• Sur France 3, Francis Letellier anime les soirées électorales et l’émission Dimanche en politique.
  • Selon le journaliste, les politiques d’aujourd’hui valent bien ceux d’hier concernant le talent médiatique.
  • Francis Letellier apprécie particulièrement les élections législatives qui permettent de mettre en valeur l’organisation des rédactions de France 3 et son sens de l’interview politique.

Avec son air jovial de bon élève décontracté, Francis Letellier fait oublier le temps – et les gouvernements – qui passent. Dimanche soir sur France 3, il était, à nouveau, aux manettes de la soirée électorale pour les élections législatives 2022. Il sera de retour le 19 juin pour le second tour.

Egalement à la manœuvre pour l’émission Dimanche en politique, Francis Letellier vante les mérites de sa chaîne de toujours pour la couverture des élections : « C’est unique au monde, à ma connaissance, d’avoir une chaîne qui offre à la fois des analyses et des décrochages locaux, et des commentaires sur la dimension nationale des résultats, dans la même soirée, sur un même plateau. »

Pour 20 Minutes, le journaliste normand évoque la séquence médiatiquo-électorale que traverse la France en ce moment.

C’est un marathon qui touche bientôt à sa fin pour les journalistes politiques comme vous. Pas trop fatigué ?

Si ! Mais je veux bien être fatigué pour ça ! J’adore cette séquence politique. Contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre comme commentaires, j’ai trouvé cette campagne intéressante. On a parlé de pouvoir d’achat, ce qui est assez neuf, et puis surtout, on vit la suite de la reconstruction du paysage politique, qui est encore en train de se faire. La gauche va a minima redevenir l’opposition numéro un, la majorité absolue n’est pas gagnée pour Macron. Qui aurait pu imaginer cela il y a quelques mois ?

Pour expliquer un certain désintérêt du public pour ces élections, on a beaucoup dit que les hommes et femmes politiques de cette campagne n’étaient pas à la hauteur, n’étaient pas bons dans les médias. Vous êtes d’accord ?

Je trouve ça sévère. L’avantage de l’expérience, c’est de savoir que ce n’était pas mieux il y a vingt ans. Le gouvernement Balladur, vous pensez que c’était mieux ? Et le gouvernement Valls, vous vous rappelez ? Ce n’était pas terrible non plus. Les politiques ne sont pas plus nuls aujourd’hui qu’il y a 10 ou 20 ans. On a eu des hommes et des femmes politiques assez tièdes ces vingt dernières années. Je trouve gênant cette mode du mépris, de la part des confrères, à l’égard du personnel politique qui, médiatiquement, ne serait pas au niveau. Parce que ça dépend aussi de nous, journalistes. C’est à nous de resituer les débats, d’éviter les questions fainéantes sur les sondages ou la polémique du jour. C’est à nous de trouver des questions qui les font sortir des clous.

En janvier, vous avez réussi à faire sortir Fabien Roussel des clous avec sa réponse : « Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française »…

Ma question portait sur le fait qu’Emmanuel Macron avait vanté le vin français en Une de la Revue des vins de France. Je lui demandais si c’était le rôle d’un président. Cette question-là, je ne l’avais entendue nulle part. Ma relance a cette question portait sur la limite entre culture française du vin et lutte contre l’alcoolisme. Mais je n’ai pas eu besoin de la faire parce que la réponse était déjà assez forte…

Trouvez-vous la campagne des législatives aussi intéressante que celle de la présidentielle ?

Politiquement c’est une continuité, mais journalistiquement c’est complètement différent. La présidentielle, c’est la cour de récréation de TF1 et France 2. Mais les législatives, c’est France 3. Pour les deux tours, de 19 heures à minuit, on est capable de donner et analyser les résultats circo par circo, mais aussi de proposer des éclairages nationaux et un contexte global. Ça n’existe nulle part en France ni en Europe. On s’appuie sur nos journalistes en région, nos antennes locales qui ont réalisé des centaines d’interviews des candidats.

Autant, pour la présidentielle, les candidats sont rompus à l’exercice, autant, parfois, les candidats aux législatives sont peu à l’aise face aux médias. Les séquences où les candidats bafouillent ou sont pétrifiés ont beaucoup de succès sur les réseaux. Et c’est un peu la spécialité des émissions politiques de France 3…

On ne cherche pas à planter les gens ! Il n’y a pas de questions-pièges. Dans ces séquences, les candidats s’embourbent tout seuls.

Vous n’avez pas de question type pour sortir les interviewés de leur discours formatés ?

J’aime ramener les invités à leur parcours, au-delà de leur titre ou fonction du moment. J’aime bien leur rappeler l’endroit où ils ont été élus à un moment en leur posant une question sur l’actualité locale de leur région d’origine ou de passage. On aborde comme ça un sujet concret qui les implique personnellement. C’est original, et c’est la signature de la 3. Les questions plus inattendues sont celles qui permettent des réponses inattendues et sincères.

Savez-vous à l’avance quelles questions vont donner les réponses les plus intéressantes ?

J’ai ma petite idée mais il faut surtout s’adapter au déroulement de l’interview. J’arrive en plateau avec une somme de question, je n’en pose pas 25 % ! En une demi-heure, il faut percuter tout de suite. Dimanche en politique est l’émission politique la plus regardée mais aussi la plus courte, on ne peut rien rater. C’est un exercice frustrant qui demande une grande concentration. Alors qu’en soirées électorales, on peut s’amuser. On a du temps donc on peut se permettre de rigoler un peu quand il y a des moments inattendus, des problèmes techniques ou des interviewés qui se font attendre… Le point commun des deux émissions c’est qu’on ne s’ennuie pas !

Après les élections, il y aura le début du mercato des médias. On voit rarement votre nom sur la liste des transferts possibles. Vous êtes à France 3 pour toujours ?

France 3 c’est ma maison depuis toujours et il y a une injustice à ne pas reconnaître la force de frappe de cette chaîne que j’adore. Je ne suis pas issu d’un milieu parisien, et France 3 m’a pourtant permis d’y évoluer et de faire mon travail. Aujourd’hui, le groupe France TV est dans l’œil du cyclone avec le projet de suppression de la redevance mais je ne suis pas candidat au départ. D’ailleurs, je ne sais même comment on fait pour participer à ce mercato. Il faut se déclarer ?

Comme en politique, ça passe par des petites phrases…

France TV, ça me va très bien, franchement. Dans le PAF actuel, il faut avoir sa case, que les gens sachent où vous trouver, sinon ils vous perdent. La grande stabilité dans mon parcours, cette régularité et fidélité, c’est important, c’est ma force. Les directions successives m’ont fait confiance, ce doit être parce que quand on est un journaliste avec un style, on n’est pas interchangeable facilement.

Avec son air jovial de bon élève décontracté, Francis Letellier fait oublier le temps – et les gouvernements – qui passent. Dimanche soir sur France 3, il était, à nouveau, aux manettes de la soirée électorale pour les élections législatives 2022. Il sera de retour le 19 juin pour le second tour.

Egalement à la manœuvre pour l’émission Dimanche en politique, Francis Letellier vante les mérites de sa chaîne de toujours pour la couverture des élections : « C’est unique au monde, à ma connaissance, d’avoir une chaîne qui offre à la fois des analyses et des décrochages locaux, et des commentaires sur la dimension nationale des résultats, dans la même soirée, sur un même plateau. »

Pour 20 Minutes, le journaliste normand évoque la séquence médiatiquo-électorale que traverse la France en ce moment.

C’est un marathon qui touche bientôt à sa fin pour les journalistes politiques comme vous. Pas trop fatigué ?

Si ! Mais je veux bien être fatigué pour ça ! J’adore cette séquence politique. Contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre comme commentaires, j’ai trouvé cette campagne intéressante. On a parlé de pouvoir d’achat, ce qui est assez neuf, et puis surtout, on vit la suite de la reconstruction du paysage politique, qui est encore en train de se faire. La gauche va a minima redevenir l’opposition numéro un, la majorité absolue n’est pas gagnée pour Macron. Qui aurait pu imaginer cela il y a quelques mois ?

Pour expliquer un certain désintérêt du public pour ces élections, on a beaucoup dit que les hommes et femmes politiques de cette campagne n’étaient pas à la hauteur, n’étaient pas bons dans les médias. Vous êtes d’accord ?

Je trouve ça sévère. L’avantage de l’expérience, c’est de savoir que ce n’était pas mieux il y a vingt ans. Le gouvernement Balladur, vous pensez que c’était mieux ? Et le gouvernement Valls, vous vous rappelez ? Ce n’était pas terrible non plus. Les politiques ne sont pas plus nuls aujourd’hui qu’il y a 10 ou 20 ans. On a eu des hommes et des femmes politiques assez tièdes ces vingt dernières années. Je trouve gênant cette mode du mépris, de la part des confrères, à l’égard du personnel politique qui, médiatiquement, ne serait pas au niveau. Parce que ça dépend aussi de nous, journalistes. C’est à nous de resituer les débats, d’éviter les questions fainéantes sur les sondages ou la polémique du jour. C’est à nous de trouver des questions qui les font sortir des clous.

En janvier, vous avez réussi à faire sortir Fabien Roussel des clous avec sa réponse : « Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française »…

Ma question portait sur le fait qu’Emmanuel Macron avait vanté le vin français en Une de la Revue des vins de France. Je lui demandais si c’était le rôle d’un président. Cette question-là, je ne l’avais entendue nulle part. Ma relance a cette question portait sur la limite entre culture française du vin et lutte contre l’alcoolisme. Mais je n’ai pas eu besoin de la faire parce que la réponse était déjà assez forte…

Trouvez-vous la campagne des législatives aussi intéressante que celle de la présidentielle ?

Politiquement c’est une continuité, mais journalistiquement c’est complètement différent. La présidentielle, c’est la cour de récréation de TF1 et France 2. Mais les législatives, c’est France 3. Pour les deux tours, de 19 heures à minuit, on est capable de donner et analyser les résultats circo par circo, mais aussi de proposer des éclairages nationaux et un contexte global. Ça n’existe nulle part en France ni en Europe. On s’appuie sur nos journalistes en région, nos antennes locales qui ont réalisé des centaines d’interviews des candidats.

Autant, pour la présidentielle, les candidats sont rompus à l’exercice, autant, parfois, les candidats aux législatives sont peu à l’aise face aux médias. Les séquences où les candidats bafouillent ou sont pétrifiés ont beaucoup de succès sur les réseaux. Et c’est un peu la spécialité des émissions politiques de France 3…

On ne cherche pas à planter les gens ! Il n’y a pas de questions-pièges. Dans ces séquences, les candidats s’embourbent tout seuls.

Vous n’avez pas de question type pour sortir les interviewés de leur discours formatés ?

J’aime ramener les invités à leur parcours, au-delà de leur titre ou fonction du moment. J’aime bien leur rappeler l’endroit où ils ont été élus à un moment en leur posant une question sur l’actualité locale de leur région d’origine ou de passage. On aborde comme ça un sujet concret qui les implique personnellement. C’est original, et c’est la signature de la 3. Les questions plus inattendues sont celles qui permettent des réponses inattendues et sincères.

Savez-vous à l’avance quelles questions vont donner les réponses les plus intéressantes ?

J’ai ma petite idée mais il faut surtout s’adapter au déroulement de l’interview. J’arrive en plateau avec une somme de question, je n’en pose pas 25 % ! En une demi-heure, il faut percuter tout de suite. Dimanche en politique est l’émission politique la plus regardée mais aussi la plus courte, on ne peut rien rater. C’est un exercice frustrant qui demande une grande concentration. Alors qu’en soirées électorales, on peut s’amuser. On a du temps donc on peut se permettre de rigoler un peu quand il y a des moments inattendus, des problèmes techniques ou des interviewés qui se font attendre… Le point commun des deux émissions c’est qu’on ne s’ennuie pas !

Après les élections, il y aura le début du mercato des médias. On voit rarement votre nom sur la liste des transferts possibles. Vous êtes à France 3 pour toujours ?

France 3 c’est ma maison depuis toujours et il y a une injustice à ne pas reconnaître la force de frappe de cette chaîne que j’adore. Je ne suis pas issu d’un milieu parisien, et France 3 m’a pourtant permis d’y évoluer et de faire mon travail. Aujourd’hui, le groupe France TV est dans l’œil du cyclone avec le projet de suppression de la redevance mais je ne suis pas candidat au départ. D’ailleurs, je ne sais même comment on fait pour participer à ce mercato. Il faut se déclarer ?

Comme en politique, ça passe par des petites phrases…

France TV, ça me va très bien, franchement. Dans le PAF actuel, il faut avoir sa case, que les gens sachent où vous trouver, sinon ils vous perdent. La grande stabilité dans mon parcours, cette régularité et fidélité, c’est important, c’est ma force. Les directions successives m’ont fait confiance, ce doit être parce que quand on est un journaliste avec un style, on n’est pas interchangeable facilement.

Avec son air jovial de bon élève décontracté, Francis Letellier fait oublier le temps – et les gouvernements – qui passent. Dimanche soir sur France 3, il était, à nouveau, aux manettes de la soirée électorale pour les élections législatives 2022. Il sera de retour le 19 juin pour le second tour.

Egalement à la manœuvre pour l’émission Dimanche en politique, Francis Letellier vante les mérites de sa chaîne de toujours pour la couverture des élections : « C’est unique au monde, à ma connaissance, d’avoir une chaîne qui offre à la fois des analyses et des décrochages locaux, et des commentaires sur la dimension nationale des résultats, dans la même soirée, sur un même plateau. »

Pour 20 Minutes, le journaliste normand évoque la séquence médiatiquo-électorale que traverse la France en ce moment.

C’est un marathon qui touche bientôt à sa fin pour les journalistes politiques comme vous. Pas trop fatigué ?

Si ! Mais je veux bien être fatigué pour ça ! J’adore cette séquence politique. Contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre comme commentaires, j’ai trouvé cette campagne intéressante. On a parlé de pouvoir d’achat, ce qui est assez neuf, et puis surtout, on vit la suite de la reconstruction du paysage politique, qui est encore en train de se faire. La gauche va a minima redevenir l’opposition numéro un, la majorité absolue n’est pas gagnée pour Macron. Qui aurait pu imaginer cela il y a quelques mois ?

Pour expliquer un certain désintérêt du public pour ces élections, on a beaucoup dit que les hommes et femmes politiques de cette campagne n’étaient pas à la hauteur, n’étaient pas bons dans les médias. Vous êtes d’accord ?

Je trouve ça sévère. L’avantage de l’expérience, c’est de savoir que ce n’était pas mieux il y a vingt ans. Le gouvernement Balladur, vous pensez que c’était mieux ? Et le gouvernement Valls, vous vous rappelez ? Ce n’était pas terrible non plus. Les politiques ne sont pas plus nuls aujourd’hui qu’il y a 10 ou 20 ans. On a eu des hommes et des femmes politiques assez tièdes ces vingt dernières années. Je trouve gênant cette mode du mépris, de la part des confrères, à l’égard du personnel politique qui, médiatiquement, ne serait pas au niveau. Parce que ça dépend aussi de nous, journalistes. C’est à nous de resituer les débats, d’éviter les questions fainéantes sur les sondages ou la polémique du jour. C’est à nous de trouver des questions qui les font sortir des clous.

En janvier, vous avez réussi à faire sortir Fabien Roussel des clous avec sa réponse : « Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française »…

Ma question portait sur le fait qu’Emmanuel Macron avait vanté le vin français en Une de la Revue des vins de France. Je lui demandais si c’était le rôle d’un président. Cette question-là, je ne l’avais entendue nulle part. Ma relance a cette question portait sur la limite entre culture française du vin et lutte contre l’alcoolisme. Mais je n’ai pas eu besoin de la faire parce que la réponse était déjà assez forte…

Trouvez-vous la campagne des législatives aussi intéressante que celle de la présidentielle ?

Politiquement c’est une continuité, mais journalistiquement c’est complètement différent. La présidentielle, c’est la cour de récréation de TF1 et France 2. Mais les législatives, c’est France 3. Pour les deux tours, de 19 heures à minuit, on est capable de donner et analyser les résultats circo par circo, mais aussi de proposer des éclairages nationaux et un contexte global. Ça n’existe nulle part en France ni en Europe. On s’appuie sur nos journalistes en région, nos antennes locales qui ont réalisé des centaines d’interviews des candidats.

Autant, pour la présidentielle, les candidats sont rompus à l’exercice, autant, parfois, les candidats aux législatives sont peu à l’aise face aux médias. Les séquences où les candidats bafouillent ou sont pétrifiés ont beaucoup de succès sur les réseaux. Et c’est un peu la spécialité des émissions politiques de France 3…

On ne cherche pas à planter les gens ! Il n’y a pas de questions-pièges. Dans ces séquences, les candidats s’embourbent tout seuls.

Vous n’avez pas de question type pour sortir les interviewés de leur discours formatés ?

J’aime ramener les invités à leur parcours, au-delà de leur titre ou fonction du moment. J’aime bien leur rappeler l’endroit où ils ont été élus à un moment en leur posant une question sur l’actualité locale de leur région d’origine ou de passage. On aborde comme ça un sujet concret qui les implique personnellement. C’est original, et c’est la signature de la 3. Les questions plus inattendues sont celles qui permettent des réponses inattendues et sincères.

Savez-vous à l’avance quelles questions vont donner les réponses les plus intéressantes ?

J’ai ma petite idée mais il faut surtout s’adapter au déroulement de l’interview. J’arrive en plateau avec une somme de question, je n’en pose pas 25 % ! En une demi-heure, il faut percuter tout de suite. Dimanche en politique est l’émission politique la plus regardée mais aussi la plus courte, on ne peut rien rater. C’est un exercice frustrant qui demande une grande concentration. Alors qu’en soirées électorales, on peut s’amuser. On a du temps donc on peut se permettre de rigoler un peu quand il y a des moments inattendus, des problèmes techniques ou des interviewés qui se font attendre… Le point commun des deux émissions c’est qu’on ne s’ennuie pas !

Après les élections, il y aura le début du mercato des médias. On voit rarement votre nom sur la liste des transferts possibles. Vous êtes à France 3 pour toujours ?

France 3 c’est ma maison depuis toujours et il y a une injustice à ne pas reconnaître la force de frappe de cette chaîne que j’adore. Je ne suis pas issu d’un milieu parisien, et France 3 m’a pourtant permis d’y évoluer et de faire mon travail. Aujourd’hui, le groupe France TV est dans l’œil du cyclone avec le projet de suppression de la redevance mais je ne suis pas candidat au départ. D’ailleurs, je ne sais même comment on fait pour participer à ce mercato. Il faut se déclarer ?

Comme en politique, ça passe par des petites phrases…

France TV, ça me va très bien, franchement. Dans le PAF actuel, il faut avoir sa case, que les gens sachent où vous trouver, sinon ils vous perdent. La grande stabilité dans mon parcours, cette régularité et fidélité, c’est important, c’est ma force. Les directions successives m’ont fait confiance, ce doit être parce que quand on est un journaliste avec un style, on n’est pas interchangeable facilement.

Avec son air jovial de bon élève décontracté, Francis Letellier fait oublier le temps – et les gouvernements – qui passent. Dimanche soir sur France 3, il était, à nouveau, aux manettes de la soirée électorale pour les élections législatives 2022. Il sera de retour le 19 juin pour le second tour.

Egalement à la manœuvre pour l’émission Dimanche en politique, Francis Letellier vante les mérites de sa chaîne de toujours pour la couverture des élections : « C’est unique au monde, à ma connaissance, d’avoir une chaîne qui offre à la fois des analyses et des décrochages locaux, et des commentaires sur la dimension nationale des résultats, dans la même soirée, sur un même plateau. »

Pour 20 Minutes, le journaliste normand évoque la séquence médiatiquo-électorale que traverse la France en ce moment.

C’est un marathon qui touche bientôt à sa fin pour les journalistes politiques comme vous. Pas trop fatigué ?

Si ! Mais je veux bien être fatigué pour ça ! J’adore cette séquence politique. Contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre comme commentaires, j’ai trouvé cette campagne intéressante. On a parlé de pouvoir d’achat, ce qui est assez neuf, et puis surtout, on vit la suite de la reconstruction du paysage politique, qui est encore en train de se faire. La gauche va a minima redevenir l’opposition numéro un, la majorité absolue n’est pas gagnée pour Macron. Qui aurait pu imaginer cela il y a quelques mois ?

