, en démontre la polémique autour de la campagne “Viva la Vulva” de Nana, signalée des milliers de fois au CSA. Selon une étude menée par la marque Thinx, 58% des femmes ressentent en effet un sentiment de honte malgré elles quand apparaissent leurs menstruations. Et si les culottes de règles nous aidaient finalement à nous réconcilier avec ce phénomène totalement naturel ? “Le parole se libère peu à peu. Le fait de laver et réutiliser une « cup » ou une culotte menstruelle c’est déjà reconnaître que, non, les règles ce n’est pas sale et que nous n’avons pas besoin de courir acheter des produits jetables et polluants et en remplir nos poubelles tous les mois” explique le duo de créatrices.
En plus de répondre aux inquiétudes autour de la composition des protections féminines et aux préoccupations écologiques, ces sous-vêtements révolutionnaires s’émancipent des stigmatisations corporelles et nous libèrent de nos complexes. Ils sont souvent proposés par des marques conscientes et inclusives, qui s’adaptent à toutes les morphologies et aux besoins de tous. C’est le cas de Thinx, qui propose des modèles unisexes et sortait en 2016 sa première pub avec un homme trans, baptisée People with periods.
Comment utiliser et laver sa culotte de règles ?
Finie la galère d’insérer son tampon ou changer sa serviette régulièrement, la culotte de règles s’enfile et se garde toute la journée, ou presque.
Les premières fois, on recommande de la tester chez soi, pour se faire une idée de son absorption en fonction de son flux menstruel. On évite de l’essayer le premier ou le deuxième jour du cycle, qui sont généralement les plus abondants.
Certaines femmes qui ont un flux très important et craignent les fuites préfèrent porter la culotte en complément d’une autre protection hygiénique, dans un premier temps. On peut par exemple l’utiliser avec une cup le matin et finir la journée avec la culotte seule. D’autres se familiarisent avec ces dessous nouvelle génération en commençant par les adopter la nuit.
Après utilisation, il suffit de rincer sa culotte à l’eau froide pour enlever le sang puis de la laver à la main ou en machine sur programme “délicat” ou à 30°C, avec le reste de son linge dans un filet. Pour le lavage, on privilégie une lessive bio, sans paraben et parfum, sans ajouter d’adoucissant. On laisse ensuite sécher la culotte à l’air libre (pour ne pas abîmer les tissus).
L’idéal est d’en avoir plusieurs à disposition pour s’assurer d’en avoir une propre et sèche le lendemain et pouvoir les porter tout au long de son cycle. “En général, nos utilisatrices nous disent en avoir 3 pour un bon roulement.” racontent Alexandra et Wye. “Cela dépend de l’utilisation (et du temps de séchage qui peut varier en fonction de l’endroit où l’on vit).”
La culotte menstruelle lavable pour faire des économies
La culotte menstruelle séduit aussi pour son aspect économique. Un gros avantage quand on sait qu’une femme dépense au moins 23 500 euros au cours de sa vie pour ses menstruations (d’après une étude britannique) et que la précarité menstruelle touche plusieurs milliers de femmes. Avec un coût moyen de 30€ et une durée de vie de 3 ans au moins, pas besoin d’être un pro en mathématiques pour comprendre que la culotte de règles permet de réaliser des économies considérables. Sans compter la montagne de tampons et serviettes que vous éviterez ainsi de jeter, pour le bien de la planète.
Alors, prêtes à l’essayer ?
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