- Un agent hollywoodien s’attire bien des soucis après une coucherie d’un soir avec une inconnue.
- « The Beta Test » se moque de l’Usine à rêves avec un humour féroce.
- Jim Cummings, talentueux trublion, est l’homme-orchestre de ce film savoureusement cruel
« Non, le sexe ne me fait pas peur ! » s’exclamait Jim Cummings face à 20 Minutes au
Festival de Deauville en septembre dernier. On pourrait pourtant le croire puritain quand l’agent hollywoodien de The Beta Test – dont il incarne le rôle en plus d’avoir écrit le film et de l’avoir mis en scène – s’attire toutes sortes d’ennuis pour avoir accepté une rencontre sexuelle sans lendemain proposée par une lettre anonyme.
« Mon film se moque du puritanisme américain et surtout de l’hypocrisie à Hollywood mais n’approuve aucun des deux », explique cet homme-orchestre, lauréat du Grand prix de Deauville en 2018 pour Thunder Road. L’usine à rêves en prend pour son matricule dans cette charge produite en toute indépendance et sans la moindre concession. La mauvaise foi, le mensonge et la cupidité y sont considérés comme des matières obligatoires.
Coincés et obsédés
« J’ai été dérouté par les réactions de certains spectateurs français, s’amuse Jim Cummings. Plusieurs personnes étaient étonnées de voir qu’un coup d’une nuit pouvait rendre les gens fous au point de les pousser au meurtre. » Il est vrai que les personnages de The Beta Test ont des comportements plutôt excessifs quand ils découvrent la brève infidélité de leur partenaire. Ils font plus parler la poudre que leurs sentiments.
« Les Américains ont un rapport très ambigu avec le sexe, reconnaît le cinéaste. Ils sont à la fois coincés et obsédés par le cul, ce qui prend des proportions délirantes à Hollywood où tout est exacerbé. » Avec son visage élastique qui fait penser à Jim Carrey, il communique à son héros un cocktail de roublardise et d’anxiété délectable quand il est tenaillé par ses pulsions.
Aussi vicieux que vicié
« Avec mon coscénariste PJ McCabe, on s’est rendu compte que bien des personnes de notre entourage auraient répondu positivement à un message anonyme leur proposant un coup vite fait dans un hôtel. On s’est amusé à pousser la situation jusqu’à l’absurde », dit Jim Cummings. Le héros sombre dans un délire paranoïaque réjouissant en menant l’enquête pour trouver qui envoie ces missives.
The Beta Test ferait passer le vitriol de la série et du film Entourage pour du pipi de chat dans la façon dont il raille un milieu hollywoodien aussi vicieux que vicié. « J’exagère à peine dans ma description, insiste-t-il. Bosser dans cette ville rend fou », C’est pour cette raison que Jim Cummings s’en tient éloigné et se contente d’en faire découvrir les coulisses à un spectateur qu’il surprend constamment par son humour et son intelligence.
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