Pour expliquer un certain désintérêt du public pour ces élections, on a beaucoup dit que les hommes et femmes politiques de cette campagne n’étaient pas à la hauteur, n’étaient pas bons dans les médias. Vous êtes d’accord ?

Je trouve ça sévère. L’avantage de l’expérience, c’est de savoir que ce n’était pas mieux il y a vingt ans. Le gouvernement Balladur, vous pensez que c’était mieux ? Et le gouvernement Valls, vous vous rappelez ? Ce n’était pas terrible non plus. Les politiques ne sont pas plus nuls aujourd’hui qu’il y a 10 ou 20 ans. On a eu des hommes et des femmes politiques assez tièdes ces vingt dernières années. Je trouve gênant cette mode du mépris, de la part des confrères, à l’égard du personnel politique qui, médiatiquement, ne serait pas au niveau. Parce que ça dépend aussi de nous, journalistes. C’est à nous de resituer les débats, d’éviter les questions fainéantes sur les sondages ou la polémique du jour. C’est à nous de trouver des questions qui les font sortir des clous.

En janvier, vous avez réussi à faire sortir Fabien Roussel des clous avec sa réponse : « Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française »…

Ma question portait sur le fait qu’Emmanuel Macron avait vanté le vin français en Une de la Revue des vins de France. Je lui demandais si c’était le rôle d’un président. Cette question-là, je ne l’avais entendue nulle part. Ma relance a cette question portait sur la limite entre culture française du vin et lutte contre l’alcoolisme. Mais je n’ai pas eu besoin de la faire parce que la réponse était déjà assez forte…

Trouvez-vous la campagne des législatives aussi intéressante que celle de la présidentielle ?

Politiquement c’est une continuité, mais journalistiquement c’est complètement différent. La présidentielle, c’est la cour de récréation de TF1 et France 2. Mais les législatives, c’est France 3. Pour les deux tours, de 19 heures à minuit, on est capable de donner et analyser les résultats circo par circo, mais aussi de proposer des éclairages nationaux et un contexte global. Ça n’existe nulle part en France ni en Europe. On s’appuie sur nos journalistes en région, nos antennes locales qui ont réalisé des centaines d’interviews des candidats.

Autant, pour la présidentielle, les candidats sont rompus à l’exercice, autant, parfois, les candidats aux législatives sont peu à l’aise face aux médias. Les séquences où les candidats bafouillent ou sont pétrifiés ont beaucoup de succès sur les réseaux. Et c’est un peu la spécialité des émissions politiques de France 3…

On ne cherche pas à planter les gens ! Il n’y a pas de questions-pièges. Dans ces séquences, les candidats s’embourbent tout seuls.

Vous n’avez pas de question type pour sortir les interviewés de leur discours formatés ?

J’aime ramener les invités à leur parcours, au-delà de leur titre ou fonction du moment. J’aime bien leur rappeler l’endroit où ils ont été élus à un moment en leur posant une question sur l’actualité locale de leur région d’origine ou de passage. On aborde comme ça un sujet concret qui les implique personnellement. C’est original, et c’est la signature de la 3. Les questions plus inattendues sont celles qui permettent des réponses inattendues et sincères.

Savez-vous à l’avance quelles questions vont donner les réponses les plus intéressantes ?

J’ai ma petite idée mais il faut surtout s’adapter au déroulement de l’interview. J’arrive en plateau avec une somme de question, je n’en pose pas 25 % ! En une demi-heure, il faut percuter tout de suite. Dimanche en politique est l’émission politique la plus regardée mais aussi la plus courte, on ne peut rien rater. C’est un exercice frustrant qui demande une grande concentration. Alors qu’en soirées électorales, on peut s’amuser. On a du temps donc on peut se permettre de rigoler un peu quand il y a des moments inattendus, des problèmes techniques ou des interviewés qui se font attendre… Le point commun des deux émissions c’est qu’on ne s’ennuie pas !

Après les élections, il y aura le début du mercato des médias. On voit rarement votre nom sur la liste des transferts possibles. Vous êtes à France 3 pour toujours ?

France 3 c’est ma maison depuis toujours et il y a une injustice à ne pas reconnaître la force de frappe de cette chaîne que j’adore. Je ne suis pas issu d’un milieu parisien, et France 3 m’a pourtant permis d’y évoluer et de faire mon travail. Aujourd’hui, le groupe France TV est dans l’œil du cyclone avec le projet de suppression de la redevance mais je ne suis pas candidat au départ. D’ailleurs, je ne sais même comment on fait pour participer à ce mercato. Il faut se déclarer ?

Comme en politique, ça passe par des petites phrases…

France TV, ça me va très bien, franchement. Dans le PAF actuel, il faut avoir sa case, que les gens sachent où vous trouver, sinon ils vous perdent. La grande stabilité dans mon parcours, cette régularité et fidélité, c’est important, c’est ma force. Les directions successives m’ont fait confiance, ce doit être parce que quand on est un journaliste avec un style, on n’est pas interchangeable facilement.

Avec son air jovial de bon élève décontracté, Francis Letellier fait oublier le temps – et les gouvernements – qui passent. Dimanche soir sur France 3, il était, à nouveau, aux manettes de la soirée électorale pour les élections législatives 2022. Il sera de retour le 19 juin pour le second tour.

Egalement à la manœuvre pour l’émission Dimanche en politique, Francis Letellier vante les mérites de sa chaîne de toujours pour la couverture des élections : « C’est unique au monde, à ma connaissance, d’avoir une chaîne qui offre à la fois des analyses et des décrochages locaux, et des commentaires sur la dimension nationale des résultats, dans la même soirée, sur un même plateau. »

Pour 20 Minutes, le journaliste normand évoque la séquence médiatiquo-électorale que traverse la France en ce moment.

C’est un marathon qui touche bientôt à sa fin pour les journalistes politiques comme vous. Pas trop fatigué ?

Si ! Mais je veux bien être fatigué pour ça ! J’adore cette séquence politique. Contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre comme commentaires, j’ai trouvé cette campagne intéressante. On a parlé de pouvoir d’achat, ce qui est assez neuf, et puis surtout, on vit la suite de la reconstruction du paysage politique, qui est encore en train de se faire. La gauche va a minima redevenir l’opposition numéro un, la majorité absolue n’est pas gagnée pour Macron. Qui aurait pu imaginer cela il y a quelques mois ?

Pour expliquer un certain désintérêt du public pour ces élections, on a beaucoup dit que les hommes et femmes politiques de cette campagne n’étaient pas à la hauteur, n’étaient pas bons dans les médias. Vous êtes d’accord ?

Je trouve ça sévère. L’avantage de l’expérience, c’est de savoir que ce n’était pas mieux il y a vingt ans. Le gouvernement Balladur, vous pensez que c’était mieux ? Et le gouvernement Valls, vous vous rappelez ? Ce n’était pas terrible non plus. Les politiques ne sont pas plus nuls aujourd’hui qu’il y a 10 ou 20 ans. On a eu des hommes et des femmes politiques assez tièdes ces vingt dernières années. Je trouve gênant cette mode du mépris, de la part des confrères, à l’égard du personnel politique qui, médiatiquement, ne serait pas au niveau. Parce que ça dépend aussi de nous, journalistes. C’est à nous de resituer les débats, d’éviter les questions fainéantes sur les sondages ou la polémique du jour. C’est à nous de trouver des questions qui les font sortir des clous.

En janvier, vous avez réussi à faire sortir Fabien Roussel des clous avec sa réponse : « Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française »…

Ma question portait sur le fait qu’Emmanuel Macron avait vanté le vin français en Une de la Revue des vins de France. Je lui demandais si c’était le rôle d’un président. Cette question-là, je ne l’avais entendue nulle part. Ma relance a cette question portait sur la limite entre culture française du vin et lutte contre l’alcoolisme. Mais je n’ai pas eu besoin de la faire parce que la réponse était déjà assez forte…

Trouvez-vous la campagne des législatives aussi intéressante que celle de la présidentielle ?

Politiquement c’est une continuité, mais journalistiquement c’est complètement différent. La présidentielle, c’est la cour de récréation de TF1 et France 2. Mais les législatives, c’est France 3. Pour les deux tours, de 19 heures à minuit, on est capable de donner et analyser les résultats circo par circo, mais aussi de proposer des éclairages nationaux et un contexte global. Ça n’existe nulle part en France ni en Europe. On s’appuie sur nos journalistes en région, nos antennes locales qui ont réalisé des centaines d’interviews des candidats.

Autant, pour la présidentielle, les candidats sont rompus à l’exercice, autant, parfois, les candidats aux législatives sont peu à l’aise face aux médias. Les séquences où les candidats bafouillent ou sont pétrifiés ont beaucoup de succès sur les réseaux. Et c’est un peu la spécialité des émissions politiques de France 3…

On ne cherche pas à planter les gens ! Il n’y a pas de questions-pièges. Dans ces séquences, les candidats s’embourbent tout seuls.

Vous n’avez pas de question type pour sortir les interviewés de leur discours formatés ?

J’aime ramener les invités à leur parcours, au-delà de leur titre ou fonction du moment. J’aime bien leur rappeler l’endroit où ils ont été élus à un moment en leur posant une question sur l’actualité locale de leur région d’origine ou de passage. On aborde comme ça un sujet concret qui les implique personnellement. C’est original, et c’est la signature de la 3. Les questions plus inattendues sont celles qui permettent des réponses inattendues et sincères.

Savez-vous à l’avance quelles questions vont donner les réponses les plus intéressantes ?

J’ai ma petite idée mais il faut surtout s’adapter au déroulement de l’interview. J’arrive en plateau avec une somme de question, je n’en pose pas 25 % ! En une demi-heure, il faut percuter tout de suite. Dimanche en politique est l’émission politique la plus regardée mais aussi la plus courte, on ne peut rien rater. C’est un exercice frustrant qui demande une grande concentration. Alors qu’en soirées électorales, on peut s’amuser. On a du temps donc on peut se permettre de rigoler un peu quand il y a des moments inattendus, des problèmes techniques ou des interviewés qui se font attendre… Le point commun des deux émissions c’est qu’on ne s’ennuie pas !

Après les élections, il y aura le début du mercato des médias. On voit rarement votre nom sur la liste des transferts possibles. Vous êtes à France 3 pour toujours ?

France 3 c’est ma maison depuis toujours et il y a une injustice à ne pas reconnaître la force de frappe de cette chaîne que j’adore. Je ne suis pas issu d’un milieu parisien, et France 3 m’a pourtant permis d’y évoluer et de faire mon travail. Aujourd’hui, le groupe France TV est dans l’œil du cyclone avec le projet de suppression de la redevance mais je ne suis pas candidat au départ. D’ailleurs, je ne sais même comment on fait pour participer à ce mercato. Il faut se déclarer ?

Comme en politique, ça passe par des petites phrases…

France TV, ça me va très bien, franchement. Dans le PAF actuel, il faut avoir sa case, que les gens sachent où vous trouver, sinon ils vous perdent. La grande stabilité dans mon parcours, cette régularité et fidélité, c’est important, c’est ma force. Les directions successives m’ont fait confiance, ce doit être parce que quand on est un journaliste avec un style, on n’est pas interchangeable facilement.

Avec son air jovial de bon élève décontracté, Francis Letellier fait oublier le temps – et les gouvernements – qui passent. Dimanche soir sur France 3, il était, à nouveau, aux manettes de la soirée électorale pour les élections législatives 2022. Il sera de retour le 19 juin pour le second tour.

Egalement à la manœuvre pour l’émission Dimanche en politique, Francis Letellier vante les mérites de sa chaîne de toujours pour la couverture des élections : « C’est unique au monde, à ma connaissance, d’avoir une chaîne qui offre à la fois des analyses et des décrochages locaux, et des commentaires sur la dimension nationale des résultats, dans la même soirée, sur un même plateau. »

Pour 20 Minutes, le journaliste normand évoque la séquence médiatiquo-électorale que traverse la France en ce moment.

C’est un marathon qui touche bientôt à sa fin pour les journalistes politiques comme vous. Pas trop fatigué ?

Si ! Mais je veux bien être fatigué pour ça ! J’adore cette séquence politique. Contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre comme commentaires, j’ai trouvé cette campagne intéressante. On a parlé de pouvoir d’achat, ce qui est assez neuf, et puis surtout, on vit la suite de la reconstruction du paysage politique, qui est encore en train de se faire. La gauche va a minima redevenir l’opposition numéro un, la majorité absolue n’est pas gagnée pour Macron. Qui aurait pu imaginer cela il y a quelques mois ?

Pour expliquer un certain désintérêt du public pour ces élections, on a beaucoup dit que les hommes et femmes politiques de cette campagne n’étaient pas à la hauteur, n’étaient pas bons dans les médias. Vous êtes d’accord ?

Je trouve ça sévère. L’avantage de l’expérience, c’est de savoir que ce n’était pas mieux il y a vingt ans. Le gouvernement Balladur, vous pensez que c’était mieux ? Et le gouvernement Valls, vous vous rappelez ? Ce n’était pas terrible non plus. Les politiques ne sont pas plus nuls aujourd’hui qu’il y a 10 ou 20 ans. On a eu des hommes et des femmes politiques assez tièdes ces vingt dernières années. Je trouve gênant cette mode du mépris, de la part des confrères, à l’égard du personnel politique qui, médiatiquement, ne serait pas au niveau. Parce que ça dépend aussi de nous, journalistes. C’est à nous de resituer les débats, d’éviter les questions fainéantes sur les sondages ou la polémique du jour. C’est à nous de trouver des questions qui les font sortir des clous.

En janvier, vous avez réussi à faire sortir Fabien Roussel des clous avec sa réponse : « Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française »…

Ma question portait sur le fait qu’Emmanuel Macron avait vanté le vin français en Une de la Revue des vins de France. Je lui demandais si c’était le rôle d’un président. Cette question-là, je ne l’avais entendue nulle part. Ma relance a cette question portait sur la limite entre culture française du vin et lutte contre l’alcoolisme. Mais je n’ai pas eu besoin de la faire parce que la réponse était déjà assez forte…

Trouvez-vous la campagne des législatives aussi intéressante que celle de la présidentielle ?

Politiquement c’est une continuité, mais journalistiquement c’est complètement différent. La présidentielle, c’est la cour de récréation de TF1 et France 2. Mais les législatives, c’est France 3. Pour les deux tours, de 19 heures à minuit, on est capable de donner et analyser les résultats circo par circo, mais aussi de proposer des éclairages nationaux et un contexte global. Ça n’existe nulle part en France ni en Europe. On s’appuie sur nos journalistes en région, nos antennes locales qui ont réalisé des centaines d’interviews des candidats.

Autant, pour la présidentielle, les candidats sont rompus à l’exercice, autant, parfois, les candidats aux législatives sont peu à l’aise face aux médias. Les séquences où les candidats bafouillent ou sont pétrifiés ont beaucoup de succès sur les réseaux. Et c’est un peu la spécialité des émissions politiques de France 3…

On ne cherche pas à planter les gens ! Il n’y a pas de questions-pièges. Dans ces séquences, les candidats s’embourbent tout seuls.

Vous n’avez pas de question type pour sortir les interviewés de leur discours formatés ?

J’aime ramener les invités à leur parcours, au-delà de leur titre ou fonction du moment. J’aime bien leur rappeler l’endroit où ils ont été élus à un moment en leur posant une question sur l’actualité locale de leur région d’origine ou de passage. On aborde comme ça un sujet concret qui les implique personnellement. C’est original, et c’est la signature de la 3. Les questions plus inattendues sont celles qui permettent des réponses inattendues et sincères.

Savez-vous à l’avance quelles questions vont donner les réponses les plus intéressantes ?

J’ai ma petite idée mais il faut surtout s’adapter au déroulement de l’interview. J’arrive en plateau avec une somme de question, je n’en pose pas 25 % ! En une demi-heure, il faut percuter tout de suite. Dimanche en politique est l’émission politique la plus regardée mais aussi la plus courte, on ne peut rien rater. C’est un exercice frustrant qui demande une grande concentration. Alors qu’en soirées électorales, on peut s’amuser. On a du temps donc on peut se permettre de rigoler un peu quand il y a des moments inattendus, des problèmes techniques ou des interviewés qui se font attendre… Le point commun des deux émissions c’est qu’on ne s’ennuie pas !

Après les élections, il y aura le début du mercato des médias. On voit rarement votre nom sur la liste des transferts possibles. Vous êtes à France 3 pour toujours ?

France 3 c’est ma maison depuis toujours et il y a une injustice à ne pas reconnaître la force de frappe de cette chaîne que j’adore. Je ne suis pas issu d’un milieu parisien, et France 3 m’a pourtant permis d’y évoluer et de faire mon travail. Aujourd’hui, le groupe France TV est dans l’œil du cyclone avec le projet de suppression de la redevance mais je ne suis pas candidat au départ. D’ailleurs, je ne sais même comment on fait pour participer à ce mercato. Il faut se déclarer ?

Comme en politique, ça passe par des petites phrases…

France TV, ça me va très bien, franchement. Dans le PAF actuel, il faut avoir sa case, que les gens sachent où vous trouver, sinon ils vous perdent. La grande stabilité dans mon parcours, cette régularité et fidélité, c’est important, c’est ma force. Les directions successives m’ont fait confiance, ce doit être parce que quand on est un journaliste avec un style, on n’est pas interchangeable facilement.

Avec son air jovial de bon élève décontracté, Francis Letellier fait oublier le temps – et les gouvernements – qui passent. Dimanche soir sur France 3, il était, à nouveau, aux manettes de la soirée électorale pour les élections législatives 2022. Il sera de retour le 19 juin pour le second tour.

Egalement à la manœuvre pour l’émission Dimanche en politique, Francis Letellier vante les mérites de sa chaîne de toujours pour la couverture des élections : « C’est unique au monde, à ma connaissance, d’avoir une chaîne qui offre à la fois des analyses et des décrochages locaux, et des commentaires sur la dimension nationale des résultats, dans la même soirée, sur un même plateau. »

Pour 20 Minutes, le journaliste normand évoque la séquence médiatiquo-électorale que traverse la France en ce moment.

C’est un marathon qui touche bientôt à sa fin pour les journalistes politiques comme vous. Pas trop fatigué ?

Si ! Mais je veux bien être fatigué pour ça ! J’adore cette séquence politique. Contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre comme commentaires, j’ai trouvé cette campagne intéressante. On a parlé de pouvoir d’achat, ce qui est assez neuf, et puis surtout, on vit la suite de la reconstruction du paysage politique, qui est encore en train de se faire. La gauche va a minima redevenir l’opposition numéro un, la majorité absolue n’est pas gagnée pour Macron. Qui aurait pu imaginer cela il y a quelques mois ?

Pour expliquer un certain désintérêt du public pour ces élections, on a beaucoup dit que les hommes et femmes politiques de cette campagne n’étaient pas à la hauteur, n’étaient pas bons dans les médias. Vous êtes d’accord ?

Je trouve ça sévère. L’avantage de l’expérience, c’est de savoir que ce n’était pas mieux il y a vingt ans. Le gouvernement Balladur, vous pensez que c’était mieux ? Et le gouvernement Valls, vous vous rappelez ? Ce n’était pas terrible non plus. Les politiques ne sont pas plus nuls aujourd’hui qu’il y a 10 ou 20 ans. On a eu des hommes et des femmes politiques assez tièdes ces vingt dernières années. Je trouve gênant cette mode du mépris, de la part des confrères, à l’égard du personnel politique qui, médiatiquement, ne serait pas au niveau. Parce que ça dépend aussi de nous, journalistes. C’est à nous de resituer les débats, d’éviter les questions fainéantes sur les sondages ou la polémique du jour. C’est à nous de trouver des questions qui les font sortir des clous.

En janvier, vous avez réussi à faire sortir Fabien Roussel des clous avec sa réponse : « Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française »…

Ma question portait sur le fait qu’Emmanuel Macron avait vanté le vin français en Une de la Revue des vins de France. Je lui demandais si c’était le rôle d’un président. Cette question-là, je ne l’avais entendue nulle part. Ma relance a cette question portait sur la limite entre culture française du vin et lutte contre l’alcoolisme. Mais je n’ai pas eu besoin de la faire parce que la réponse était déjà assez forte…

Trouvez-vous la campagne des législatives aussi intéressante que celle de la présidentielle ?

