Christiane Taubira, en lice pour 2022 ? L’ancienne ministre pourrait s’y résoudre, mais pas avant d’avoir eu l’accord de sa famille, comme croit le savoir le Figaro.

Elle pourrait y aller, mais pas sans l’avis des siens. Christiane Taubira serait de moins en moins réticente à déposer sa candidature à l’élection présidentielle, d’après des informations de nos collègues du Figaro, ce 1er août. Alors que l’ancienne garde des Sceaux était présente au festival international de journalisme de Couthures, en Haute-Garonne au début du mois de juillet, elle aurait rencontré plusieurs membres d’un collectif qui pousse pour sa candidature depuis des mois. Bien nommé, le collectif “Taubira pour 2022” essayait de prendre contact avec Christiane Taubira depuis plusieurs mois, et de faire émerger sa candidature. Ils ont ainsi débattu avec la principale intéressée pendant près d’une heure et demie, d’après le Figaro, avant de lui faire admettre qu’elle pourrait éventuellement se lancer. Très prudente, l’ancienne ministre de la Justice a glissé aux trois membres de “Taubira pour 2022“, un maigre “Si je mène campagne, c’est pour gagner” : pas encore une déclaration de candidature, mais qui ne l’exclut pas totalement non plus. Elle aurait également rajouté, à l’intention de ceux qui prétendent qu’elle aurait “peur”, et notamment de perdre face au Rassemblement National : “Je n’ai pas peur, pas peur de Marine Le Pen“.

Pas sans l’accord de sa famille

Mais l’ancienne députée de Guyane a insisté sur un point, une donnée non négociable : elle ne se présentera pas, ni ne considérera une candidature avant d’avoir consulté sa famille, et obtenu leur soutien. Mère de quatre enfants, Christiane Taubira tient à la protéger de la violence d’une élection, surtout quand on est aussi exposée qu’elle, qui a fait voter la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe, ou la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité.

Ce que cherche à éviter aussi Christiane Taubira, c’est être, à nouveau, considérée comme la candidate de l’émiettement, comme elle le formule. Elle n’ira que si tous les signaux sont au vert du côté de sa famille politique également, et qu’elle sent que la gauche peut largement se rassembler derrière cette candidature, Insoumis, PS, Verts confondus. Ce qui n’est pas encore à l’ordre du jour, comme elle le remarque elle-même : à date, les conditions du rassemblement ne sont pas là“. Derrière la prudence, il y a le cuisant souvenir de 2002 : candidate, au premier tour, elle ne récolte que 2,32 % des voix, score qu’on avait accusé d’avoir coûté à Lionel Jospin sa place au second tour de la présidentielle, et de précipiter ainsi le duel Jean-Marie Le Pen et Jacques Chirac.

“Une candidature serait un gros chamboulement pour elle”

Elle avait donc pour l’instant abandonné les ambitions présidentielles, comme le souligne un membre du collectif de soutien : “Une candidature serait un gros chamboulement pour elle. Ce n’était pas son plan de carrière, à ce moment-là dans sa vie. Mais, si c’est la seule qui est en capacité de rassemblement, elle répondra présent. Elle sait que les citoyens sont derrière elle, mais elle nous a prévenus qu’elle ne ferait rien sans le soutien des partis.” Certaines figures de la gauche ont ainsi commencé à semer des graines de soutien, comme Audrey Pulvar auprès de Politico, qui affirme que Taubira “a la capacité de convaincre les abstentionnistes de gauchecomme “l’électorat populaire”. Plus taquin, Benoît Hamon a lui proclamé,“Moi, je prends n’importe quel candidat unique pour 2022, et si c’est une femme qui vient de Cayenne aussi“. Une affaire de famille élargie, du clan Taubira, à toute la gauche française.

Crédits photos : AGENCE / BESTIMAGE

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