Politiquement c’est une continuité, mais journalistiquement c’est complètement différent. La présidentielle, c’est la cour de récréation de TF1 et France 2. Mais les législatives, c’est France 3. Pour les deux tours, de 19 heures à minuit, on est capable de donner et analyser les résultats circo par circo, mais aussi de proposer des éclairages nationaux et un contexte global. Ça n’existe nulle part en France ni en Europe. On s’appuie sur nos journalistes en région, nos antennes locales qui ont réalisé des centaines d’interviews des candidats.

Autant, pour la présidentielle, les candidats sont rompus à l’exercice, autant, parfois, les candidats aux législatives sont peu à l’aise face aux médias. Les séquences où les candidats bafouillent ou sont pétrifiés ont beaucoup de succès sur les réseaux. Et c’est un peu la spécialité des émissions politiques de France 3…

On ne cherche pas à planter les gens ! Il n’y a pas de questions-pièges. Dans ces séquences, les candidats s’embourbent tout seuls.

Vous n’avez pas de question type pour sortir les interviewés de leur discours formatés ?

J’aime ramener les invités à leur parcours, au-delà de leur titre ou fonction du moment. J’aime bien leur rappeler l’endroit où ils ont été élus à un moment en leur posant une question sur l’actualité locale de leur région d’origine ou de passage. On aborde comme ça un sujet concret qui les implique personnellement. C’est original, et c’est la signature de la 3. Les questions plus inattendues sont celles qui permettent des réponses inattendues et sincères.

Savez-vous à l’avance quelles questions vont donner les réponses les plus intéressantes ?

J’ai ma petite idée mais il faut surtout s’adapter au déroulement de l’interview. J’arrive en plateau avec une somme de question, je n’en pose pas 25 % ! En une demi-heure, il faut percuter tout de suite. Dimanche en politique est l’émission politique la plus regardée mais aussi la plus courte, on ne peut rien rater. C’est un exercice frustrant qui demande une grande concentration. Alors qu’en soirées électorales, on peut s’amuser. On a du temps donc on peut se permettre de rigoler un peu quand il y a des moments inattendus, des problèmes techniques ou des interviewés qui se font attendre… Le point commun des deux émissions c’est qu’on ne s’ennuie pas !

Après les élections, il y aura le début du mercato des médias. On voit rarement votre nom sur la liste des transferts possibles. Vous êtes à France 3 pour toujours ?

France 3 c’est ma maison depuis toujours et il y a une injustice à ne pas reconnaître la force de frappe de cette chaîne que j’adore. Je ne suis pas issu d’un milieu parisien, et France 3 m’a pourtant permis d’y évoluer et de faire mon travail. Aujourd’hui, le groupe France TV est dans l’œil du cyclone avec le projet de suppression de la redevance mais je ne suis pas candidat au départ. D’ailleurs, je ne sais même comment on fait pour participer à ce mercato. Il faut se déclarer ?

Comme en politique, ça passe par des petites phrases…

France TV, ça me va très bien, franchement. Dans le PAF actuel, il faut avoir sa case, que les gens sachent où vous trouver, sinon ils vous perdent. La grande stabilité dans mon parcours, cette régularité et fidélité, c’est important, c’est ma force. Les directions successives m’ont fait confiance, ce doit être parce que quand on est un journaliste avec un style, on n’est pas interchangeable facilement.

Avec son air jovial de bon élève décontracté, Francis Letellier fait oublier le temps – et les gouvernements – qui passent. Dimanche soir sur France 3, il était, à nouveau, aux manettes de la soirée électorale pour les élections législatives 2022. Il sera de retour le 19 juin pour le second tour.

Egalement à la manœuvre pour l’émission Dimanche en politique, Francis Letellier vante les mérites de sa chaîne de toujours pour la couverture des élections : « C’est unique au monde, à ma connaissance, d’avoir une chaîne qui offre à la fois des analyses et des décrochages locaux, et des commentaires sur la dimension nationale des résultats, dans la même soirée, sur un même plateau. »

Pour 20 Minutes, le journaliste normand évoque la séquence médiatiquo-électorale que traverse la France en ce moment.

C’est un marathon qui touche bientôt à sa fin pour les journalistes politiques comme vous. Pas trop fatigué ?

Si ! Mais je veux bien être fatigué pour ça ! J’adore cette séquence politique. Contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre comme commentaires, j’ai trouvé cette campagne intéressante. On a parlé de pouvoir d’achat, ce qui est assez neuf, et puis surtout, on vit la suite de la reconstruction du paysage politique, qui est encore en train de se faire. La gauche va a minima redevenir l’opposition numéro un, la majorité absolue n’est pas gagnée pour Macron. Qui aurait pu imaginer cela il y a quelques mois ?

Pour expliquer un certain désintérêt du public pour ces élections, on a beaucoup dit que les hommes et femmes politiques de cette campagne n’étaient pas à la hauteur, n’étaient pas bons dans les médias. Vous êtes d’accord ?

Je trouve ça sévère. L’avantage de l’expérience, c’est de savoir que ce n’était pas mieux il y a vingt ans. Le gouvernement Balladur, vous pensez que c’était mieux ? Et le gouvernement Valls, vous vous rappelez ? Ce n’était pas terrible non plus. Les politiques ne sont pas plus nuls aujourd’hui qu’il y a 10 ou 20 ans. On a eu des hommes et des femmes politiques assez tièdes ces vingt dernières années. Je trouve gênant cette mode du mépris, de la part des confrères, à l’égard du personnel politique qui, médiatiquement, ne serait pas au niveau. Parce que ça dépend aussi de nous, journalistes. C’est à nous de resituer les débats, d’éviter les questions fainéantes sur les sondages ou la polémique du jour. C’est à nous de trouver des questions qui les font sortir des clous.

En janvier, vous avez réussi à faire sortir Fabien Roussel des clous avec sa réponse : « Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française »…

Ma question portait sur le fait qu’Emmanuel Macron avait vanté le vin français en Une de la Revue des vins de France. Je lui demandais si c’était le rôle d’un président. Cette question-là, je ne l’avais entendue nulle part. Ma relance a cette question portait sur la limite entre culture française du vin et lutte contre l’alcoolisme. Mais je n’ai pas eu besoin de la faire parce que la réponse était déjà assez forte…

Trouvez-vous la campagne des législatives aussi intéressante que celle de la présidentielle ?

Politiquement c’est une continuité, mais journalistiquement c’est complètement différent. La présidentielle, c’est la cour de récréation de TF1 et France 2. Mais les législatives, c’est France 3. Pour les deux tours, de 19 heures à minuit, on est capable de donner et analyser les résultats circo par circo, mais aussi de proposer des éclairages nationaux et un contexte global. Ça n’existe nulle part en France ni en Europe. On s’appuie sur nos journalistes en région, nos antennes locales qui ont réalisé des centaines d’interviews des candidats.

Autant, pour la présidentielle, les candidats sont rompus à l’exercice, autant, parfois, les candidats aux législatives sont peu à l’aise face aux médias. Les séquences où les candidats bafouillent ou sont pétrifiés ont beaucoup de succès sur les réseaux. Et c’est un peu la spécialité des émissions politiques de France 3…

On ne cherche pas à planter les gens ! Il n’y a pas de questions-pièges. Dans ces séquences, les candidats s’embourbent tout seuls.

Vous n’avez pas de question type pour sortir les interviewés de leur discours formatés ?

J’aime ramener les invités à leur parcours, au-delà de leur titre ou fonction du moment. J’aime bien leur rappeler l’endroit où ils ont été élus à un moment en leur posant une question sur l’actualité locale de leur région d’origine ou de passage. On aborde comme ça un sujet concret qui les implique personnellement. C’est original, et c’est la signature de la 3. Les questions plus inattendues sont celles qui permettent des réponses inattendues et sincères.

Savez-vous à l’avance quelles questions vont donner les réponses les plus intéressantes ?

J’ai ma petite idée mais il faut surtout s’adapter au déroulement de l’interview. J’arrive en plateau avec une somme de question, je n’en pose pas 25 % ! En une demi-heure, il faut percuter tout de suite. Dimanche en politique est l’émission politique la plus regardée mais aussi la plus courte, on ne peut rien rater. C’est un exercice frustrant qui demande une grande concentration. Alors qu’en soirées électorales, on peut s’amuser. On a du temps donc on peut se permettre de rigoler un peu quand il y a des moments inattendus, des problèmes techniques ou des interviewés qui se font attendre… Le point commun des deux émissions c’est qu’on ne s’ennuie pas !

Après les élections, il y aura le début du mercato des médias. On voit rarement votre nom sur la liste des transferts possibles. Vous êtes à France 3 pour toujours ?

France 3 c’est ma maison depuis toujours et il y a une injustice à ne pas reconnaître la force de frappe de cette chaîne que j’adore. Je ne suis pas issu d’un milieu parisien, et France 3 m’a pourtant permis d’y évoluer et de faire mon travail. Aujourd’hui, le groupe France TV est dans l’œil du cyclone avec le projet de suppression de la redevance mais je ne suis pas candidat au départ. D’ailleurs, je ne sais même comment on fait pour participer à ce mercato. Il faut se déclarer ?

Comme en politique, ça passe par des petites phrases…

France TV, ça me va très bien, franchement. Dans le PAF actuel, il faut avoir sa case, que les gens sachent où vous trouver, sinon ils vous perdent. La grande stabilité dans mon parcours, cette régularité et fidélité, c’est important, c’est ma force. Les directions successives m’ont fait confiance, ce doit être parce que quand on est un journaliste avec un style, on n’est pas interchangeable facilement.

Avec son air jovial de bon élève décontracté, Francis Letellier fait oublier le temps – et les gouvernements – qui passent. Dimanche soir sur France 3, il était, à nouveau, aux manettes de la soirée électorale pour les élections législatives 2022. Il sera de retour le 19 juin pour le second tour.

Egalement à la manœuvre pour l’émission Dimanche en politique, Francis Letellier vante les mérites de sa chaîne de toujours pour la couverture des élections : « C’est unique au monde, à ma connaissance, d’avoir une chaîne qui offre à la fois des analyses et des décrochages locaux, et des commentaires sur la dimension nationale des résultats, dans la même soirée, sur un même plateau. »

Pour 20 Minutes, le journaliste normand évoque la séquence médiatiquo-électorale que traverse la France en ce moment.

C’est un marathon qui touche bientôt à sa fin pour les journalistes politiques comme vous. Pas trop fatigué ?

Si ! Mais je veux bien être fatigué pour ça ! J’adore cette séquence politique. Contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre comme commentaires, j’ai trouvé cette campagne intéressante. On a parlé de pouvoir d’achat, ce qui est assez neuf, et puis surtout, on vit la suite de la reconstruction du paysage politique, qui est encore en train de se faire. La gauche va a minima redevenir l’opposition numéro un, la majorité absolue n’est pas gagnée pour Macron. Qui aurait pu imaginer cela il y a quelques mois ?

Pour expliquer un certain désintérêt du public pour ces élections, on a beaucoup dit que les hommes et femmes politiques de cette campagne n’étaient pas à la hauteur, n’étaient pas bons dans les médias. Vous êtes d’accord ?

Je trouve ça sévère. L’avantage de l’expérience, c’est de savoir que ce n’était pas mieux il y a vingt ans. Le gouvernement Balladur, vous pensez que c’était mieux ? Et le gouvernement Valls, vous vous rappelez ? Ce n’était pas terrible non plus. Les politiques ne sont pas plus nuls aujourd’hui qu’il y a 10 ou 20 ans. On a eu des hommes et des femmes politiques assez tièdes ces vingt dernières années. Je trouve gênant cette mode du mépris, de la part des confrères, à l’égard du personnel politique qui, médiatiquement, ne serait pas au niveau. Parce que ça dépend aussi de nous, journalistes. C’est à nous de resituer les débats, d’éviter les questions fainéantes sur les sondages ou la polémique du jour. C’est à nous de trouver des questions qui les font sortir des clous.

En janvier, vous avez réussi à faire sortir Fabien Roussel des clous avec sa réponse : « Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française »…

Ma question portait sur le fait qu’Emmanuel Macron avait vanté le vin français en Une de la Revue des vins de France. Je lui demandais si c’était le rôle d’un président. Cette question-là, je ne l’avais entendue nulle part. Ma relance a cette question portait sur la limite entre culture française du vin et lutte contre l’alcoolisme. Mais je n’ai pas eu besoin de la faire parce que la réponse était déjà assez forte…

Trouvez-vous la campagne des législatives aussi intéressante que celle de la présidentielle ?

Politiquement c’est une continuité, mais journalistiquement c’est complètement différent. La présidentielle, c’est la cour de récréation de TF1 et France 2. Mais les législatives, c’est France 3. Pour les deux tours, de 19 heures à minuit, on est capable de donner et analyser les résultats circo par circo, mais aussi de proposer des éclairages nationaux et un contexte global. Ça n’existe nulle part en France ni en Europe. On s’appuie sur nos journalistes en région, nos antennes locales qui ont réalisé des centaines d’interviews des candidats.

Autant, pour la présidentielle, les candidats sont rompus à l’exercice, autant, parfois, les candidats aux législatives sont peu à l’aise face aux médias. Les séquences où les candidats bafouillent ou sont pétrifiés ont beaucoup de succès sur les réseaux. Et c’est un peu la spécialité des émissions politiques de France 3…

On ne cherche pas à planter les gens ! Il n’y a pas de questions-pièges. Dans ces séquences, les candidats s’embourbent tout seuls.

Vous n’avez pas de question type pour sortir les interviewés de leur discours formatés ?

J’aime ramener les invités à leur parcours, au-delà de leur titre ou fonction du moment. J’aime bien leur rappeler l’endroit où ils ont été élus à un moment en leur posant une question sur l’actualité locale de leur région d’origine ou de passage. On aborde comme ça un sujet concret qui les implique personnellement. C’est original, et c’est la signature de la 3. Les questions plus inattendues sont celles qui permettent des réponses inattendues et sincères.

Savez-vous à l’avance quelles questions vont donner les réponses les plus intéressantes ?

J’ai ma petite idée mais il faut surtout s’adapter au déroulement de l’interview. J’arrive en plateau avec une somme de question, je n’en pose pas 25 % ! En une demi-heure, il faut percuter tout de suite. Dimanche en politique est l’émission politique la plus regardée mais aussi la plus courte, on ne peut rien rater. C’est un exercice frustrant qui demande une grande concentration. Alors qu’en soirées électorales, on peut s’amuser. On a du temps donc on peut se permettre de rigoler un peu quand il y a des moments inattendus, des problèmes techniques ou des interviewés qui se font attendre… Le point commun des deux émissions c’est qu’on ne s’ennuie pas !

Après les élections, il y aura le début du mercato des médias. On voit rarement votre nom sur la liste des transferts possibles. Vous êtes à France 3 pour toujours ?

France 3 c’est ma maison depuis toujours et il y a une injustice à ne pas reconnaître la force de frappe de cette chaîne que j’adore. Je ne suis pas issu d’un milieu parisien, et France 3 m’a pourtant permis d’y évoluer et de faire mon travail. Aujourd’hui, le groupe France TV est dans l’œil du cyclone avec le projet de suppression de la redevance mais je ne suis pas candidat au départ. D’ailleurs, je ne sais même comment on fait pour participer à ce mercato. Il faut se déclarer ?

Comme en politique, ça passe par des petites phrases…

France TV, ça me va très bien, franchement. Dans le PAF actuel, il faut avoir sa case, que les gens sachent où vous trouver, sinon ils vous perdent. La grande stabilité dans mon parcours, cette régularité et fidélité, c’est important, c’est ma force. Les directions successives m’ont fait confiance, ce doit être parce que quand on est un journaliste avec un style, on n’est pas interchangeable facilement.

Avec son air jovial de bon élève décontracté, Francis Letellier fait oublier le temps – et les gouvernements – qui passent. Dimanche soir sur France 3, il était, à nouveau, aux manettes de la soirée électorale pour les élections législatives 2022. Il sera de retour le 19 juin pour le second tour.

Egalement à la manœuvre pour l’émission Dimanche en politique, Francis Letellier vante les mérites de sa chaîne de toujours pour la couverture des élections : « C’est unique au monde, à ma connaissance, d’avoir une chaîne qui offre à la fois des analyses et des décrochages locaux, et des commentaires sur la dimension nationale des résultats, dans la même soirée, sur un même plateau. »

Pour 20 Minutes, le journaliste normand évoque la séquence médiatiquo-électorale que traverse la France en ce moment.

C’est un marathon qui touche bientôt à sa fin pour les journalistes politiques comme vous. Pas trop fatigué ?

Si ! Mais je veux bien être fatigué pour ça ! J’adore cette séquence politique. Contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre comme commentaires, j’ai trouvé cette campagne intéressante. On a parlé de pouvoir d’achat, ce qui est assez neuf, et puis surtout, on vit la suite de la reconstruction du paysage politique, qui est encore en train de se faire. La gauche va a minima redevenir l’opposition numéro un, la majorité absolue n’est pas gagnée pour Macron. Qui aurait pu imaginer cela il y a quelques mois ?

Pour expliquer un certain désintérêt du public pour ces élections, on a beaucoup dit que les hommes et femmes politiques de cette campagne n’étaient pas à la hauteur, n’étaient pas bons dans les médias. Vous êtes d’accord ?

Je trouve ça sévère. L’avantage de l’expérience, c’est de savoir que ce n’était pas mieux il y a vingt ans. Le gouvernement Balladur, vous pensez que c’était mieux ? Et le gouvernement Valls, vous vous rappelez ? Ce n’était pas terrible non plus. Les politiques ne sont pas plus nuls aujourd’hui qu’il y a 10 ou 20 ans. On a eu des hommes et des femmes politiques assez tièdes ces vingt dernières années. Je trouve gênant cette mode du mépris, de la part des confrères, à l’égard du personnel politique qui, médiatiquement, ne serait pas au niveau. Parce que ça dépend aussi de nous, journalistes. C’est à nous de resituer les débats, d’éviter les questions fainéantes sur les sondages ou la polémique du jour. C’est à nous de trouver des questions qui les font sortir des clous.

En janvier, vous avez réussi à faire sortir Fabien Roussel des clous avec sa réponse : « Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française »…

Ma question portait sur le fait qu’Emmanuel Macron avait vanté le vin français en Une de la Revue des vins de France. Je lui demandais si c’était le rôle d’un président. Cette question-là, je ne l’avais entendue nulle part. Ma relance a cette question portait sur la limite entre culture française du vin et lutte contre l’alcoolisme. Mais je n’ai pas eu besoin de la faire parce que la réponse était déjà assez forte…

Trouvez-vous la campagne des législatives aussi intéressante que celle de la présidentielle ?

Politiquement c’est une continuité, mais journalistiquement c’est complètement différent. La présidentielle, c’est la cour de récréation de TF1 et France 2. Mais les législatives, c’est France 3. Pour les deux tours, de 19 heures à minuit, on est capable de donner et analyser les résultats circo par circo, mais aussi de proposer des éclairages nationaux et un contexte global. Ça n’existe nulle part en France ni en Europe. On s’appuie sur nos journalistes en région, nos antennes locales qui ont réalisé des centaines d’interviews des candidats.

Autant, pour la présidentielle, les candidats sont rompus à l’exercice, autant, parfois, les candidats aux législatives sont peu à l’aise face aux médias. Les séquences où les candidats bafouillent ou sont pétrifiés ont beaucoup de succès sur les réseaux. Et c’est un peu la spécialité des émissions politiques de France 3…

On ne cherche pas à planter les gens ! Il n’y a pas de questions-pièges. Dans ces séquences, les candidats s’embourbent tout seuls.

Vous n’avez pas de question type pour sortir les interviewés de leur discours formatés ?

J’aime ramener les invités à leur parcours, au-delà de leur titre ou fonction du moment. J’aime bien leur rappeler l’endroit où ils ont été élus à un moment en leur posant une question sur l’actualité locale de leur région d’origine ou de passage. On aborde comme ça un sujet concret qui les implique personnellement. C’est original, et c’est la signature de la 3. Les questions plus inattendues sont celles qui permettent des réponses inattendues et sincères.

Savez-vous à l’avance quelles questions vont donner les réponses les plus intéressantes ?

J’ai ma petite idée mais il faut surtout s’adapter au déroulement de l’interview. J’arrive en plateau avec une somme de question, je n’en pose pas 25 % ! En une demi-heure, il faut percuter tout de suite. Dimanche en politique est l’émission politique la plus regardée mais aussi la plus courte, on ne peut rien rater. C’est un exercice frustrant qui demande une grande concentration. Alors qu’en soirées électorales, on peut s’amuser. On a du temps donc on peut se permettre de rigoler un peu quand il y a des moments inattendus, des problèmes techniques ou des interviewés qui se font attendre… Le point commun des deux émissions c’est qu’on ne s’ennuie pas !

Après les élections, il y aura le début du mercato des médias. On voit rarement votre nom sur la liste des transferts possibles. Vous êtes à France 3 pour toujours ?

France 3 c’est ma maison depuis toujours et il y a une injustice à ne pas reconnaître la force de frappe de cette chaîne que j’adore. Je ne suis pas issu d’un milieu parisien, et France 3 m’a pourtant permis d’y évoluer et de faire mon travail. Aujourd’hui, le groupe France TV est dans l’œil du cyclone avec le projet de suppression de la redevance mais je ne suis pas candidat au départ. D’ailleurs, je ne sais même comment on fait pour participer à ce mercato. Il faut se déclarer ?

Comme en politique, ça passe par des petites phrases…

France TV, ça me va très bien, franchement. Dans le PAF actuel, il faut avoir sa case, que les gens sachent où vous trouver, sinon ils vous perdent. La grande stabilité dans mon parcours, cette régularité et fidélité, c’est important, c’est ma force. Les directions successives m’ont fait confiance, ce doit être parce que quand on est un journaliste avec un style, on n’est pas interchangeable facilement.

Avec son air jovial de bon élève décontracté, Francis Letellier fait oublier le temps – et les gouvernements – qui passent. Dimanche soir sur France 3, il était, à nouveau, aux manettes de la soirée électorale pour les élections législatives 2022. Il sera de retour le 19 juin pour le second tour.

Egalement à la manœuvre pour l’émission Dimanche en politique, Francis Letellier vante les mérites de sa chaîne de toujours pour la couverture des élections : « C’est unique au monde, à ma connaissance, d’avoir une chaîne qui offre à la fois des analyses et des décrochages locaux, et des commentaires sur la dimension nationale des résultats, dans la même soirée, sur un même plateau. »

Pour 20 Minutes, le journaliste normand évoque la séquence médiatiquo-électorale que traverse la France en ce moment.

C’est un marathon qui touche bientôt à sa fin pour les journalistes politiques comme vous. Pas trop fatigué ?

Si ! Mais je veux bien être fatigué pour ça ! J’adore cette séquence politique. Contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre comme commentaires, j’ai trouvé cette campagne intéressante. On a parlé de pouvoir d’achat, ce qui est assez neuf, et puis surtout, on vit la suite de la reconstruction du paysage politique, qui est encore en train de se faire. La gauche va a minima redevenir l’opposition numéro un, la majorité absolue n’est pas gagnée pour Macron. Qui aurait pu imaginer cela il y a quelques mois ?

Pour expliquer un certain désintérêt du public pour ces élections, on a beaucoup dit que les hommes et femmes politiques de cette campagne n’étaient pas à la hauteur, n’étaient pas bons dans les médias. Vous êtes d’accord ?

Je trouve ça sévère. L’avantage de l’expérience, c’est de savoir que ce n’était pas mieux il y a vingt ans. Le gouvernement Balladur, vous pensez que c’était mieux ? Et le gouvernement Valls, vous vous rappelez ? Ce n’était pas terrible non plus. Les politiques ne sont pas plus nuls aujourd’hui qu’il y a 10 ou 20 ans. On a eu des hommes et des femmes politiques assez tièdes ces vingt dernières années. Je trouve gênant cette mode du mépris, de la part des confrères, à l’égard du personnel politique qui, médiatiquement, ne serait pas au niveau. Parce que ça dépend aussi de nous, journalistes. C’est à nous de resituer les débats, d’éviter les questions fainéantes sur les sondages ou la polémique du jour. C’est à nous de trouver des questions qui les font sortir des clous.

En janvier, vous avez réussi à faire sortir Fabien Roussel des clous avec sa réponse : « Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française »…

Ma question portait sur le fait qu’Emmanuel Macron avait vanté le vin français en Une de la Revue des vins de France. Je lui demandais si c’était le rôle d’un président. Cette question-là, je ne l’avais entendue nulle part. Ma relance a cette question portait sur la limite entre culture française du vin et lutte contre l’alcoolisme. Mais je n’ai pas eu besoin de la faire parce que la réponse était déjà assez forte…

Trouvez-vous la campagne des législatives aussi intéressante que celle de la présidentielle ?

Politiquement c’est une continuité, mais journalistiquement c’est complètement différent. La présidentielle, c’est la cour de récréation de TF1 et France 2. Mais les législatives, c’est France 3. Pour les deux tours, de 19 heures à minuit, on est capable de donner et analyser les résultats circo par circo, mais aussi de proposer des éclairages nationaux et un contexte global. Ça n’existe nulle part en France ni en Europe. On s’appuie sur nos journalistes en région, nos antennes locales qui ont réalisé des centaines d’interviews des candidats.

Autant, pour la présidentielle, les candidats sont rompus à l’exercice, autant, parfois, les candidats aux législatives sont peu à l’aise face aux médias. Les séquences où les candidats bafouillent ou sont pétrifiés ont beaucoup de succès sur les réseaux. Et c’est un peu la spécialité des émissions politiques de France 3…

On ne cherche pas à planter les gens ! Il n’y a pas de questions-pièges. Dans ces séquences, les candidats s’embourbent tout seuls.

Vous n’avez pas de question type pour sortir les interviewés de leur discours formatés ?

J’aime ramener les invités à leur parcours, au-delà de leur titre ou fonction du moment. J’aime bien leur rappeler l’endroit où ils ont été élus à un moment en leur posant une question sur l’actualité locale de leur région d’origine ou de passage. On aborde comme ça un sujet concret qui les implique personnellement. C’est original, et c’est la signature de la 3. Les questions plus inattendues sont celles qui permettent des réponses inattendues et sincères.

Savez-vous à l’avance quelles questions vont donner les réponses les plus intéressantes ?

J’ai ma petite idée mais il faut surtout s’adapter au déroulement de l’interview. J’arrive en plateau avec une somme de question, je n’en pose pas 25 % ! En une demi-heure, il faut percuter tout de suite. Dimanche en politique est l’émission politique la plus regardée mais aussi la plus courte, on ne peut rien rater. C’est un exercice frustrant qui demande une grande concentration. Alors qu’en soirées électorales, on peut s’amuser. On a du temps donc on peut se permettre de rigoler un peu quand il y a des moments inattendus, des problèmes techniques ou des interviewés qui se font attendre… Le point commun des deux émissions c’est qu’on ne s’ennuie pas !

Après les élections, il y aura le début du mercato des médias. On voit rarement votre nom sur la liste des transferts possibles. Vous êtes à France 3 pour toujours ?

France 3 c’est ma maison depuis toujours et il y a une injustice à ne pas reconnaître la force de frappe de cette chaîne que j’adore. Je ne suis pas issu d’un milieu parisien, et France 3 m’a pourtant permis d’y évoluer et de faire mon travail. Aujourd’hui, le groupe France TV est dans l’œil du cyclone avec le projet de suppression de la redevance mais je ne suis pas candidat au départ. D’ailleurs, je ne sais même comment on fait pour participer à ce mercato. Il faut se déclarer ?

Comme en politique, ça passe par des petites phrases…

France TV, ça me va très bien, franchement. Dans le PAF actuel, il faut avoir sa case, que les gens sachent où vous trouver, sinon ils vous perdent. La grande stabilité dans mon parcours, cette régularité et fidélité, c’est important, c’est ma force. Les directions successives m’ont fait confiance, ce doit être parce que quand on est un journaliste avec un style, on n’est pas interchangeable facilement.

Avec son air jovial de bon élève décontracté, Francis Letellier fait oublier le temps – et les gouvernements – qui passent. Dimanche soir sur France 3, il était, à nouveau, aux manettes de la soirée électorale pour les élections législatives 2022. Il sera de retour le 19 juin pour le second tour.

Egalement à la manœuvre pour l’émission Dimanche en politique, Francis Letellier vante les mérites de sa chaîne de toujours pour la couverture des élections : « C’est unique au monde, à ma connaissance, d’avoir une chaîne qui offre à la fois des analyses et des décrochages locaux, et des commentaires sur la dimension nationale des résultats, dans la même soirée, sur un même plateau. »

Pour 20 Minutes, le journaliste normand évoque la séquence médiatiquo-électorale que traverse la France en ce moment.

C’est un marathon qui touche bientôt à sa fin pour les journalistes politiques comme vous. Pas trop fatigué ?

Si ! Mais je veux bien être fatigué pour ça ! J’adore cette séquence politique. Contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre comme commentaires, j’ai trouvé cette campagne intéressante. On a parlé de pouvoir d’achat, ce qui est assez neuf, et puis surtout, on vit la suite de la reconstruction du paysage politique, qui est encore en train de se faire. La gauche va a minima redevenir l’opposition numéro un, la majorité absolue n’est pas gagnée pour Macron. Qui aurait pu imaginer cela il y a quelques mois ?

Pour expliquer un certain désintérêt du public pour ces élections, on a beaucoup dit que les hommes et femmes politiques de cette campagne n’étaient pas à la hauteur, n’étaient pas bons dans les médias. Vous êtes d’accord ?

Je trouve ça sévère. L’avantage de l’expérience, c’est de savoir que ce n’était pas mieux il y a vingt ans. Le gouvernement Balladur, vous pensez que c’était mieux ? Et le gouvernement Valls, vous vous rappelez ? Ce n’était pas terrible non plus. Les politiques ne sont pas plus nuls aujourd’hui qu’il y a 10 ou 20 ans. On a eu des hommes et des femmes politiques assez tièdes ces vingt dernières années. Je trouve gênant cette mode du mépris, de la part des confrères, à l’égard du personnel politique qui, médiatiquement, ne serait pas au niveau. Parce que ça dépend aussi de nous, journalistes. C’est à nous de resituer les débats, d’éviter les questions fainéantes sur les sondages ou la polémique du jour. C’est à nous de trouver des questions qui les font sortir des clous.

En janvier, vous avez réussi à faire sortir Fabien Roussel des clous avec sa réponse : « Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française »…

Ma question portait sur le fait qu’Emmanuel Macron avait vanté le vin français en Une de la Revue des vins de France. Je lui demandais si c’était le rôle d’un président. Cette question-là, je ne l’avais entendue nulle part. Ma relance a cette question portait sur la limite entre culture française du vin et lutte contre l’alcoolisme. Mais je n’ai pas eu besoin de la faire parce que la réponse était déjà assez forte…

Trouvez-vous la campagne des législatives aussi intéressante que celle de la présidentielle ?

Politiquement c’est une continuité, mais journalistiquement c’est complètement différent. La présidentielle, c’est la cour de récréation de TF1 et France 2. Mais les législatives, c’est France 3. Pour les deux tours, de 19 heures à minuit, on est capable de donner et analyser les résultats circo par circo, mais aussi de proposer des éclairages nationaux et un contexte global. Ça n’existe nulle part en France ni en Europe. On s’appuie sur nos journalistes en région, nos antennes locales qui ont réalisé des centaines d’interviews des candidats.

Autant, pour la présidentielle, les candidats sont rompus à l’exercice, autant, parfois, les candidats aux législatives sont peu à l’aise face aux médias. Les séquences où les candidats bafouillent ou sont pétrifiés ont beaucoup de succès sur les réseaux. Et c’est un peu la spécialité des émissions politiques de France 3…

On ne cherche pas à planter les gens ! Il n’y a pas de questions-pièges. Dans ces séquences, les candidats s’embourbent tout seuls.

Vous n’avez pas de question type pour sortir les interviewés de leur discours formatés ?

J’aime ramener les invités à leur parcours, au-delà de leur titre ou fonction du moment. J’aime bien leur rappeler l’endroit où ils ont été élus à un moment en leur posant une question sur l’actualité locale de leur région d’origine ou de passage. On aborde comme ça un sujet concret qui les implique personnellement. C’est original, et c’est la signature de la 3. Les questions plus inattendues sont celles qui permettent des réponses inattendues et sincères.

Savez-vous à l’avance quelles questions vont donner les réponses les plus intéressantes ?

J’ai ma petite idée mais il faut surtout s’adapter au déroulement de l’interview. J’arrive en plateau avec une somme de question, je n’en pose pas 25 % ! En une demi-heure, il faut percuter tout de suite. Dimanche en politique est l’émission politique la plus regardée mais aussi la plus courte, on ne peut rien rater. C’est un exercice frustrant qui demande une grande concentration. Alors qu’en soirées électorales, on peut s’amuser. On a du temps donc on peut se permettre de rigoler un peu quand il y a des moments inattendus, des problèmes techniques ou des interviewés qui se font attendre… Le point commun des deux émissions c’est qu’on ne s’ennuie pas !

Après les élections, il y aura le début du mercato des médias. On voit rarement votre nom sur la liste des transferts possibles. Vous êtes à France 3 pour toujours ?

France 3 c’est ma maison depuis toujours et il y a une injustice à ne pas reconnaître la force de frappe de cette chaîne que j’adore. Je ne suis pas issu d’un milieu parisien, et France 3 m’a pourtant permis d’y évoluer et de faire mon travail. Aujourd’hui, le groupe France TV est dans l’œil du cyclone avec le projet de suppression de la redevance mais je ne suis pas candidat au départ. D’ailleurs, je ne sais même comment on fait pour participer à ce mercato. Il faut se déclarer ?

Comme en politique, ça passe par des petites phrases…

France TV, ça me va très bien, franchement. Dans le PAF actuel, il faut avoir sa case, que les gens sachent où vous trouver, sinon ils vous perdent. La grande stabilité dans mon parcours, cette régularité et fidélité, c’est important, c’est ma force. Les directions successives m’ont fait confiance, ce doit être parce que quand on est un journaliste avec un style, on n’est pas interchangeable facilement.

Avec son air jovial de bon élève décontracté, Francis Letellier fait oublier le temps – et les gouvernements – qui passent. Dimanche soir sur France 3, il était, à nouveau, aux manettes de la soirée électorale pour les élections législatives 2022. Il sera de retour le 19 juin pour le second tour.

Egalement à la manœuvre pour l’émission Dimanche en politique, Francis Letellier vante les mérites de sa chaîne de toujours pour la couverture des élections : « C’est unique au monde, à ma connaissance, d’avoir une chaîne qui offre à la fois des analyses et des décrochages locaux, et des commentaires sur la dimension nationale des résultats, dans la même soirée, sur un même plateau. »

Pour 20 Minutes, le journaliste normand évoque la séquence médiatiquo-électorale que traverse la France en ce moment.

C’est un marathon qui touche bientôt à sa fin pour les journalistes politiques comme vous. Pas trop fatigué ?

Si ! Mais je veux bien être fatigué pour ça ! J’adore cette séquence politique. Contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre comme commentaires, j’ai trouvé cette campagne intéressante. On a parlé de pouvoir d’achat, ce qui est assez neuf, et puis surtout, on vit la suite de la reconstruction du paysage politique, qui est encore en train de se faire. La gauche va a minima redevenir l’opposition numéro un, la majorité absolue n’est pas gagnée pour Macron. Qui aurait pu imaginer cela il y a quelques mois ?

Pour expliquer un certain désintérêt du public pour ces élections, on a beaucoup dit que les hommes et femmes politiques de cette campagne n’étaient pas à la hauteur, n’étaient pas bons dans les médias. Vous êtes d’accord ?

Je trouve ça sévère. L’avantage de l’expérience, c’est de savoir que ce n’était pas mieux il y a vingt ans. Le gouvernement Balladur, vous pensez que c’était mieux ? Et le gouvernement Valls, vous vous rappelez ? Ce n’était pas terrible non plus. Les politiques ne sont pas plus nuls aujourd’hui qu’il y a 10 ou 20 ans. On a eu des hommes et des femmes politiques assez tièdes ces vingt dernières années. Je trouve gênant cette mode du mépris, de la part des confrères, à l’égard du personnel politique qui, médiatiquement, ne serait pas au niveau. Parce que ça dépend aussi de nous, journalistes. C’est à nous de resituer les débats, d’éviter les questions fainéantes sur les sondages ou la polémique du jour. C’est à nous de trouver des questions qui les font sortir des clous.

En janvier, vous avez réussi à faire sortir Fabien Roussel des clous avec sa réponse : « Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française »…

Ma question portait sur le fait qu’Emmanuel Macron avait vanté le vin français en Une de la Revue des vins de France. Je lui demandais si c’était le rôle d’un président. Cette question-là, je ne l’avais entendue nulle part. Ma relance a cette question portait sur la limite entre culture française du vin et lutte contre l’alcoolisme. Mais je n’ai pas eu besoin de la faire parce que la réponse était déjà assez forte…

Trouvez-vous la campagne des législatives aussi intéressante que celle de la présidentielle ?

Politiquement c’est une continuité, mais journalistiquement c’est complètement différent. La présidentielle, c’est la cour de récréation de TF1 et France 2. Mais les législatives, c’est France 3. Pour les deux tours, de 19 heures à minuit, on est capable de donner et analyser les résultats circo par circo, mais aussi de proposer des éclairages nationaux et un contexte global. Ça n’existe nulle part en France ni en Europe. On s’appuie sur nos journalistes en région, nos antennes locales qui ont réalisé des centaines d’interviews des candidats.

Autant, pour la présidentielle, les candidats sont rompus à l’exercice, autant, parfois, les candidats aux législatives sont peu à l’aise face aux médias. Les séquences où les candidats bafouillent ou sont pétrifiés ont beaucoup de succès sur les réseaux. Et c’est un peu la spécialité des émissions politiques de France 3…

On ne cherche pas à planter les gens ! Il n’y a pas de questions-pièges. Dans ces séquences, les candidats s’embourbent tout seuls.

Vous n’avez pas de question type pour sortir les interviewés de leur discours formatés ?

J’aime ramener les invités à leur parcours, au-delà de leur titre ou fonction du moment. J’aime bien leur rappeler l’endroit où ils ont été élus à un moment en leur posant une question sur l’actualité locale de leur région d’origine ou de passage. On aborde comme ça un sujet concret qui les implique personnellement. C’est original, et c’est la signature de la 3. Les questions plus inattendues sont celles qui permettent des réponses inattendues et sincères.

Savez-vous à l’avance quelles questions vont donner les réponses les plus intéressantes ?

J’ai ma petite idée mais il faut surtout s’adapter au déroulement de l’interview. J’arrive en plateau avec une somme de question, je n’en pose pas 25 % ! En une demi-heure, il faut percuter tout de suite. Dimanche en politique est l’émission politique la plus regardée mais aussi la plus courte, on ne peut rien rater. C’est un exercice frustrant qui demande une grande concentration. Alors qu’en soirées électorales, on peut s’amuser. On a du temps donc on peut se permettre de rigoler un peu quand il y a des moments inattendus, des problèmes techniques ou des interviewés qui se font attendre… Le point commun des deux émissions c’est qu’on ne s’ennuie pas !

Après les élections, il y aura le début du mercato des médias. On voit rarement votre nom sur la liste des transferts possibles. Vous êtes à France 3 pour toujours ?

France 3 c’est ma maison depuis toujours et il y a une injustice à ne pas reconnaître la force de frappe de cette chaîne que j’adore. Je ne suis pas issu d’un milieu parisien, et France 3 m’a pourtant permis d’y évoluer et de faire mon travail. Aujourd’hui, le groupe France TV est dans l’œil du cyclone avec le projet de suppression de la redevance mais je ne suis pas candidat au départ. D’ailleurs, je ne sais même comment on fait pour participer à ce mercato. Il faut se déclarer ?

Comme en politique, ça passe par des petites phrases…

France TV, ça me va très bien, franchement. Dans le PAF actuel, il faut avoir sa case, que les gens sachent où vous trouver, sinon ils vous perdent. La grande stabilité dans mon parcours, cette régularité et fidélité, c’est important, c’est ma force. Les directions successives m’ont fait confiance, ce doit être parce que quand on est un journaliste avec un style, on n’est pas interchangeable facilement.

Avec son air jovial de bon élève décontracté, Francis Letellier fait oublier le temps – et les gouvernements – qui passent. Dimanche soir sur France 3, il était, à nouveau, aux manettes de la soirée électorale pour les élections législatives 2022. Il sera de retour le 19 juin pour le second tour.

Egalement à la manœuvre pour l’émission Dimanche en politique, Francis Letellier vante les mérites de sa chaîne de toujours pour la couverture des élections : « C’est unique au monde, à ma connaissance, d’avoir une chaîne qui offre à la fois des analyses et des décrochages locaux, et des commentaires sur la dimension nationale des résultats, dans la même soirée, sur un même plateau. »

Pour 20 Minutes, le journaliste normand évoque la séquence médiatiquo-électorale que traverse la France en ce moment.

C’est un marathon qui touche bientôt à sa fin pour les journalistes politiques comme vous. Pas trop fatigué ?

Si ! Mais je veux bien être fatigué pour ça ! J’adore cette séquence politique. Contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre comme commentaires, j’ai trouvé cette campagne intéressante. On a parlé de pouvoir d’achat, ce qui est assez neuf, et puis surtout, on vit la suite de la reconstruction du paysage politique, qui est encore en train de se faire. La gauche va a minima redevenir l’opposition numéro un, la majorité absolue n’est pas gagnée pour Macron. Qui aurait pu imaginer cela il y a quelques mois ?

Pour expliquer un certain désintérêt du public pour ces élections, on a beaucoup dit que les hommes et femmes politiques de cette campagne n’étaient pas à la hauteur, n’étaient pas bons dans les médias. Vous êtes d’accord ?

Je trouve ça sévère. L’avantage de l’expérience, c’est de savoir que ce n’était pas mieux il y a vingt ans. Le gouvernement Balladur, vous pensez que c’était mieux ? Et le gouvernement Valls, vous vous rappelez ? Ce n’était pas terrible non plus. Les politiques ne sont pas plus nuls aujourd’hui qu’il y a 10 ou 20 ans. On a eu des hommes et des femmes politiques assez tièdes ces vingt dernières années. Je trouve gênant cette mode du mépris, de la part des confrères, à l’égard du personnel politique qui, médiatiquement, ne serait pas au niveau. Parce que ça dépend aussi de nous, journalistes. C’est à nous de resituer les débats, d’éviter les questions fainéantes sur les sondages ou la polémique du jour. C’est à nous de trouver des questions qui les font sortir des clous.

En janvier, vous avez réussi à faire sortir Fabien Roussel des clous avec sa réponse : « Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française »…

Ma question portait sur le fait qu’Emmanuel Macron avait vanté le vin français en Une de la Revue des vins de France. Je lui demandais si c’était le rôle d’un président. Cette question-là, je ne l’avais entendue nulle part. Ma relance a cette question portait sur la limite entre culture française du vin et lutte contre l’alcoolisme. Mais je n’ai pas eu besoin de la faire parce que la réponse était déjà assez forte…

Trouvez-vous la campagne des législatives aussi intéressante que celle de la présidentielle ?

Politiquement c’est une continuité, mais journalistiquement c’est complètement différent. La présidentielle, c’est la cour de récréation de TF1 et France 2. Mais les législatives, c’est France 3. Pour les deux tours, de 19 heures à minuit, on est capable de donner et analyser les résultats circo par circo, mais aussi de proposer des éclairages nationaux et un contexte global. Ça n’existe nulle part en France ni en Europe. On s’appuie sur nos journalistes en région, nos antennes locales qui ont réalisé des centaines d’interviews des candidats.

Autant, pour la présidentielle, les candidats sont rompus à l’exercice, autant, parfois, les candidats aux législatives sont peu à l’aise face aux médias. Les séquences où les candidats bafouillent ou sont pétrifiés ont beaucoup de succès sur les réseaux. Et c’est un peu la spécialité des émissions politiques de France 3…

On ne cherche pas à planter les gens ! Il n’y a pas de questions-pièges. Dans ces séquences, les candidats s’embourbent tout seuls.

Vous n’avez pas de question type pour sortir les interviewés de leur discours formatés ?

J’aime ramener les invités à leur parcours, au-delà de leur titre ou fonction du moment. J’aime bien leur rappeler l’endroit où ils ont été élus à un moment en leur posant une question sur l’actualité locale de leur région d’origine ou de passage. On aborde comme ça un sujet concret qui les implique personnellement. C’est original, et c’est la signature de la 3. Les questions plus inattendues sont celles qui permettent des réponses inattendues et sincères.

Savez-vous à l’avance quelles questions vont donner les réponses les plus intéressantes ?

J’ai ma petite idée mais il faut surtout s’adapter au déroulement de l’interview. J’arrive en plateau avec une somme de question, je n’en pose pas 25 % ! En une demi-heure, il faut percuter tout de suite. Dimanche en politique est l’émission politique la plus regardée mais aussi la plus courte, on ne peut rien rater. C’est un exercice frustrant qui demande une grande concentration. Alors qu’en soirées électorales, on peut s’amuser. On a du temps donc on peut se permettre de rigoler un peu quand il y a des moments inattendus, des problèmes techniques ou des interviewés qui se font attendre… Le point commun des deux émissions c’est qu’on ne s’ennuie pas !

Après les élections, il y aura le début du mercato des médias. On voit rarement votre nom sur la liste des transferts possibles. Vous êtes à France 3 pour toujours ?

France 3 c’est ma maison depuis toujours et il y a une injustice à ne pas reconnaître la force de frappe de cette chaîne que j’adore. Je ne suis pas issu d’un milieu parisien, et France 3 m’a pourtant permis d’y évoluer et de faire mon travail. Aujourd’hui, le groupe France TV est dans l’œil du cyclone avec le projet de suppression de la redevance mais je ne suis pas candidat au départ. D’ailleurs, je ne sais même comment on fait pour participer à ce mercato. Il faut se déclarer ?

Comme en politique, ça passe par des petites phrases…

France TV, ça me va très bien, franchement. Dans le PAF actuel, il faut avoir sa case, que les gens sachent où vous trouver, sinon ils vous perdent. La grande stabilité dans mon parcours, cette régularité et fidélité, c’est important, c’est ma force. Les directions successives m’ont fait confiance, ce doit être parce que quand on est un journaliste avec un style, on n’est pas interchangeable facilement.

Avec son air jovial de bon élève décontracté, Francis Letellier fait oublier le temps – et les gouvernements – qui passent. Dimanche soir sur France 3, il était, à nouveau, aux manettes de la soirée électorale pour les élections législatives 2022. Il sera de retour le 19 juin pour le second tour.

Egalement à la manœuvre pour l’émission Dimanche en politique, Francis Letellier vante les mérites de sa chaîne de toujours pour la couverture des élections : « C’est unique au monde, à ma connaissance, d’avoir une chaîne qui offre à la fois des analyses et des décrochages locaux, et des commentaires sur la dimension nationale des résultats, dans la même soirée, sur un même plateau. »

Pour 20 Minutes, le journaliste normand évoque la séquence médiatiquo-électorale que traverse la France en ce moment.

C’est un marathon qui touche bientôt à sa fin pour les journalistes politiques comme vous. Pas trop fatigué ?

Si ! Mais je veux bien être fatigué pour ça ! J’adore cette séquence politique. Contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre comme commentaires, j’ai trouvé cette campagne intéressante. On a parlé de pouvoir d’achat, ce qui est assez neuf, et puis surtout, on vit la suite de la reconstruction du paysage politique, qui est encore en train de se faire. La gauche va a minima redevenir l’opposition numéro un, la majorité absolue n’est pas gagnée pour Macron. Qui aurait pu imaginer cela il y a quelques mois ?

Pour expliquer un certain désintérêt du public pour ces élections, on a beaucoup dit que les hommes et femmes politiques de cette campagne n’étaient pas à la hauteur, n’étaient pas bons dans les médias. Vous êtes d’accord ?

Je trouve ça sévère. L’avantage de l’expérience, c’est de savoir que ce n’était pas mieux il y a vingt ans. Le gouvernement Balladur, vous pensez que c’était mieux ? Et le gouvernement Valls, vous vous rappelez ? Ce n’était pas terrible non plus. Les politiques ne sont pas plus nuls aujourd’hui qu’il y a 10 ou 20 ans. On a eu des hommes et des femmes politiques assez tièdes ces vingt dernières années. Je trouve gênant cette mode du mépris, de la part des confrères, à l’égard du personnel politique qui, médiatiquement, ne serait pas au niveau. Parce que ça dépend aussi de nous, journalistes. C’est à nous de resituer les débats, d’éviter les questions fainéantes sur les sondages ou la polémique du jour. C’est à nous de trouver des questions qui les font sortir des clous.

En janvier, vous avez réussi à faire sortir Fabien Roussel des clous avec sa réponse : « Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française »…

Ma question portait sur le fait qu’Emmanuel Macron avait vanté le vin français en Une de la Revue des vins de France. Je lui demandais si c’était le rôle d’un président. Cette question-là, je ne l’avais entendue nulle part. Ma relance a cette question portait sur la limite entre culture française du vin et lutte contre l’alcoolisme. Mais je n’ai pas eu besoin de la faire parce que la réponse était déjà assez forte…

Trouvez-vous la campagne des législatives aussi intéressante que celle de la présidentielle ?

Politiquement c’est une continuité, mais journalistiquement c’est complètement différent. La présidentielle, c’est la cour de récréation de TF1 et France 2. Mais les législatives, c’est France 3. Pour les deux tours, de 19 heures à minuit, on est capable de donner et analyser les résultats circo par circo, mais aussi de proposer des éclairages nationaux et un contexte global. Ça n’existe nulle part en France ni en Europe. On s’appuie sur nos journalistes en région, nos antennes locales qui ont réalisé des centaines d’interviews des candidats.

Autant, pour la présidentielle, les candidats sont rompus à l’exercice, autant, parfois, les candidats aux législatives sont peu à l’aise face aux médias. Les séquences où les candidats bafouillent ou sont pétrifiés ont beaucoup de succès sur les réseaux. Et c’est un peu la spécialité des émissions politiques de France 3…

On ne cherche pas à planter les gens ! Il n’y a pas de questions-pièges. Dans ces séquences, les candidats s’embourbent tout seuls.

Vous n’avez pas de question type pour sortir les interviewés de leur discours formatés ?

J’aime ramener les invités à leur parcours, au-delà de leur titre ou fonction du moment. J’aime bien leur rappeler l’endroit où ils ont été élus à un moment en leur posant une question sur l’actualité locale de leur région d’origine ou de passage. On aborde comme ça un sujet concret qui les implique personnellement. C’est original, et c’est la signature de la 3. Les questions plus inattendues sont celles qui permettent des réponses inattendues et sincères.

Savez-vous à l’avance quelles questions vont donner les réponses les plus intéressantes ?

J’ai ma petite idée mais il faut surtout s’adapter au déroulement de l’interview. J’arrive en plateau avec une somme de question, je n’en pose pas 25 % ! En une demi-heure, il faut percuter tout de suite. Dimanche en politique est l’émission politique la plus regardée mais aussi la plus courte, on ne peut rien rater. C’est un exercice frustrant qui demande une grande concentration. Alors qu’en soirées électorales, on peut s’amuser. On a du temps donc on peut se permettre de rigoler un peu quand il y a des moments inattendus, des problèmes techniques ou des interviewés qui se font attendre… Le point commun des deux émissions c’est qu’on ne s’ennuie pas !

Après les élections, il y aura le début du mercato des médias. On voit rarement votre nom sur la liste des transferts possibles. Vous êtes à France 3 pour toujours ?

France 3 c’est ma maison depuis toujours et il y a une injustice à ne pas reconnaître la force de frappe de cette chaîne que j’adore. Je ne suis pas issu d’un milieu parisien, et France 3 m’a pourtant permis d’y évoluer et de faire mon travail. Aujourd’hui, le groupe France TV est dans l’œil du cyclone avec le projet de suppression de la redevance mais je ne suis pas candidat au départ. D’ailleurs, je ne sais même comment on fait pour participer à ce mercato. Il faut se déclarer ?

Comme en politique, ça passe par des petites phrases…

France TV, ça me va très bien, franchement. Dans le PAF actuel, il faut avoir sa case, que les gens sachent où vous trouver, sinon ils vous perdent. La grande stabilité dans mon parcours, cette régularité et fidélité, c’est important, c’est ma force. Les directions successives m’ont fait confiance, ce doit être parce que quand on est un journaliste avec un style, on n’est pas interchangeable facilement.

Avec son air jovial de bon élève décontracté, Francis Letellier fait oublier le temps – et les gouvernements – qui passent. Dimanche soir sur France 3, il était, à nouveau, aux manettes de la soirée électorale pour les élections législatives 2022. Il sera de retour le 19 juin pour le second tour.

Egalement à la manœuvre pour l’émission Dimanche en politique, Francis Letellier vante les mérites de sa chaîne de toujours pour la couverture des élections : « C’est unique au monde, à ma connaissance, d’avoir une chaîne qui offre à la fois des analyses et des décrochages locaux, et des commentaires sur la dimension nationale des résultats, dans la même soirée, sur un même plateau. »

Pour 20 Minutes, le journaliste normand évoque la séquence médiatiquo-électorale que traverse la France en ce moment.

C’est un marathon qui touche bientôt à sa fin pour les journalistes politiques comme vous. Pas trop fatigué ?

Si ! Mais je veux bien être fatigué pour ça ! J’adore cette séquence politique. Contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre comme commentaires, j’ai trouvé cette campagne intéressante. On a parlé de pouvoir d’achat, ce qui est assez neuf, et puis surtout, on vit la suite de la reconstruction du paysage politique, qui est encore en train de se faire. La gauche va a minima redevenir l’opposition numéro un, la majorité absolue n’est pas gagnée pour Macron. Qui aurait pu imaginer cela il y a quelques mois ?

Pour expliquer un certain désintérêt du public pour ces élections, on a beaucoup dit que les hommes et femmes politiques de cette campagne n’étaient pas à la hauteur, n’étaient pas bons dans les médias. Vous êtes d’accord ?

Je trouve ça sévère. L’avantage de l’expérience, c’est de savoir que ce n’était pas mieux il y a vingt ans. Le gouvernement Balladur, vous pensez que c’était mieux ? Et le gouvernement Valls, vous vous rappelez ? Ce n’était pas terrible non plus. Les politiques ne sont pas plus nuls aujourd’hui qu’il y a 10 ou 20 ans. On a eu des hommes et des femmes politiques assez tièdes ces vingt dernières années. Je trouve gênant cette mode du mépris, de la part des confrères, à l’égard du personnel politique qui, médiatiquement, ne serait pas au niveau. Parce que ça dépend aussi de nous, journalistes. C’est à nous de resituer les débats, d’éviter les questions fainéantes sur les sondages ou la polémique du jour. C’est à nous de trouver des questions qui les font sortir des clous.

En janvier, vous avez réussi à faire sortir Fabien Roussel des clous avec sa réponse : « Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française »…

Ma question portait sur le fait qu’Emmanuel Macron avait vanté le vin français en Une de la Revue des vins de France. Je lui demandais si c’était le rôle d’un président. Cette question-là, je ne l’avais entendue nulle part. Ma relance a cette question portait sur la limite entre culture française du vin et lutte contre l’alcoolisme. Mais je n’ai pas eu besoin de la faire parce que la réponse était déjà assez forte…

Trouvez-vous la campagne des législatives aussi intéressante que celle de la présidentielle ?

Politiquement c’est une continuité, mais journalistiquement c’est complètement différent. La présidentielle, c’est la cour de récréation de TF1 et France 2. Mais les législatives, c’est France 3. Pour les deux tours, de 19 heures à minuit, on est capable de donner et analyser les résultats circo par circo, mais aussi de proposer des éclairages nationaux et un contexte global. Ça n’existe nulle part en France ni en Europe. On s’appuie sur nos journalistes en région, nos antennes locales qui ont réalisé des centaines d’interviews des candidats.

Autant, pour la présidentielle, les candidats sont rompus à l’exercice, autant, parfois, les candidats aux législatives sont peu à l’aise face aux médias. Les séquences où les candidats bafouillent ou sont pétrifiés ont beaucoup de succès sur les réseaux. Et c’est un peu la spécialité des émissions politiques de France 3…

On ne cherche pas à planter les gens ! Il n’y a pas de questions-pièges. Dans ces séquences, les candidats s’embourbent tout seuls.

Vous n’avez pas de question type pour sortir les interviewés de leur discours formatés ?

J’aime ramener les invités à leur parcours, au-delà de leur titre ou fonction du moment. J’aime bien leur rappeler l’endroit où ils ont été élus à un moment en leur posant une question sur l’actualité locale de leur région d’origine ou de passage. On aborde comme ça un sujet concret qui les implique personnellement. C’est original, et c’est la signature de la 3. Les questions plus inattendues sont celles qui permettent des réponses inattendues et sincères.

Savez-vous à l’avance quelles questions vont donner les réponses les plus intéressantes ?

J’ai ma petite idée mais il faut surtout s’adapter au déroulement de l’interview. J’arrive en plateau avec une somme de question, je n’en pose pas 25 % ! En une demi-heure, il faut percuter tout de suite. Dimanche en politique est l’émission politique la plus regardée mais aussi la plus courte, on ne peut rien rater. C’est un exercice frustrant qui demande une grande concentration. Alors qu’en soirées électorales, on peut s’amuser. On a du temps donc on peut se permettre de rigoler un peu quand il y a des moments inattendus, des problèmes techniques ou des interviewés qui se font attendre… Le point commun des deux émissions c’est qu’on ne s’ennuie pas !

Après les élections, il y aura le début du mercato des médias. On voit rarement votre nom sur la liste des transferts possibles. Vous êtes à France 3 pour toujours ?

France 3 c’est ma maison depuis toujours et il y a une injustice à ne pas reconnaître la force de frappe de cette chaîne que j’adore. Je ne suis pas issu d’un milieu parisien, et France 3 m’a pourtant permis d’y évoluer et de faire mon travail. Aujourd’hui, le groupe France TV est dans l’œil du cyclone avec le projet de suppression de la redevance mais je ne suis pas candidat au départ. D’ailleurs, je ne sais même comment on fait pour participer à ce mercato. Il faut se déclarer ?

Comme en politique, ça passe par des petites phrases…

France TV, ça me va très bien, franchement. Dans le PAF actuel, il faut avoir sa case, que les gens sachent où vous trouver, sinon ils vous perdent. La grande stabilité dans mon parcours, cette régularité et fidélité, c’est important, c’est ma force. Les directions successives m’ont fait confiance, ce doit être parce que quand on est un journaliste avec un style, on n’est pas interchangeable facilement.

Avec son air jovial de bon élève décontracté, Francis Letellier fait oublier le temps – et les gouvernements – qui passent. Dimanche soir sur France 3, il était, à nouveau, aux manettes de la soirée électorale pour les élections législatives 2022. Il sera de retour le 19 juin pour le second tour.

Egalement à la manœuvre pour l’émission Dimanche en politique, Francis Letellier vante les mérites de sa chaîne de toujours pour la couverture des élections : « C’est unique au monde, à ma connaissance, d’avoir une chaîne qui offre à la fois des analyses et des décrochages locaux, et des commentaires sur la dimension nationale des résultats, dans la même soirée, sur un même plateau. »

Pour 20 Minutes, le journaliste normand évoque la séquence médiatiquo-électorale que traverse la France en ce moment.

C’est un marathon qui touche bientôt à sa fin pour les journalistes politiques comme vous. Pas trop fatigué ?

Si ! Mais je veux bien être fatigué pour ça ! J’adore cette séquence politique. Contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre comme commentaires, j’ai trouvé cette campagne intéressante. On a parlé de pouvoir d’achat, ce qui est assez neuf, et puis surtout, on vit la suite de la reconstruction du paysage politique, qui est encore en train de se faire. La gauche va a minima redevenir l’opposition numéro un, la majorité absolue n’est pas gagnée pour Macron. Qui aurait pu imaginer cela il y a quelques mois ?

Pour expliquer un certain désintérêt du public pour ces élections, on a beaucoup dit que les hommes et femmes politiques de cette campagne n’étaient pas à la hauteur, n’étaient pas bons dans les médias. Vous êtes d’accord ?

Je trouve ça sévère. L’avantage de l’expérience, c’est de savoir que ce n’était pas mieux il y a vingt ans. Le gouvernement Balladur, vous pensez que c’était mieux ? Et le gouvernement Valls, vous vous rappelez ? Ce n’était pas terrible non plus. Les politiques ne sont pas plus nuls aujourd’hui qu’il y a 10 ou 20 ans. On a eu des hommes et des femmes politiques assez tièdes ces vingt dernières années. Je trouve gênant cette mode du mépris, de la part des confrères, à l’égard du personnel politique qui, médiatiquement, ne serait pas au niveau. Parce que ça dépend aussi de nous, journalistes. C’est à nous de resituer les débats, d’éviter les questions fainéantes sur les sondages ou la polémique du jour. C’est à nous de trouver des questions qui les font sortir des clous.

En janvier, vous avez réussi à faire sortir Fabien Roussel des clous avec sa réponse : « Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française »…

Ma question portait sur le fait qu’Emmanuel Macron avait vanté le vin français en Une de la Revue des vins de France. Je lui demandais si c’était le rôle d’un président. Cette question-là, je ne l’avais entendue nulle part. Ma relance a cette question portait sur la limite entre culture française du vin et lutte contre l’alcoolisme. Mais je n’ai pas eu besoin de la faire parce que la réponse était déjà assez forte…

Trouvez-vous la campagne des législatives aussi intéressante que celle de la présidentielle ?

Politiquement c’est une continuité, mais journalistiquement c’est complètement différent. La présidentielle, c’est la cour de récréation de TF1 et France 2. Mais les législatives, c’est France 3. Pour les deux tours, de 19 heures à minuit, on est capable de donner et analyser les résultats circo par circo, mais aussi de proposer des éclairages nationaux et un contexte global. Ça n’existe nulle part en France ni en Europe. On s’appuie sur nos journalistes en région, nos antennes locales qui ont réalisé des centaines d’interviews des candidats.

Autant, pour la présidentielle, les candidats sont rompus à l’exercice, autant, parfois, les candidats aux législatives sont peu à l’aise face aux médias. Les séquences où les candidats bafouillent ou sont pétrifiés ont beaucoup de succès sur les réseaux. Et c’est un peu la spécialité des émissions politiques de France 3…

On ne cherche pas à planter les gens ! Il n’y a pas de questions-pièges. Dans ces séquences, les candidats s’embourbent tout seuls.

Vous n’avez pas de question type pour sortir les interviewés de leur discours formatés ?

J’aime ramener les invités à leur parcours, au-delà de leur titre ou fonction du moment. J’aime bien leur rappeler l’endroit où ils ont été élus à un moment en leur posant une question sur l’actualité locale de leur région d’origine ou de passage. On aborde comme ça un sujet concret qui les implique personnellement. C’est original, et c’est la signature de la 3. Les questions plus inattendues sont celles qui permettent des réponses inattendues et sincères.

Savez-vous à l’avance quelles questions vont donner les réponses les plus intéressantes ?

J’ai ma petite idée mais il faut surtout s’adapter au déroulement de l’interview. J’arrive en plateau avec une somme de question, je n’en pose pas 25 % ! En une demi-heure, il faut percuter tout de suite. Dimanche en politique est l’émission politique la plus regardée mais aussi la plus courte, on ne peut rien rater. C’est un exercice frustrant qui demande une grande concentration. Alors qu’en soirées électorales, on peut s’amuser. On a du temps donc on peut se permettre de rigoler un peu quand il y a des moments inattendus, des problèmes techniques ou des interviewés qui se font attendre… Le point commun des deux émissions c’est qu’on ne s’ennuie pas !

Après les élections, il y aura le début du mercato des médias. On voit rarement votre nom sur la liste des transferts possibles. Vous êtes à France 3 pour toujours ?

France 3 c’est ma maison depuis toujours et il y a une injustice à ne pas reconnaître la force de frappe de cette chaîne que j’adore. Je ne suis pas issu d’un milieu parisien, et France 3 m’a pourtant permis d’y évoluer et de faire mon travail. Aujourd’hui, le groupe France TV est dans l’œil du cyclone avec le projet de suppression de la redevance mais je ne suis pas candidat au départ. D’ailleurs, je ne sais même comment on fait pour participer à ce mercato. Il faut se déclarer ?

Comme en politique, ça passe par des petites phrases…

France TV, ça me va très bien, franchement. Dans le PAF actuel, il faut avoir sa case, que les gens sachent où vous trouver, sinon ils vous perdent. La grande stabilité dans mon parcours, cette régularité et fidélité, c’est important, c’est ma force. Les directions successives m’ont fait confiance, ce doit être parce que quand on est un journaliste avec un style, on n’est pas interchangeable facilement.

Avec son air jovial de bon élève décontracté, Francis Letellier fait oublier le temps – et les gouvernements – qui passent. Dimanche soir sur France 3, il était, à nouveau, aux manettes de la soirée électorale pour les élections législatives 2022. Il sera de retour le 19 juin pour le second tour.

Egalement à la manœuvre pour l’émission Dimanche en politique, Francis Letellier vante les mérites de sa chaîne de toujours pour la couverture des élections : « C’est unique au monde, à ma connaissance, d’avoir une chaîne qui offre à la fois des analyses et des décrochages locaux, et des commentaires sur la dimension nationale des résultats, dans la même soirée, sur un même plateau. »

Pour 20 Minutes, le journaliste normand évoque la séquence médiatiquo-électorale que traverse la France en ce moment.

C’est un marathon qui touche bientôt à sa fin pour les journalistes politiques comme vous. Pas trop fatigué ?

Si ! Mais je veux bien être fatigué pour ça ! J’adore cette séquence politique. Contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre comme commentaires, j’ai trouvé cette campagne intéressante. On a parlé de pouvoir d’achat, ce qui est assez neuf, et puis surtout, on vit la suite de la reconstruction du paysage politique, qui est encore en train de se faire. La gauche va a minima redevenir l’opposition numéro un, la majorité absolue n’est pas gagnée pour Macron. Qui aurait pu imaginer cela il y a quelques mois ?

Pour expliquer un certain désintérêt du public pour ces élections, on a beaucoup dit que les hommes et femmes politiques de cette campagne n’étaient pas à la hauteur, n’étaient pas bons dans les médias. Vous êtes d’accord ?

Je trouve ça sévère. L’avantage de l’expérience, c’est de savoir que ce n’était pas mieux il y a vingt ans. Le gouvernement Balladur, vous pensez que c’était mieux ? Et le gouvernement Valls, vous vous rappelez ? Ce n’était pas terrible non plus. Les politiques ne sont pas plus nuls aujourd’hui qu’il y a 10 ou 20 ans. On a eu des hommes et des femmes politiques assez tièdes ces vingt dernières années. Je trouve gênant cette mode du mépris, de la part des confrères, à l’égard du personnel politique qui, médiatiquement, ne serait pas au niveau. Parce que ça dépend aussi de nous, journalistes. C’est à nous de resituer les débats, d’éviter les questions fainéantes sur les sondages ou la polémique du jour. C’est à nous de trouver des questions qui les font sortir des clous.

En janvier, vous avez réussi à faire sortir Fabien Roussel des clous avec sa réponse : « Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française »…

Ma question portait sur le fait qu’Emmanuel Macron avait vanté le vin français en Une de la Revue des vins de France. Je lui demandais si c’était le rôle d’un président. Cette question-là, je ne l’avais entendue nulle part. Ma relance a cette question portait sur la limite entre culture française du vin et lutte contre l’alcoolisme. Mais je n’ai pas eu besoin de la faire parce que la réponse était déjà assez forte…

Trouvez-vous la campagne des législatives aussi intéressante que celle de la présidentielle ?

Politiquement c’est une continuité, mais journalistiquement c’est complètement différent. La présidentielle, c’est la cour de récréation de TF1 et France 2. Mais les législatives, c’est France 3. Pour les deux tours, de 19 heures à minuit, on est capable de donner et analyser les résultats circo par circo, mais aussi de proposer des éclairages nationaux et un contexte global. Ça n’existe nulle part en France ni en Europe. On s’appuie sur nos journalistes en région, nos antennes locales qui ont réalisé des centaines d’interviews des candidats.

Autant, pour la présidentielle, les candidats sont rompus à l’exercice, autant, parfois, les candidats aux législatives sont peu à l’aise face aux médias. Les séquences où les candidats bafouillent ou sont pétrifiés ont beaucoup de succès sur les réseaux. Et c’est un peu la spécialité des émissions politiques de France 3…

On ne cherche pas à planter les gens ! Il n’y a pas de questions-pièges. Dans ces séquences, les candidats s’embourbent tout seuls.

Vous n’avez pas de question type pour sortir les interviewés de leur discours formatés ?

J’aime ramener les invités à leur parcours, au-delà de leur titre ou fonction du moment. J’aime bien leur rappeler l’endroit où ils ont été élus à un moment en leur posant une question sur l’actualité locale de leur région d’origine ou de passage. On aborde comme ça un sujet concret qui les implique personnellement. C’est original, et c’est la signature de la 3. Les questions plus inattendues sont celles qui permettent des réponses inattendues et sincères.

Savez-vous à l’avance quelles questions vont donner les réponses les plus intéressantes ?

J’ai ma petite idée mais il faut surtout s’adapter au déroulement de l’interview. J’arrive en plateau avec une somme de question, je n’en pose pas 25 % ! En une demi-heure, il faut percuter tout de suite. Dimanche en politique est l’émission politique la plus regardée mais aussi la plus courte, on ne peut rien rater. C’est un exercice frustrant qui demande une grande concentration. Alors qu’en soirées électorales, on peut s’amuser. On a du temps donc on peut se permettre de rigoler un peu quand il y a des moments inattendus, des problèmes techniques ou des interviewés qui se font attendre… Le point commun des deux émissions c’est qu’on ne s’ennuie pas !

Après les élections, il y aura le début du mercato des médias. On voit rarement votre nom sur la liste des transferts possibles. Vous êtes à France 3 pour toujours ?

France 3 c’est ma maison depuis toujours et il y a une injustice à ne pas reconnaître la force de frappe de cette chaîne que j’adore. Je ne suis pas issu d’un milieu parisien, et France 3 m’a pourtant permis d’y évoluer et de faire mon travail. Aujourd’hui, le groupe France TV est dans l’œil du cyclone avec le projet de suppression de la redevance mais je ne suis pas candidat au départ. D’ailleurs, je ne sais même comment on fait pour participer à ce mercato. Il faut se déclarer ?

Comme en politique, ça passe par des petites phrases…

France TV, ça me va très bien, franchement. Dans le PAF actuel, il faut avoir sa case, que les gens sachent où vous trouver, sinon ils vous perdent. La grande stabilité dans mon parcours, cette régularité et fidélité, c’est important, c’est ma force. Les directions successives m’ont fait confiance, ce doit être parce que quand on est un journaliste avec un style, on n’est pas interchangeable facilement.

Avec son air jovial de bon élève décontracté, Francis Letellier fait oublier le temps – et les gouvernements – qui passent. Dimanche soir sur France 3, il était, à nouveau, aux manettes de la soirée électorale pour les élections législatives 2022. Il sera de retour le 19 juin pour le second tour.

Egalement à la manœuvre pour l’émission Dimanche en politique, Francis Letellier vante les mérites de sa chaîne de toujours pour la couverture des élections : « C’est unique au monde, à ma connaissance, d’avoir une chaîne qui offre à la fois des analyses et des décrochages locaux, et des commentaires sur la dimension nationale des résultats, dans la même soirée, sur un même plateau. »

Pour 20 Minutes, le journaliste normand évoque la séquence médiatiquo-électorale que traverse la France en ce moment.

C’est un marathon qui touche bientôt à sa fin pour les journalistes politiques comme vous. Pas trop fatigué ?

Si ! Mais je veux bien être fatigué pour ça ! J’adore cette séquence politique. Contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre comme commentaires, j’ai trouvé cette campagne intéressante. On a parlé de pouvoir d’achat, ce qui est assez neuf, et puis surtout, on vit la suite de la reconstruction du paysage politique, qui est encore en train de se faire. La gauche va a minima redevenir l’opposition numéro un, la majorité absolue n’est pas gagnée pour Macron. Qui aurait pu imaginer cela il y a quelques mois ?

Pour expliquer un certain désintérêt du public pour ces élections, on a beaucoup dit que les hommes et femmes politiques de cette campagne n’étaient pas à la hauteur, n’étaient pas bons dans les médias. Vous êtes d’accord ?

Je trouve ça sévère. L’avantage de l’expérience, c’est de savoir que ce n’était pas mieux il y a vingt ans. Le gouvernement Balladur, vous pensez que c’était mieux ? Et le gouvernement Valls, vous vous rappelez ? Ce n’était pas terrible non plus. Les politiques ne sont pas plus nuls aujourd’hui qu’il y a 10 ou 20 ans. On a eu des hommes et des femmes politiques assez tièdes ces vingt dernières années. Je trouve gênant cette mode du mépris, de la part des confrères, à l’égard du personnel politique qui, médiatiquement, ne serait pas au niveau. Parce que ça dépend aussi de nous, journalistes. C’est à nous de resituer les débats, d’éviter les questions fainéantes sur les sondages ou la polémique du jour. C’est à nous de trouver des questions qui les font sortir des clous.

En janvier, vous avez réussi à faire sortir Fabien Roussel des clous avec sa réponse : « Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française »…

Ma question portait sur le fait qu’Emmanuel Macron avait vanté le vin français en Une de la Revue des vins de France. Je lui demandais si c’était le rôle d’un président. Cette question-là, je ne l’avais entendue nulle part. Ma relance a cette question portait sur la limite entre culture française du vin et lutte contre l’alcoolisme. Mais je n’ai pas eu besoin de la faire parce que la réponse était déjà assez forte…

Trouvez-vous la campagne des législatives aussi intéressante que celle de la présidentielle ?

Politiquement c’est une continuité, mais journalistiquement c’est complètement différent. La présidentielle, c’est la cour de récréation de TF1 et France 2. Mais les législatives, c’est France 3. Pour les deux tours, de 19 heures à minuit, on est capable de donner et analyser les résultats circo par circo, mais aussi de proposer des éclairages nationaux et un contexte global. Ça n’existe nulle part en France ni en Europe. On s’appuie sur nos journalistes en région, nos antennes locales qui ont réalisé des centaines d’interviews des candidats.

Autant, pour la présidentielle, les candidats sont rompus à l’exercice, autant, parfois, les candidats aux législatives sont peu à l’aise face aux médias. Les séquences où les candidats bafouillent ou sont pétrifiés ont beaucoup de succès sur les réseaux. Et c’est un peu la spécialité des émissions politiques de France 3…

On ne cherche pas à planter les gens ! Il n’y a pas de questions-pièges. Dans ces séquences, les candidats s’embourbent tout seuls.

Vous n’avez pas de question type pour sortir les interviewés de leur discours formatés ?

J’aime ramener les invités à leur parcours, au-delà de leur titre ou fonction du moment. J’aime bien leur rappeler l’endroit où ils ont été élus à un moment en leur posant une question sur l’actualité locale de leur région d’origine ou de passage. On aborde comme ça un sujet concret qui les implique personnellement. C’est original, et c’est la signature de la 3. Les questions plus inattendues sont celles qui permettent des réponses inattendues et sincères.

Savez-vous à l’avance quelles questions vont donner les réponses les plus intéressantes ?

J’ai ma petite idée mais il faut surtout s’adapter au déroulement de l’interview. J’arrive en plateau avec une somme de question, je n’en pose pas 25 % ! En une demi-heure, il faut percuter tout de suite. Dimanche en politique est l’émission politique la plus regardée mais aussi la plus courte, on ne peut rien rater. C’est un exercice frustrant qui demande une grande concentration. Alors qu’en soirées électorales, on peut s’amuser. On a du temps donc on peut se permettre de rigoler un peu quand il y a des moments inattendus, des problèmes techniques ou des interviewés qui se font attendre… Le point commun des deux émissions c’est qu’on ne s’ennuie pas !

Après les élections, il y aura le début du mercato des médias. On voit rarement votre nom sur la liste des transferts possibles. Vous êtes à France 3 pour toujours ?

France 3 c’est ma maison depuis toujours et il y a une injustice à ne pas reconnaître la force de frappe de cette chaîne que j’adore. Je ne suis pas issu d’un milieu parisien, et France 3 m’a pourtant permis d’y évoluer et de faire mon travail. Aujourd’hui, le groupe France TV est dans l’œil du cyclone avec le projet de suppression de la redevance mais je ne suis pas candidat au départ. D’ailleurs, je ne sais même comment on fait pour participer à ce mercato. Il faut se déclarer ?

Comme en politique, ça passe par des petites phrases…

France TV, ça me va très bien, franchement. Dans le PAF actuel, il faut avoir sa case, que les gens sachent où vous trouver, sinon ils vous perdent. La grande stabilité dans mon parcours, cette régularité et fidélité, c’est important, c’est ma force. Les directions successives m’ont fait confiance, ce doit être parce que quand on est un journaliste avec un style, on n’est pas interchangeable facilement.

Avec son air jovial de bon élève décontracté, Francis Letellier fait oublier le temps – et les gouvernements – qui passent. Dimanche soir sur France 3, il était, à nouveau, aux manettes de la soirée électorale pour les élections législatives 2022. Il sera de retour le 19 juin pour le second tour.

Egalement à la manœuvre pour l’émission Dimanche en politique, Francis Letellier vante les mérites de sa chaîne de toujours pour la couverture des élections : « C’est unique au monde, à ma connaissance, d’avoir une chaîne qui offre à la fois des analyses et des décrochages locaux, et des commentaires sur la dimension nationale des résultats, dans la même soirée, sur un même plateau. »

Pour 20 Minutes, le journaliste normand évoque la séquence médiatiquo-électorale que traverse la France en ce moment.

C’est un marathon qui touche bientôt à sa fin pour les journalistes politiques comme vous. Pas trop fatigué ?

Si ! Mais je veux bien être fatigué pour ça ! J’adore cette séquence politique. Contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre comme commentaires, j’ai trouvé cette campagne intéressante. On a parlé de pouvoir d’achat, ce qui est assez neuf, et puis surtout, on vit la suite de la reconstruction du paysage politique, qui est encore en train de se faire. La gauche va a minima redevenir l’opposition numéro un, la majorité absolue n’est pas gagnée pour Macron. Qui aurait pu imaginer cela il y a quelques mois ?

Pour expliquer un certain désintérêt du public pour ces élections, on a beaucoup dit que les hommes et femmes politiques de cette campagne n’étaient pas à la hauteur, n’étaient pas bons dans les médias. Vous êtes d’accord ?

Je trouve ça sévère. L’avantage de l’expérience, c’est de savoir que ce n’était pas mieux il y a vingt ans. Le gouvernement Balladur, vous pensez que c’était mieux ? Et le gouvernement Valls, vous vous rappelez ? Ce n’était pas terrible non plus. Les politiques ne sont pas plus nuls aujourd’hui qu’il y a 10 ou 20 ans. On a eu des hommes et des femmes politiques assez tièdes ces vingt dernières années. Je trouve gênant cette mode du mépris, de la part des confrères, à l’égard du personnel politique qui, médiatiquement, ne serait pas au niveau. Parce que ça dépend aussi de nous, journalistes. C’est à nous de resituer les débats, d’éviter les questions fainéantes sur les sondages ou la polémique du jour. C’est à nous de trouver des questions qui les font sortir des clous.

En janvier, vous avez réussi à faire sortir Fabien Roussel des clous avec sa réponse : « Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française »…

Ma question portait sur le fait qu’Emmanuel Macron avait vanté le vin français en Une de la Revue des vins de France. Je lui demandais si c’était le rôle d’un président. Cette question-là, je ne l’avais entendue nulle part. Ma relance a cette question portait sur la limite entre culture française du vin et lutte contre l’alcoolisme. Mais je n’ai pas eu besoin de la faire parce que la réponse était déjà assez forte…

Trouvez-vous la campagne des législatives aussi intéressante que celle de la présidentielle ?

Politiquement c’est une continuité, mais journalistiquement c’est complètement différent. La présidentielle, c’est la cour de récréation de TF1 et France 2. Mais les législatives, c’est France 3. Pour les deux tours, de 19 heures à minuit, on est capable de donner et analyser les résultats circo par circo, mais aussi de proposer des éclairages nationaux et un contexte global. Ça n’existe nulle part en France ni en Europe. On s’appuie sur nos journalistes en région, nos antennes locales qui ont réalisé des centaines d’interviews des candidats.

Autant, pour la présidentielle, les candidats sont rompus à l’exercice, autant, parfois, les candidats aux législatives sont peu à l’aise face aux médias. Les séquences où les candidats bafouillent ou sont pétrifiés ont beaucoup de succès sur les réseaux. Et c’est un peu la spécialité des émissions politiques de France 3…

On ne cherche pas à planter les gens ! Il n’y a pas de questions-pièges. Dans ces séquences, les candidats s’embourbent tout seuls.

Vous n’avez pas de question type pour sortir les interviewés de leur discours formatés ?

J’aime ramener les invités à leur parcours, au-delà de leur titre ou fonction du moment. J’aime bien leur rappeler l’endroit où ils ont été élus à un moment en leur posant une question sur l’actualité locale de leur région d’origine ou de passage. On aborde comme ça un sujet concret qui les implique personnellement. C’est original, et c’est la signature de la 3. Les questions plus inattendues sont celles qui permettent des réponses inattendues et sincères.

Savez-vous à l’avance quelles questions vont donner les réponses les plus intéressantes ?

J’ai ma petite idée mais il faut surtout s’adapter au déroulement de l’interview. J’arrive en plateau avec une somme de question, je n’en pose pas 25 % ! En une demi-heure, il faut percuter tout de suite. Dimanche en politique est l’émission politique la plus regardée mais aussi la plus courte, on ne peut rien rater. C’est un exercice frustrant qui demande une grande concentration. Alors qu’en soirées électorales, on peut s’amuser. On a du temps donc on peut se permettre de rigoler un peu quand il y a des moments inattendus, des problèmes techniques ou des interviewés qui se font attendre… Le point commun des deux émissions c’est qu’on ne s’ennuie pas !

Après les élections, il y aura le début du mercato des médias. On voit rarement votre nom sur la liste des transferts possibles. Vous êtes à France 3 pour toujours ?

France 3 c’est ma maison depuis toujours et il y a une injustice à ne pas reconnaître la force de frappe de cette chaîne que j’adore. Je ne suis pas issu d’un milieu parisien, et France 3 m’a pourtant permis d’y évoluer et de faire mon travail. Aujourd’hui, le groupe France TV est dans l’œil du cyclone avec le projet de suppression de la redevance mais je ne suis pas candidat au départ. D’ailleurs, je ne sais même comment on fait pour participer à ce mercato. Il faut se déclarer ?

Comme en politique, ça passe par des petites phrases…

France TV, ça me va très bien, franchement. Dans le PAF actuel, il faut avoir sa case, que les gens sachent où vous trouver, sinon ils vous perdent. La grande stabilité dans mon parcours, cette régularité et fidélité, c’est important, c’est ma force. Les directions successives m’ont fait confiance, ce doit être parce que quand on est un journaliste avec un style, on n’est pas interchangeable facilement.

Avec son air jovial de bon élève décontracté, Francis Letellier fait oublier le temps – et les gouvernements – qui passent. Dimanche soir sur France 3, il était, à nouveau, aux manettes de la soirée électorale pour les élections législatives 2022. Il sera de retour le 19 juin pour le second tour.

Egalement à la manœuvre pour l’émission Dimanche en politique, Francis Letellier vante les mérites de sa chaîne de toujours pour la couverture des élections : « C’est unique au monde, à ma connaissance, d’avoir une chaîne qui offre à la fois des analyses et des décrochages locaux, et des commentaires sur la dimension nationale des résultats, dans la même soirée, sur un même plateau. »

Pour 20 Minutes, le journaliste normand évoque la séquence médiatiquo-électorale que traverse la France en ce moment.

C’est un marathon qui touche bientôt à sa fin pour les journalistes politiques comme vous. Pas trop fatigué ?

Si ! Mais je veux bien être fatigué pour ça ! J’adore cette séquence politique. Contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre comme commentaires, j’ai trouvé cette campagne intéressante. On a parlé de pouvoir d’achat, ce qui est assez neuf, et puis surtout, on vit la suite de la reconstruction du paysage politique, qui est encore en train de se faire. La gauche va a minima redevenir l’opposition numéro un, la majorité absolue n’est pas gagnée pour Macron. Qui aurait pu imaginer cela il y a quelques mois ?

Pour expliquer un certain désintérêt du public pour ces élections, on a beaucoup dit que les hommes et femmes politiques de cette campagne n’étaient pas à la hauteur, n’étaient pas bons dans les médias. Vous êtes d’accord ?

Je trouve ça sévère. L’avantage de l’expérience, c’est de savoir que ce n’était pas mieux il y a vingt ans. Le gouvernement Balladur, vous pensez que c’était mieux ? Et le gouvernement Valls, vous vous rappelez ? Ce n’était pas terrible non plus. Les politiques ne sont pas plus nuls aujourd’hui qu’il y a 10 ou 20 ans. On a eu des hommes et des femmes politiques assez tièdes ces vingt dernières années. Je trouve gênant cette mode du mépris, de la part des confrères, à l’égard du personnel politique qui, médiatiquement, ne serait pas au niveau. Parce que ça dépend aussi de nous, journalistes. C’est à nous de resituer les débats, d’éviter les questions fainéantes sur les sondages ou la polémique du jour. C’est à nous de trouver des questions qui les font sortir des clous.

En janvier, vous avez réussi à faire sortir Fabien Roussel des clous avec sa réponse : « Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française »…

Ma question portait sur le fait qu’Emmanuel Macron avait vanté le vin français en Une de la Revue des vins de France. Je lui demandais si c’était le rôle d’un président. Cette question-là, je ne l’avais entendue nulle part. Ma relance a cette question portait sur la limite entre culture française du vin et lutte contre l’alcoolisme. Mais je n’ai pas eu besoin de la faire parce que la réponse était déjà assez forte…

Trouvez-vous la campagne des législatives aussi intéressante que celle de la présidentielle ?

Politiquement c’est une continuité, mais journalistiquement c’est complètement différent. La présidentielle, c’est la cour de récréation de TF1 et France 2. Mais les législatives, c’est France 3. Pour les deux tours, de 19 heures à minuit, on est capable de donner et analyser les résultats circo par circo, mais aussi de proposer des éclairages nationaux et un contexte global. Ça n’existe nulle part en France ni en Europe. On s’appuie sur nos journalistes en région, nos antennes locales qui ont réalisé des centaines d’interviews des candidats.

Autant, pour la présidentielle, les candidats sont rompus à l’exercice, autant, parfois, les candidats aux législatives sont peu à l’aise face aux médias. Les séquences où les candidats bafouillent ou sont pétrifiés ont beaucoup de succès sur les réseaux. Et c’est un peu la spécialité des émissions politiques de France 3…

On ne cherche pas à planter les gens ! Il n’y a pas de questions-pièges. Dans ces séquences, les candidats s’embourbent tout seuls.

Vous n’avez pas de question type pour sortir les interviewés de leur discours formatés ?

J’aime ramener les invités à leur parcours, au-delà de leur titre ou fonction du moment. J’aime bien leur rappeler l’endroit où ils ont été élus à un moment en leur posant une question sur l’actualité locale de leur région d’origine ou de passage. On aborde comme ça un sujet concret qui les implique personnellement. C’est original, et c’est la signature de la 3. Les questions plus inattendues sont celles qui permettent des réponses inattendues et sincères.

Savez-vous à l’avance quelles questions vont donner les réponses les plus intéressantes ?

J’ai ma petite idée mais il faut surtout s’adapter au déroulement de l’interview. J’arrive en plateau avec une somme de question, je n’en pose pas 25 % ! En une demi-heure, il faut percuter tout de suite. Dimanche en politique est l’émission politique la plus regardée mais aussi la plus courte, on ne peut rien rater. C’est un exercice frustrant qui demande une grande concentration. Alors qu’en soirées électorales, on peut s’amuser. On a du temps donc on peut se permettre de rigoler un peu quand il y a des moments inattendus, des problèmes techniques ou des interviewés qui se font attendre… Le point commun des deux émissions c’est qu’on ne s’ennuie pas !

Après les élections, il y aura le début du mercato des médias. On voit rarement votre nom sur la liste des transferts possibles. Vous êtes à France 3 pour toujours ?

France 3 c’est ma maison depuis toujours et il y a une injustice à ne pas reconnaître la force de frappe de cette chaîne que j’adore. Je ne suis pas issu d’un milieu parisien, et France 3 m’a pourtant permis d’y évoluer et de faire mon travail. Aujourd’hui, le groupe France TV est dans l’œil du cyclone avec le projet de suppression de la redevance mais je ne suis pas candidat au départ. D’ailleurs, je ne sais même comment on fait pour participer à ce mercato. Il faut se déclarer ?

Comme en politique, ça passe par des petites phrases…

France TV, ça me va très bien, franchement. Dans le PAF actuel, il faut avoir sa case, que les gens sachent où vous trouver, sinon ils vous perdent. La grande stabilité dans mon parcours, cette régularité et fidélité, c’est important, c’est ma force. Les directions successives m’ont fait confiance, ce doit être parce que quand on est un journaliste avec un style, on n’est pas interchangeable facilement.

Avec son air jovial de bon élève décontracté, Francis Letellier fait oublier le temps – et les gouvernements – qui passent. Dimanche soir sur France 3, il était, à nouveau, aux manettes de la soirée électorale pour les élections législatives 2022. Il sera de retour le 19 juin pour le second tour.

Egalement à la manœuvre pour l’émission Dimanche en politique, Francis Letellier vante les mérites de sa chaîne de toujours pour la couverture des élections : « C’est unique au monde, à ma connaissance, d’avoir une chaîne qui offre à la fois des analyses et des décrochages locaux, et des commentaires sur la dimension nationale des résultats, dans la même soirée, sur un même plateau. »

Pour 20 Minutes, le journaliste normand évoque la séquence médiatiquo-électorale que traverse la France en ce moment.

C’est un marathon qui touche bientôt à sa fin pour les journalistes politiques comme vous. Pas trop fatigué ?

Si ! Mais je veux bien être fatigué pour ça ! J’adore cette séquence politique. Contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre comme commentaires, j’ai trouvé cette campagne intéressante. On a parlé de pouvoir d’achat, ce qui est assez neuf, et puis surtout, on vit la suite de la reconstruction du paysage politique, qui est encore en train de se faire. La gauche va a minima redevenir l’opposition numéro un, la majorité absolue n’est pas gagnée pour Macron. Qui aurait pu imaginer cela il y a quelques mois ?

Pour expliquer un certain désintérêt du public pour ces élections, on a beaucoup dit que les hommes et femmes politiques de cette campagne n’étaient pas à la hauteur, n’étaient pas bons dans les médias. Vous êtes d’accord ?

Je trouve ça sévère. L’avantage de l’expérience, c’est de savoir que ce n’était pas mieux il y a vingt ans. Le gouvernement Balladur, vous pensez que c’était mieux ? Et le gouvernement Valls, vous vous rappelez ? Ce n’était pas terrible non plus. Les politiques ne sont pas plus nuls aujourd’hui qu’il y a 10 ou 20 ans. On a eu des hommes et des femmes politiques assez tièdes ces vingt dernières années. Je trouve gênant cette mode du mépris, de la part des confrères, à l’égard du personnel politique qui, médiatiquement, ne serait pas au niveau. Parce que ça dépend aussi de nous, journalistes. C’est à nous de resituer les débats, d’éviter les questions fainéantes sur les sondages ou la polémique du jour. C’est à nous de trouver des questions qui les font sortir des clous.

En janvier, vous avez réussi à faire sortir Fabien Roussel des clous avec sa réponse : « Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française »…

Ma question portait sur le fait qu’Emmanuel Macron avait vanté le vin français en Une de la Revue des vins de France. Je lui demandais si c’était le rôle d’un président. Cette question-là, je ne l’avais entendue nulle part. Ma relance a cette question portait sur la limite entre culture française du vin et lutte contre l’alcoolisme. Mais je n’ai pas eu besoin de la faire parce que la réponse était déjà assez forte…

Trouvez-vous la campagne des législatives aussi intéressante que celle de la présidentielle ?

Politiquement c’est une continuité, mais journalistiquement c’est complètement différent. La présidentielle, c’est la cour de récréation de TF1 et France 2. Mais les législatives, c’est France 3. Pour les deux tours, de 19 heures à minuit, on est capable de donner et analyser les résultats circo par circo, mais aussi de proposer des éclairages nationaux et un contexte global. Ça n’existe nulle part en France ni en Europe. On s’appuie sur nos journalistes en région, nos antennes locales qui ont réalisé des centaines d’interviews des candidats.

Autant, pour la présidentielle, les candidats sont rompus à l’exercice, autant, parfois, les candidats aux législatives sont peu à l’aise face aux médias. Les séquences où les candidats bafouillent ou sont pétrifiés ont beaucoup de succès sur les réseaux. Et c’est un peu la spécialité des émissions politiques de France 3…

On ne cherche pas à planter les gens ! Il n’y a pas de questions-pièges. Dans ces séquences, les candidats s’embourbent tout seuls.

Vous n’avez pas de question type pour sortir les interviewés de leur discours formatés ?

J’aime ramener les invités à leur parcours, au-delà de leur titre ou fonction du moment. J’aime bien leur rappeler l’endroit où ils ont été élus à un moment en leur posant une question sur l’actualité locale de leur région d’origine ou de passage. On aborde comme ça un sujet concret qui les implique personnellement. C’est original, et c’est la signature de la 3. Les questions plus inattendues sont celles qui permettent des réponses inattendues et sincères.

Savez-vous à l’avance quelles questions vont donner les réponses les plus intéressantes ?

J’ai ma petite idée mais il faut surtout s’adapter au déroulement de l’interview. J’arrive en plateau avec une somme de question, je n’en pose pas 25 % ! En une demi-heure, il faut percuter tout de suite. Dimanche en politique est l’émission politique la plus regardée mais aussi la plus courte, on ne peut rien rater. C’est un exercice frustrant qui demande une grande concentration. Alors qu’en soirées électorales, on peut s’amuser. On a du temps donc on peut se permettre de rigoler un peu quand il y a des moments inattendus, des problèmes techniques ou des interviewés qui se font attendre… Le point commun des deux émissions c’est qu’on ne s’ennuie pas !

Après les élections, il y aura le début du mercato des médias. On voit rarement votre nom sur la liste des transferts possibles. Vous êtes à France 3 pour toujours ?

France 3 c’est ma maison depuis toujours et il y a une injustice à ne pas reconnaître la force de frappe de cette chaîne que j’adore. Je ne suis pas issu d’un milieu parisien, et France 3 m’a pourtant permis d’y évoluer et de faire mon travail. Aujourd’hui, le groupe France TV est dans l’œil du cyclone avec le projet de suppression de la redevance mais je ne suis pas candidat au départ. D’ailleurs, je ne sais même comment on fait pour participer à ce mercato. Il faut se déclarer ?

Comme en politique, ça passe par des petites phrases…

France TV, ça me va très bien, franchement. Dans le PAF actuel, il faut avoir sa case, que les gens sachent où vous trouver, sinon ils vous perdent. La grande stabilité dans mon parcours, cette régularité et fidélité, c’est important, c’est ma force. Les directions successives m’ont fait confiance, ce doit être parce que quand on est un journaliste avec un style, on n’est pas interchangeable facilement.

Avec son air jovial de bon élève décontracté, Francis Letellier fait oublier le temps – et les gouvernements – qui passent. Dimanche soir sur France 3, il était, à nouveau, aux manettes de la soirée électorale pour les élections législatives 2022. Il sera de retour le 19 juin pour le second tour.

Egalement à la manœuvre pour l’émission Dimanche en politique, Francis Letellier vante les mérites de sa chaîne de toujours pour la couverture des élections : « C’est unique au monde, à ma connaissance, d’avoir une chaîne qui offre à la fois des analyses et des décrochages locaux, et des commentaires sur la dimension nationale des résultats, dans la même soirée, sur un même plateau. »

Pour 20 Minutes, le journaliste normand évoque la séquence médiatiquo-électorale que traverse la France en ce moment.

C’est un marathon qui touche bientôt à sa fin pour les journalistes politiques comme vous. Pas trop fatigué ?

Si ! Mais je veux bien être fatigué pour ça ! J’adore cette séquence politique. Contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre comme commentaires, j’ai trouvé cette campagne intéressante. On a parlé de pouvoir d’achat, ce qui est assez neuf, et puis surtout, on vit la suite de la reconstruction du paysage politique, qui est encore en train de se faire. La gauche va a minima redevenir l’opposition numéro un, la majorité absolue n’est pas gagnée pour Macron. Qui aurait pu imaginer cela il y a quelques mois ?

Pour expliquer un certain désintérêt du public pour ces élections, on a beaucoup dit que les hommes et femmes politiques de cette campagne n’étaient pas à la hauteur, n’étaient pas bons dans les médias. Vous êtes d’accord ?

Je trouve ça sévère. L’avantage de l’expérience, c’est de savoir que ce n’était pas mieux il y a vingt ans. Le gouvernement Balladur, vous pensez que c’était mieux ? Et le gouvernement Valls, vous vous rappelez ? Ce n’était pas terrible non plus. Les politiques ne sont pas plus nuls aujourd’hui qu’il y a 10 ou 20 ans. On a eu des hommes et des femmes politiques assez tièdes ces vingt dernières années. Je trouve gênant cette mode du mépris, de la part des confrères, à l’égard du personnel politique qui, médiatiquement, ne serait pas au niveau. Parce que ça dépend aussi de nous, journalistes. C’est à nous de resituer les débats, d’éviter les questions fainéantes sur les sondages ou la polémique du jour. C’est à nous de trouver des questions qui les font sortir des clous.

En janvier, vous avez réussi à faire sortir Fabien Roussel des clous avec sa réponse : « Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française »…

Ma question portait sur le fait qu’Emmanuel Macron avait vanté le vin français en Une de la Revue des vins de France. Je lui demandais si c’était le rôle d’un président. Cette question-là, je ne l’avais entendue nulle part. Ma relance a cette question portait sur la limite entre culture française du vin et lutte contre l’alcoolisme. Mais je n’ai pas eu besoin de la faire parce que la réponse était déjà assez forte…

Trouvez-vous la campagne des législatives aussi intéressante que celle de la présidentielle ?

Politiquement c’est une continuité, mais journalistiquement c’est complètement différent. La présidentielle, c’est la cour de récréation de TF1 et France 2. Mais les législatives, c’est France 3. Pour les deux tours, de 19 heures à minuit, on est capable de donner et analyser les résultats circo par circo, mais aussi de proposer des éclairages nationaux et un contexte global. Ça n’existe nulle part en France ni en Europe. On s’appuie sur nos journalistes en région, nos antennes locales qui ont réalisé des centaines d’interviews des candidats.

Autant, pour la présidentielle, les candidats sont rompus à l’exercice, autant, parfois, les candidats aux législatives sont peu à l’aise face aux médias. Les séquences où les candidats bafouillent ou sont pétrifiés ont beaucoup de succès sur les réseaux. Et c’est un peu la spécialité des émissions politiques de France 3…

On ne cherche pas à planter les gens ! Il n’y a pas de questions-pièges. Dans ces séquences, les candidats s’embourbent tout seuls.

Vous n’avez pas de question type pour sortir les interviewés de leur discours formatés ?

J’aime ramener les invités à leur parcours, au-delà de leur titre ou fonction du moment. J’aime bien leur rappeler l’endroit où ils ont été élus à un moment en leur posant une question sur l’actualité locale de leur région d’origine ou de passage. On aborde comme ça un sujet concret qui les implique personnellement. C’est original, et c’est la signature de la 3. Les questions plus inattendues sont celles qui permettent des réponses inattendues et sincères.

Savez-vous à l’avance quelles questions vont donner les réponses les plus intéressantes ?

J’ai ma petite idée mais il faut surtout s’adapter au déroulement de l’interview. J’arrive en plateau avec une somme de question, je n’en pose pas 25 % ! En une demi-heure, il faut percuter tout de suite. Dimanche en politique est l’émission politique la plus regardée mais aussi la plus courte, on ne peut rien rater. C’est un exercice frustrant qui demande une grande concentration. Alors qu’en soirées électorales, on peut s’amuser. On a du temps donc on peut se permettre de rigoler un peu quand il y a des moments inattendus, des problèmes techniques ou des interviewés qui se font attendre… Le point commun des deux émissions c’est qu’on ne s’ennuie pas !

Après les élections, il y aura le début du mercato des médias. On voit rarement votre nom sur la liste des transferts possibles. Vous êtes à France 3 pour toujours ?

France 3 c’est ma maison depuis toujours et il y a une injustice à ne pas reconnaître la force de frappe de cette chaîne que j’adore. Je ne suis pas issu d’un milieu parisien, et France 3 m’a pourtant permis d’y évoluer et de faire mon travail. Aujourd’hui, le groupe France TV est dans l’œil du cyclone avec le projet de suppression de la redevance mais je ne suis pas candidat au départ. D’ailleurs, je ne sais même comment on fait pour participer à ce mercato. Il faut se déclarer ?

Comme en politique, ça passe par des petites phrases…

France TV, ça me va très bien, franchement. Dans le PAF actuel, il faut avoir sa case, que les gens sachent où vous trouver, sinon ils vous perdent. La grande stabilité dans mon parcours, cette régularité et fidélité, c’est important, c’est ma force. Les directions successives m’ont fait confiance, ce doit être parce que quand on est un journaliste avec un style, on n’est pas interchangeable facilement.

Avec son air jovial de bon élève décontracté, Francis Letellier fait oublier le temps – et les gouvernements – qui passent. Dimanche soir sur France 3, il était, à nouveau, aux manettes de la soirée électorale pour les élections législatives 2022. Il sera de retour le 19 juin pour le second tour.

Egalement à la manœuvre pour l’émission Dimanche en politique, Francis Letellier vante les mérites de sa chaîne de toujours pour la couverture des élections : « C’est unique au monde, à ma connaissance, d’avoir une chaîne qui offre à la fois des analyses et des décrochages locaux, et des commentaires sur la dimension nationale des résultats, dans la même soirée, sur un même plateau. »

Pour 20 Minutes, le journaliste normand évoque la séquence médiatiquo-électorale que traverse la France en ce moment.

C’est un marathon qui touche bientôt à sa fin pour les journalistes politiques comme vous. Pas trop fatigué ?

Si ! Mais je veux bien être fatigué pour ça ! J’adore cette séquence politique. Contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre comme commentaires, j’ai trouvé cette campagne intéressante. On a parlé de pouvoir d’achat, ce qui est assez neuf, et puis surtout, on vit la suite de la reconstruction du paysage politique, qui est encore en train de se faire. La gauche va a minima redevenir l’opposition numéro un, la majorité absolue n’est pas gagnée pour Macron. Qui aurait pu imaginer cela il y a quelques mois ?

Pour expliquer un certain désintérêt du public pour ces élections, on a beaucoup dit que les hommes et femmes politiques de cette campagne n’étaient pas à la hauteur, n’étaient pas bons dans les médias. Vous êtes d’accord ?

Je trouve ça sévère. L’avantage de l’expérience, c’est de savoir que ce n’était pas mieux il y a vingt ans. Le gouvernement Balladur, vous pensez que c’était mieux ? Et le gouvernement Valls, vous vous rappelez ? Ce n’était pas terrible non plus. Les politiques ne sont pas plus nuls aujourd’hui qu’il y a 10 ou 20 ans. On a eu des hommes et des femmes politiques assez tièdes ces vingt dernières années. Je trouve gênant cette mode du mépris, de la part des confrères, à l’égard du personnel politique qui, médiatiquement, ne serait pas au niveau. Parce que ça dépend aussi de nous, journalistes. C’est à nous de resituer les débats, d’éviter les questions fainéantes sur les sondages ou la polémique du jour. C’est à nous de trouver des questions qui les font sortir des clous.

En janvier, vous avez réussi à faire sortir Fabien Roussel des clous avec sa réponse : « Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française »…

Ma question portait sur le fait qu’Emmanuel Macron avait vanté le vin français en Une de la Revue des vins de France. Je lui demandais si c’était le rôle d’un président. Cette question-là, je ne l’avais entendue nulle part. Ma relance a cette question portait sur la limite entre culture française du vin et lutte contre l’alcoolisme. Mais je n’ai pas eu besoin de la faire parce que la réponse était déjà assez forte…

Trouvez-vous la campagne des législatives aussi intéressante que celle de la présidentielle ?

Politiquement c’est une continuité, mais journalistiquement c’est complètement différent. La présidentielle, c’est la cour de récréation de TF1 et France 2. Mais les législatives, c’est France 3. Pour les deux tours, de 19 heures à minuit, on est capable de donner et analyser les résultats circo par circo, mais aussi de proposer des éclairages nationaux et un contexte global. Ça n’existe nulle part en France ni en Europe. On s’appuie sur nos journalistes en région, nos antennes locales qui ont réalisé des centaines d’interviews des candidats.

Autant, pour la présidentielle, les candidats sont rompus à l’exercice, autant, parfois, les candidats aux législatives sont peu à l’aise face aux médias. Les séquences où les candidats bafouillent ou sont pétrifiés ont beaucoup de succès sur les réseaux. Et c’est un peu la spécialité des émissions politiques de France 3…

On ne cherche pas à planter les gens ! Il n’y a pas de questions-pièges. Dans ces séquences, les candidats s’embourbent tout seuls.

Vous n’avez pas de question type pour sortir les interviewés de leur discours formatés ?

J’aime ramener les invités à leur parcours, au-delà de leur titre ou fonction du moment. J’aime bien leur rappeler l’endroit où ils ont été élus à un moment en leur posant une question sur l’actualité locale de leur région d’origine ou de passage. On aborde comme ça un sujet concret qui les implique personnellement. C’est original, et c’est la signature de la 3. Les questions plus inattendues sont celles qui permettent des réponses inattendues et sincères.

Savez-vous à l’avance quelles questions vont donner les réponses les plus intéressantes ?

J’ai ma petite idée mais il faut surtout s’adapter au déroulement de l’interview. J’arrive en plateau avec une somme de question, je n’en pose pas 25 % ! En une demi-heure, il faut percuter tout de suite. Dimanche en politique est l’émission politique la plus regardée mais aussi la plus courte, on ne peut rien rater. C’est un exercice frustrant qui demande une grande concentration. Alors qu’en soirées électorales, on peut s’amuser. On a du temps donc on peut se permettre de rigoler un peu quand il y a des moments inattendus, des problèmes techniques ou des interviewés qui se font attendre… Le point commun des deux émissions c’est qu’on ne s’ennuie pas !

Après les élections, il y aura le début du mercato des médias. On voit rarement votre nom sur la liste des transferts possibles. Vous êtes à France 3 pour toujours ?

France 3 c’est ma maison depuis toujours et il y a une injustice à ne pas reconnaître la force de frappe de cette chaîne que j’adore. Je ne suis pas issu d’un milieu parisien, et France 3 m’a pourtant permis d’y évoluer et de faire mon travail. Aujourd’hui, le groupe France TV est dans l’œil du cyclone avec le projet de suppression de la redevance mais je ne suis pas candidat au départ. D’ailleurs, je ne sais même comment on fait pour participer à ce mercato. Il faut se déclarer ?

Comme en politique, ça passe par des petites phrases…

France TV, ça me va très bien, franchement. Dans le PAF actuel, il faut avoir sa case, que les gens sachent où vous trouver, sinon ils vous perdent. La grande stabilité dans mon parcours, cette régularité et fidélité, c’est important, c’est ma force. Les directions successives m’ont fait confiance, ce doit être parce que quand on est un journaliste avec un style, on n’est pas interchangeable facilement.

Avec son air jovial de bon élève décontracté, Francis Letellier fait oublier le temps – et les gouvernements – qui passent. Dimanche soir sur France 3, il était, à nouveau, aux manettes de la soirée électorale pour les élections législatives 2022. Il sera de retour le 19 juin pour le second tour.

Egalement à la manœuvre pour l’émission Dimanche en politique, Francis Letellier vante les mérites de sa chaîne de toujours pour la couverture des élections : « C’est unique au monde, à ma connaissance, d’avoir une chaîne qui offre à la fois des analyses et des décrochages locaux, et des commentaires sur la dimension nationale des résultats, dans la même soirée, sur un même plateau. »

Pour 20 Minutes, le journaliste normand évoque la séquence médiatiquo-électorale que traverse la France en ce moment.

C’est un marathon qui touche bientôt à sa fin pour les journalistes politiques comme vous. Pas trop fatigué ?

Si ! Mais je veux bien être fatigué pour ça ! J’adore cette séquence politique. Contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre comme commentaires, j’ai trouvé cette campagne intéressante. On a parlé de pouvoir d’achat, ce qui est assez neuf, et puis surtout, on vit la suite de la reconstruction du paysage politique, qui est encore en train de se faire. La gauche va a minima redevenir l’opposition numéro un, la majorité absolue n’est pas gagnée pour Macron. Qui aurait pu imaginer cela il y a quelques mois ?

Pour expliquer un certain désintérêt du public pour ces élections, on a beaucoup dit que les hommes et femmes politiques de cette campagne n’étaient pas à la hauteur, n’étaient pas bons dans les médias. Vous êtes d’accord ?

Je trouve ça sévère. L’avantage de l’expérience, c’est de savoir que ce n’était pas mieux il y a vingt ans. Le gouvernement Balladur, vous pensez que c’était mieux ? Et le gouvernement Valls, vous vous rappelez ? Ce n’était pas terrible non plus. Les politiques ne sont pas plus nuls aujourd’hui qu’il y a 10 ou 20 ans. On a eu des hommes et des femmes politiques assez tièdes ces vingt dernières années. Je trouve gênant cette mode du mépris, de la part des confrères, à l’égard du personnel politique qui, médiatiquement, ne serait pas au niveau. Parce que ça dépend aussi de nous, journalistes. C’est à nous de resituer les débats, d’éviter les questions fainéantes sur les sondages ou la polémique du jour. C’est à nous de trouver des questions qui les font sortir des clous.

En janvier, vous avez réussi à faire sortir Fabien Roussel des clous avec sa réponse : « Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française »…

Ma question portait sur le fait qu’Emmanuel Macron avait vanté le vin français en Une de la Revue des vins de France. Je lui demandais si c’était le rôle d’un président. Cette question-là, je ne l’avais entendue nulle part. Ma relance a cette question portait sur la limite entre culture française du vin et lutte contre l’alcoolisme. Mais je n’ai pas eu besoin de la faire parce que la réponse était déjà assez forte…

Trouvez-vous la campagne des législatives aussi intéressante que celle de la présidentielle ?

Politiquement c’est une continuité, mais journalistiquement c’est complètement différent. La présidentielle, c’est la cour de récréation de TF1 et France 2. Mais les législatives, c’est France 3. Pour les deux tours, de 19 heures à minuit, on est capable de donner et analyser les résultats circo par circo, mais aussi de proposer des éclairages nationaux et un contexte global. Ça n’existe nulle part en France ni en Europe. On s’appuie sur nos journalistes en région, nos antennes locales qui ont réalisé des centaines d’interviews des candidats.

Autant, pour la présidentielle, les candidats sont rompus à l’exercice, autant, parfois, les candidats aux législatives sont peu à l’aise face aux médias. Les séquences où les candidats bafouillent ou sont pétrifiés ont beaucoup de succès sur les réseaux. Et c’est un peu la spécialité des émissions politiques de France 3…

On ne cherche pas à planter les gens ! Il n’y a pas de questions-pièges. Dans ces séquences, les candidats s’embourbent tout seuls.

Vous n’avez pas de question type pour sortir les interviewés de leur discours formatés ?

J’aime ramener les invités à leur parcours, au-delà de leur titre ou fonction du moment. J’aime bien leur rappeler l’endroit où ils ont été élus à un moment en leur posant une question sur l’actualité locale de leur région d’origine ou de passage. On aborde comme ça un sujet concret qui les implique personnellement. C’est original, et c’est la signature de la 3. Les questions plus inattendues sont celles qui permettent des réponses inattendues et sincères.

Savez-vous à l’avance quelles questions vont donner les réponses les plus intéressantes ?

J’ai ma petite idée mais il faut surtout s’adapter au déroulement de l’interview. J’arrive en plateau avec une somme de question, je n’en pose pas 25 % ! En une demi-heure, il faut percuter tout de suite. Dimanche en politique est l’émission politique la plus regardée mais aussi la plus courte, on ne peut rien rater. C’est un exercice frustrant qui demande une grande concentration. Alors qu’en soirées électorales, on peut s’amuser. On a du temps donc on peut se permettre de rigoler un peu quand il y a des moments inattendus, des problèmes techniques ou des interviewés qui se font attendre… Le point commun des deux émissions c’est qu’on ne s’ennuie pas !

Après les élections, il y aura le début du mercato des médias. On voit rarement votre nom sur la liste des transferts possibles. Vous êtes à France 3 pour toujours ?

France 3 c’est ma maison depuis toujours et il y a une injustice à ne pas reconnaître la force de frappe de cette chaîne que j’adore. Je ne suis pas issu d’un milieu parisien, et France 3 m’a pourtant permis d’y évoluer et de faire mon travail. Aujourd’hui, le groupe France TV est dans l’œil du cyclone avec le projet de suppression de la redevance mais je ne suis pas candidat au départ. D’ailleurs, je ne sais même comment on fait pour participer à ce mercato. Il faut se déclarer ?

Comme en politique, ça passe par des petites phrases…

France TV, ça me va très bien, franchement. Dans le PAF actuel, il faut avoir sa case, que les gens sachent où vous trouver, sinon ils vous perdent. La grande stabilité dans mon parcours, cette régularité et fidélité, c’est important, c’est ma force. Les directions successives m’ont fait confiance, ce doit être parce que quand on est un journaliste avec un style, on n’est pas interchangeable facilement.

Avec son air jovial de bon élève décontracté, Francis Letellier fait oublier le temps – et les gouvernements – qui passent. Dimanche soir sur France 3, il était, à nouveau, aux manettes de la soirée électorale pour les élections législatives 2022. Il sera de retour le 19 juin pour le second tour.

Egalement à la manœuvre pour l’émission Dimanche en politique, Francis Letellier vante les mérites de sa chaîne de toujours pour la couverture des élections : « C’est unique au monde, à ma connaissance, d’avoir une chaîne qui offre à la fois des analyses et des décrochages locaux, et des commentaires sur la dimension nationale des résultats, dans la même soirée, sur un même plateau. »

Pour 20 Minutes, le journaliste normand évoque la séquence médiatiquo-électorale que traverse la France en ce moment.

C’est un marathon qui touche bientôt à sa fin pour les journalistes politiques comme vous. Pas trop fatigué ?

Si ! Mais je veux bien être fatigué pour ça ! J’adore cette séquence politique. Contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre comme commentaires, j’ai trouvé cette campagne intéressante. On a parlé de pouvoir d’achat, ce qui est assez neuf, et puis surtout, on vit la suite de la reconstruction du paysage politique, qui est encore en train de se faire. La gauche va a minima redevenir l’opposition numéro un, la majorité absolue n’est pas gagnée pour Macron. Qui aurait pu imaginer cela il y a quelques mois ?

Pour expliquer un certain désintérêt du public pour ces élections, on a beaucoup dit que les hommes et femmes politiques de cette campagne n’étaient pas à la hauteur, n’étaient pas bons dans les médias. Vous êtes d’accord ?

Je trouve ça sévère. L’avantage de l’expérience, c’est de savoir que ce n’était pas mieux il y a vingt ans. Le gouvernement Balladur, vous pensez que c’était mieux ? Et le gouvernement Valls, vous vous rappelez ? Ce n’était pas terrible non plus. Les politiques ne sont pas plus nuls aujourd’hui qu’il y a 10 ou 20 ans. On a eu des hommes et des femmes politiques assez tièdes ces vingt dernières années. Je trouve gênant cette mode du mépris, de la part des confrères, à l’égard du personnel politique qui, médiatiquement, ne serait pas au niveau. Parce que ça dépend aussi de nous, journalistes. C’est à nous de resituer les débats, d’éviter les questions fainéantes sur les sondages ou la polémique du jour. C’est à nous de trouver des questions qui les font sortir des clous.

En janvier, vous avez réussi à faire sortir Fabien Roussel des clous avec sa réponse : « Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française »…

Ma question portait sur le fait qu’Emmanuel Macron avait vanté le vin français en Une de la Revue des vins de France. Je lui demandais si c’était le rôle d’un président. Cette question-là, je ne l’avais entendue nulle part. Ma relance a cette question portait sur la limite entre culture française du vin et lutte contre l’alcoolisme. Mais je n’ai pas eu besoin de la faire parce que la réponse était déjà assez forte…

Trouvez-vous la campagne des législatives aussi intéressante que celle de la présidentielle ?

Politiquement c’est une continuité, mais journalistiquement c’est complètement différent. La présidentielle, c’est la cour de récréation de TF1 et France 2. Mais les législatives, c’est France 3. Pour les deux tours, de 19 heures à minuit, on est capable de donner et analyser les résultats circo par circo, mais aussi de proposer des éclairages nationaux et un contexte global. Ça n’existe nulle part en France ni en Europe. On s’appuie sur nos journalistes en région, nos antennes locales qui ont réalisé des centaines d’interviews des candidats.

Autant, pour la présidentielle, les candidats sont rompus à l’exercice, autant, parfois, les candidats aux législatives sont peu à l’aise face aux médias. Les séquences où les candidats bafouillent ou sont pétrifiés ont beaucoup de succès sur les réseaux. Et c’est un peu la spécialité des émissions politiques de France 3…

On ne cherche pas à planter les gens ! Il n’y a pas de questions-pièges. Dans ces séquences, les candidats s’embourbent tout seuls.

Vous n’avez pas de question type pour sortir les interviewés de leur discours formatés ?

J’aime ramener les invités à leur parcours, au-delà de leur titre ou fonction du moment. J’aime bien leur rappeler l’endroit où ils ont été élus à un moment en leur posant une question sur l’actualité locale de leur région d’origine ou de passage. On aborde comme ça un sujet concret qui les implique personnellement. C’est original, et c’est la signature de la 3. Les questions plus inattendues sont celles qui permettent des réponses inattendues et sincères.

Savez-vous à l’avance quelles questions vont donner les réponses les plus intéressantes ?

J’ai ma petite idée mais il faut surtout s’adapter au déroulement de l’interview. J’arrive en plateau avec une somme de question, je n’en pose pas 25 % ! En une demi-heure, il faut percuter tout de suite. Dimanche en politique est l’émission politique la plus regardée mais aussi la plus courte, on ne peut rien rater. C’est un exercice frustrant qui demande une grande concentration. Alors qu’en soirées électorales, on peut s’amuser. On a du temps donc on peut se permettre de rigoler un peu quand il y a des moments inattendus, des problèmes techniques ou des interviewés qui se font attendre… Le point commun des deux émissions c’est qu’on ne s’ennuie pas !

Après les élections, il y aura le début du mercato des médias. On voit rarement votre nom sur la liste des transferts possibles. Vous êtes à France 3 pour toujours ?

France 3 c’est ma maison depuis toujours et il y a une injustice à ne pas reconnaître la force de frappe de cette chaîne que j’adore. Je ne suis pas issu d’un milieu parisien, et France 3 m’a pourtant permis d’y évoluer et de faire mon travail. Aujourd’hui, le groupe France TV est dans l’œil du cyclone avec le projet de suppression de la redevance mais je ne suis pas candidat au départ. D’ailleurs, je ne sais même comment on fait pour participer à ce mercato. Il faut se déclarer ?

Comme en politique, ça passe par des petites phrases…

France TV, ça me va très bien, franchement. Dans le PAF actuel, il faut avoir sa case, que les gens sachent où vous trouver, sinon ils vous perdent. La grande stabilité dans mon parcours, cette régularité et fidélité, c’est important, c’est ma force. Les directions successives m’ont fait confiance, ce doit être parce que quand on est un journaliste avec un style, on n’est pas interchangeable facilement.

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